‹ Histoire du cholera-morbus asiatiqueChapitre 48 sur 48 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Angleterre. — Londres, 3o juillet.

Ces jours derniers , toute une famille résidant à Waping ( extrémité orientale de Londres sur le bord de la Tamise) , a été attaquée simultanément du choiera. La crainte de la contagion a empêché les voisins de lui porter secours. Informé de cette circonstance, M. BoUantyne, magistrat de police du bureau de la Tamise , s'est rendu sur les lieux, où il a trouvé étendus sur le plancher une femme et un enfant morts, et un homme qui se mourait. U a fait transporter ce dernier et un enfant malade à l'hôpital des cholériques. L'enfant est

mort le lendemain.

( Tous les journaux du mois d'août i833. )

Belgique. — Bruxelles , 3 1 juillet.

Les nouvelles particulières de Rotterdam nous apprennent que le choiera s'y est développé avec une dangereuse intensité. Ces nouvelles sont du 26 , et la maladie y faisait alors de cruels ravages.

Quelques cas isolés continuent à se montrer à Anvers.

Du i*^. au 7 août il est décédé à Rotterdam i3o personnes du choiera ; cependant il diminue de 8 décès par jour.

Un cas de choiera a paru au Havre , à bord du Bien-Aimé j venant de Dunkerque. Il est possible que la maladie ne soit ni épidéraique ni même contagieuse.

( Echo de Rouen J. (Journal du Commerce du i3 août ).

Une lettre de Campêche du 27 juillet i833, porte :

Le choiera fait des ravages si épouvantables que l'état de lucatan est presque dépeuplé, et> qu'il y a des villes où il n'est pas resté dix habitans. ( Constitututionnel du 26 septembre. )

La Gazette de Madrid, du 18 septembre , annonce que le choiera continue de préoccuper les esprits ; qu'à Séville les inhumations ont été le II au nombre de i25; le la , de 117} qu'à

Triana il y avait eu 88 décès dans les journées du II et du 12 , et que le 1 3 le nombre des morts s'est élevé à 84 pour ce seul jour. )

— La Gazette Médicale, du 28 septembre i833, nous apprend que depuis la dernière recrudescence du choiera à Paris, en juillet i832, on avait vu des cas disséminés de cette maladie, bien que les journaux n'en parlassent point; mais qu'à dater du 19 septembre i833, le chiffre des cholériques entrant à l'hôtel-dieu, s'est subitement accru ; que le 20 au soir , on comptait déjà dixhuit malades, sur lesquels sept morts; les 21 et 22 il y a eu quinze nouveaux entrans, sept nouveaux décès ; le 23 et le 24, douze autres malades ont été apportés , dont plusieurs dans un état désespéré. Elle fait abstraction de quelques cas qui se sont développés sur les malades de l'hôpital même ; par exemple dans la salle des femmes , du service de M. Chomel ; mais que là la maladie combattue dès ses premiers prodrômes, n'a pas encore compté de cas de morts.

Elle ajoute que les autres hôpitaux ont également reçu quelques cholériques ; on dit m^ême qu'un interne de l'hôpital du midi a déjà succombé ; mais ces cas sont beaucoup plus rares, et la maladie semble jusqu'à présent se concentrer à l'hôtel-dieu et dans les quartiers fangéux et infects de la Cité. D'après même ce qu'eHe a

appris des praticiens, les cas les plus nombreux rencontrés en ville appartiendraient aussi aux quartiers les moins salubres , tels que les rues sombres et étroites qui avoisinent les marchés du quatrième arrondissement.

Dans son numéro du 5 octobre, elle expose que depuis le 7 septembre jusqu'au 2 de ce mois on comptait iio hommes et 81 femmes atteints du choiera et traités dans les hôpitaux j qu'il n'y avait eu que dix-sept guérisons , dont quatorze hommes et trois femmes, et soixante-quinze décès, dont trente-neuf hommes et trente-six femmes ; qu'il restait en traitement le 2 au soir cinquante-sept hommes et quarante-deux femmes; en tout quatre-vingt-dix-neuf malades ; que dans la journée du 2 , on avait reçu douze malades et compté dix décès et trois guérisons j que le 4» il, n'y en avait eu que huit ou neuf répartis dans . les hôpitaux suivans : St.- Antoine, un ; Maison-de- Santé , un ; Pitié , deux ; St.-Louis , un j Hôtel- Dieu , trois. Une partie de ces malades avaient été pris de la maladie dans les salles dé l'hôpital.

Enfin , dans son numéro du 12 octobre , où elle do;nne un intéressant article sur le cholera-morbtis qui règne actuellement à Paris, comparé au choiera épidémique de l'année iSSa, elle ajoute dans &(m feuilleton qu'elle espère voir le choiera disparaître sous peu pour ne plus revenir ; que dans

tous les cas on se tienne pour aveTti qiiil èst dé itrè^mamàis gmlt aujourtThui iTéft pûrlér et des^étt * occuper y et qu'on se comporte en conséquence dans isa prouince (i).

Nous avons le vif regret d'annoncer que le cho- Uera asiatique s'est déclaré sur un habitant de St.- !Maurice, faubourg d'Amiens , à la fin de septem- Ibre dernier ; mais l'individu n'a point succombé , €et nous sommes assez heureux pour qu'aucun aaiifré eâs ne se soit ïrioritré jùsqù'à présent,''^4 lôvembre i833.

Nous en étions à cettfe pà^é d'impression , et lous allions donner la îjiographie des médecins iu sujet desquels nous avons mis un renvoi à la gfcjage i3 de cet ouvrage, lorsque nous reçûmes pli ommunication de la préfecture de la l'épouse de . le maire d'Ariiiéns à la lettre dte M. le préfet, m date du i4 novembre x832 (2) : mais nous fai-

t| (i) U serait facile d'en dire la cause.

(a) y4 MM. les Maires^ Messîeùrâ ,

À| Aujourd'hui que la funeste épidémie qui a penda'hf ii |lt'ng-temps éxercé ses râVageis datis ce déparTeniént y est éplifin à peu près éteinte , il importé dans l'inlérê'l! dé l'hulliaYiité de r(>cue!llir àVeC soin tous les documens qui peù-

nt seconder les hommes de l'ali't daris leurs reclif^rcl'tbs

sant un devoir de retracer le plus de faits que possible relativement au choiera, quand ils viennent d'une bonne source , et voulant rendre à

et dans leurs études, et les mettre à même de déterminer d'une manièr^certaine quelles sont les véritables causes de ce iléau , les circonstances qui l«f développent et le propagent, et de parvenir ainsi à la connaissance des moyens les plus sûrs de s'en préserver à l'avenir.

A cet effet , Messieurs, je prie ceux d'entre vous dont les communes ont été envahies par le cholera-morbus , de me donner le plus promptement possible des réponses exactes et circonstanciées sur les questions suivantes :

1°. Quelle est la position topographique de la commune? Est-elle située sur un terrain élevé , sec et aéré , ou bien dans un terrain ou vallon bas, habituellement humide et où l'air ne circule pas ?

a°. Est-elle traversée par une rivière ou un ruisseaaf Existe-t-il, dans le voisinage, des marais, des étangs, des entailles de tourbes inondées ou autres eaux stagnantes quelconques ? A quelle dislance ces cours d'eau , ces étangs ou marais se trouvent- ils des habitations attaquées?

3°. Quel est l'état de la commune sous le rapport de la propriété? Les rues étaient- elles , à l'époque oùl'épidémie y a paru, déblayées et bien nettoyées, oufangeuses et encombrées de fumiers ou d'immondices, sèches ou couvertes d'eau?,

• 4°- Quelles sont les maisons dans lesquelles le choiera s'est manifesté d'abord ? Ces maisons étaient-elles saines, ou bien humides et mal aérées ? Y existait-il quelque cause particulière d'insalubrité?

chacun des médecins d'Amiens la gloire qii'il leur revient , comme nous l'avons fait partout et principalement en donnant textuellement les lettres

5". Quel était l'état de l'atmosphère au moment où fépidémie s'est manifestée ? Le temps était- ii froid ou hbaud , sec ou pluvieux?

6°. Les premières personnes qui ont été attaquées du lolera étaient- elles récemment venues d'une autre com- «une , et dans ce -cas de quelle commune venaient-elles et

uis combien de temps en étaient-elles arrivées? JJe vous recommande instamment, Messieurs, de'réponà ces questions sans délai avec toute l'exactitude posle et avec tous les détails que vous croirez utiles. Pour eux remplir ce but, vous pourrez , s'il existe un méde- ! ou un officier de santé dans votre commune, vous c«rter avec lui et recueillir son avis. Dans les chefs- X où il existe un conseil de salubrité , IVIM. les maires rgeront, sans doute, ce conseil , du rapport à faire en

nse aux questions ci-dessus, 'fe n'ai pas besoin, Messieurs, de vous faire de nous instances à ce sujet. Il s'agit de conjurer pour l'aveun fléau dont nous n'avons que trop éprouvé les futea effets; il s'agit d'aider à s'en préserver les contrées i France qui n'en ont pas été atteintes ; c'est un devoir î que nous impose l'humanité, non moins que notre lire intérêt.

<!cevez de nouveau. Messieurs , l'assurance de ma conaation distinguée et de mon sincère altachcmcut.

FUMERON d'ArDEUII*.

de M. Barbier , voyez page 1 20 ; les travaux de l'intendance sanitaire, page 4^, et ceux du conseil de salubrité, page ii3, etc., etc., nous allons présenter ici le travail de M. Pauquy, D.-M.- P., de préférence à la biographie que nous avons annoncée dans notre prospectus.

Amiens j le 8 octobre 1833.

« Monsieur le préfet ,

J'jai l'honneur de vous adresser, suivant le désir exprimé dans la circulaire de M. votre prédécesseur, en date du i4 novembre iSSa, et votre demande du 20 juin dernier, copie de la notice concernant le cholera-morbus qui a régné dans la ville d'Amiens.

Cette npfice, qui a été faite par M. Pauquy, meiTibre dn conseil de salubrité près la mairie, a été adoptée par ce conseil dans sa séance du 22 août dernier.

Agréez , monsieur le préfet , l'assurance de mes" sentimens respectueux. ^

Le maire m

F**. BOISTEL DUROYER. »

Réponse du conseil de salubrité près la mairip d'Amiens à plusieurs questions relative? au cl lera-mprbi^s.

« Messieurs,

Anjourd'hui que la funeste épidémie qui a

long-temps exercé ses ravages sur une partie de notre belle France , y est enfin éteinte, le gouvernement désirant, dans l'intérêt de l'humanité, recueillir tous les documens qui peuvent seconder les hommes de l'art dans leurs recherches et dans leurs études , et les mettre à même de déterminer d'une manière certaine quelles sont les véritables causes du cholera-morbus , les circonstances qui le développent et le propagent, et de parvenir ainsi à la connaissance des moyens les plus sûrs de s'en préserver à l'avenir; deux magistrats de ce département , M. Fumeron d'Ardeuil et M. Dunoyer, vous ont prié , par deux circulaires, l'une en date du i4 novembre 1882, et l'autre du 20 juin i833, de donner le plus promptement possible , des réponses exactes et circonstanciées aux questions mentionnées ciaprès, des membres du conseil de salubrité. Etant le seul qui fit partie de la commission chargée de retracer la marche et les diverses circonstances quele cholera-morbus a présentées dans cette ville, il vous a plu de me désigner pour traiter ce sujet. Quelque pénible que soit une telle mission par les souvenirs douloureux qu'elle rappelle, je m'empresserai de répondre à votre désir et de satisfaire, autant qu'il se peut, aux demandes insérées dans la lettre de M. Fumeron j en date du novembre i832.

( 58Zi )

1*^^. Question.

La ville d'Amiens , bâtie en partie sur un terrain bas et humide, a pour longitude 19° 4 m. 33 s., et pour latitude 49° 53 m. 45 s. j la température y est irrégulière. Les saisons y sont trèsinégales , les printemps sont fréquemment froids et humides dans le principe ; ce n'est qu'en mai qu'on commence à jouir de quelques beaux jours. La température des étés est variable j la chaleur rarement très-forte et de longue durée j les derniers jours de juin et les premiers de juillet sont assez souvent les plus chauds. Les automnes sont plus ordinairement chauds et secs , si l'on en excepte quelques bourrasques de courte durée , souvent mêlées de pluies : son égalité est plus durable que celle du printeitips : vers la fin de cette saison , la constitution de notre climat est pluvieuse, brumeuse, très-venteuse : les fortes gelées y sont peu fréquentes. Les hivers sont rarement secs, leur durée est de cinq à six mois, parce que la fin de l'automne et le commencement du printemps sont presque toujours froids; les transitions du froid au chaud dans le même jour , au printemps et en été , sont fréquentes dans notre climat; le thermomètre de Réaumur, pendant les étés les plus chauds, ne s'élève guères au-dessus de 26", et pendant les plus grands froids,

ne descend le plus ordinairement qu'à i5°. audessous de zéro.

Très-souvent des brouillards s'élèvent et environnent la ville.

Les vents dominant sont : les vents d'ouest, de sud-ouest et de nord-ouest.

2"^^ Question,

La ville d'Amiens est partagée par la rivière de Somme , qui coule de l'est à l'ouest en deux parties à peu près égales, l'une au nord, l'autre au midi j celle-ci est située sur un terrain plus élevé que l'autre, n'est baignée par aucun canal, est composée de rues larges , aérées et sèches où l'air circule à merveille ; les habitations , la plupart spacieuses et bien construites sont occupées généralement par la partie de la population qui est la plus riche ou la plos aisée ; la partie nord de la ville est plus basse et baignée par la Somme, qui la traverse aussi de l'est à l'ouest , et s'y divise en un grand nombre de canaux.

De tous côtés, excepté au sud, la ville est entourée de canaux, de marais et d'entailles à tourbes ; ses divers faubourgs sont immmédiatement en contact avec ces marais et ces entailles j le faubourg de Beauvais seul en est exempt : encore une de ses extrémités n'est-elle éloignée du ma-

rais du Petit-St.-Jean que par la distance d'un quart de lieue (i).

Les maisons qui furent les premières et le plus cruellement attaquées par l'épidémie, sont bâties immédiatement sur le bord de l'eau, mais cela a été beaucoup plus remarquable dans la ville ^ que dans les faubourgs. Le choiera sévit dans toute la ville, mais particulièrement dans la portion nord , où la mortalité fut énorme comparativement à celle des autres parties.

3™®. Question.

La partie de la ville d'Amiens, qui est baignée par la Somme , est en général mal bâtie ; les rues en sont étroites , longues et sinueuses. A l'époque de l'épidémie , ces rues étaient à peine balayées , nettoyées j il fallut prendre de nouvelles mesures pour qu'elles le fussent convenablement.

Les maisons sont presque toutes mal construites , très-sales , très-buraides , peu aérées , peu éclairées, occupées par la partie la plus pauvre de la population j un grand nombre de ces rues sont terminées d'un côté par un canal de la

(i) Joignez à cela que ces maisons sont basses, humides, malsaines pour la plupart, comme nous l'avons indiqué aux tableaux. Note de M. J. Petit.

Sommé «t de l'Avre , qui borde un rang de bâ' timens composés en général d'ateliers -de teinture, de filature, et de l'autre, par un simple quai, et liH second rang d'habitations.

Souvent plusieurs ménages plus ou moins nombreux se trouvent entassés dans tine même cour étroite , sale , humide et sans air. C'est particulièrement dans ces cours banales que les ravages du choiera se signalèrent.

4™*. Question.

Les premiers cas de choiera qui se montrèrent à Amiens, eurent lieu le lo avril et jours suivans; l'un dans la rue des Francs-Mûriers , rue sale , humide et étroite , un autre dans la rue Quincampoix , sur le bord du canal de l'Avre ; rue de Tanneurs , trois ou quatre simultanément dans une même famille , dans une même maison et dans une même cour étroite, humide et mal aérée de la rue de la Dodane : cette rue aboutit d'un côté à la Somme , et est voisine des marais et hortillonages de la Voirie ; au reste il n'existait alors dans ces diverses rues ou maisons aucune cause particulière d'insalubrité autres que celles signalées plus haut.

5"*^. Question.

L'atmosphère , au moment où l'épidémie s'est

déclarée , était sèche et chaude , des brouillards , qui sont au reste tout-à-fait propres à la vallée de la Somme , ont été signalés fréquemment le matin et à la fin du jour, avant et après l'invasion du cholera-morbus : mais peut-être ne les a-t-on remarqués qu'à cause de la présence de la maladie , et pour essayer d'expliquer l'apparition d'un fléau qui sera si long-temps inexplicable ; en général les recrudescences de la maladie ont coïncidé avec l'augmentation de la chaleur.

6"^^. Question.

Le seul lieu connu où exista le cholera-morbus avant son apparition à Amiens , était Paris (i).Des renseignemens bien exacts, bien certains, pris des parens des premières personnes attaquées, établissent sans nul doute qu'elles n'auraient eu aucune communication avec des personnes ou des choses provenant de .ce lieu d'infection.

Des nombreux matériaux déjà rassemblés sur cette partie de l'histoire du choiera qui a ravagé notre belle cité, telles sont les données qu'il nous a été permis de réunir ; je dis nous , car pour

(i) Le choiera commença dans le déparlement, le 4 avril i832, à Malpart, canton et arrondissement de. Montdidier. Voyez pages 3o4 et 43 1 de cet ouvrage. Note de M. J. Petit.

arriver plus sûrement au but que vous nous proposez, j'ai dû me mettre en rapport avec le membre de la commission déléguée ci-dessus , et réunissant leurs lumières aux vôtres, n'en former qu'un seul faisceau propre à éclairer , autant qu'il se peut , l'histoire d'une maladie qui a trompé toutes les prévisions, et qui n'a que trop souvent éludé toutes les ressources de l'art.

A Amiens^ ce lo juillet i833.

Ce rapport a été discuté et adopté par le conseil en séance, le 20 août i833.

Le secrétaire du conseil de salubrité près la mairie d'Amiens :

Fauvel.

Pour copie conforme :

Le maire de la ville dAmienSj

F'*'. BOISTEL DUROYER. »

— Le choiera s'est manifesté le 25 septembre i833, dans la commune de Rémerangles, arrondissement de Clermont (Oise). Il résulte du rapport du médecin des épidémies , que la femme Pillon et le nommé Rode , étant allés chercher un nourrisson à Paris, y ont éprouvé des symptômes du choiera; rentrés dans leur foyer, le nourrisson, fortement atteint de cette maladie , mourut presqu'immédiatement : dès-lors la femme Pillon fut saisie de vomissemens , de diarrhée cholériforme et de crampes. On a craint pour ses jours, mais

le lo octobre, une amélioration sensible dans s» situation , fait espérer sa prochaine guérison.

L'un de ses enfans, âgé de sept ans, est mort le i^'. octobre, après vingt-quatre heures de maladie.

Le second, âgé de seize mois, est mort le 3, après quatre jours de maladie.

Le troisième, âgé de huit ans , est mort eti vingtquatre heures.

La mère de la femme Fil Ion , âgée de soixantequatre ans , a été vivement atteinte , mais elle était beaucoup mietïx lë ï2, et le riommé Rode était convalescent.

Il y a en tout onze malades , sur lesquels plusieurs sont considérés comme sauvés.

{Gàzetté de Picardie dix i8 octobre i833. )

— La Gazette de France nous apprend, dans son 11°. du 26 ôCtobré i833, que le choiera avait, dails lé courant de septembre dernier, donné assez d'inquiétudes poui* que l'autorité eût pensé à faire ouvrir les hospices temporaires qui, eh iB^a, avaient rendu de grands services ; et dans son n°.

lô octobre , la Gazêttê Médicale de Patis annonce qil'ainsi qu'elle l^âvait pressenti , lé choléra a presque cessé de nouveau dans la capitale ; que depuis plusieurs joufs on Compté à peine deux ou trois nouveaux Cas dans les hôpitaux.

Elle marqué aussi qpié le choiera continua à ré-

gner avec quelqu'intensité à Bruxelles et dans plusieurs villes de la Belgique.

— Les journaux nous apprennent que le choiera a fait d'horribles ravages à la Vera-Cruz, et que plus de quinze mille personnes y ont succombé vers le mois d'août i833.

— Le choiera s'est manifesté à Malaga en octobre i833.

St.-Pol , 9 octobre.

— Il restait encore trentre quatre cholériques en traitement. Depuis l'invasion de la maladie cinquante-neuf personnes avaient été atteintes ; quinze avaient succombé, et dix avaient été complètement guéries ( Gazette de Picardie àn i5 octobre i833).

— Les lettres de Séville du 12 octobre annoncent la décroissance du cholera-morbus, fléau qui y a fait bien des ravages. Du reste, cette ville et toute l'Andalousie , contrée la plus importante du royaume espagnol, en raison de sa richesse, de sa position et de sa population, jouissent de la plus parfaite tranquillité. {Messager du 3o octobre i^^à.)

— On lit dans un journal de Bruxelles : Un médecin attaché à l'hôpital des cholériques ayant été appelé ces jours derniers auprès d'un des malades au moment où il allait lui tâter le pouls, celui-ci, dans un accès de fureur, saisit le docteur pa:r la* tête, lui mord dans l'oreille à belles dents, et sï quelques personnes n'étaient arrivées au secours.

attirées par les cris du médecin, il est probable que le malade lui eût déchiré une partie de la figure. Il est assez fortement blessé. (^Idem.) — Géognosie, du grec gé^ terre, et de gnosis, connaissance. Science qui s'occupe de toutes les parties solides qui composent le globe terrestre , comme les roches , les pierres , les fossiles.

M. Nicolas Labesse , entrepreneur à Moreuil , faisant construire en i83o l'église de Thésy-Glimont , découvrit des veines de sable blanc propre à confectionner les briques et à faire un excellent mortier; grâce à sa découverte , cette commune jouit d'une nouvelle richesse.

— Moreuil, ancienne châtellenie dansleSanterre(i), sur l'Avre ou l'Avreigne , rivière qui a ses sources vers le village d'Avricourt , pays ouest de la forêt de Bouveresse ; elle passe par Roye , Moreuil , Boves , et se jette dans la Somme par deux embouchures, dont l'une près et au N--0. de Longueau , et l'autre dans Amiens. Les poissons ordi-

(i) Le Santerre , Sanguiterra ou Santeriensis pagus , pays dans la partie moyenne de la Picardie , borné au nord par l'Artois; à l'est par le Vermandois et le Noyo-nois; au sud par le Beauvaisir; et à l'ouest par l'Amiénois. Le nom de Santerre n'a guères été en usage pour désigner cette contrée que depuis le xiri*. siècle; il a environ seiie lieues de long du nord au sud, et doiuc dans sa plus grande largeur de l'est à l'ouest.

naires qu'on trouve dans cette rivière , sont le meunier , le barbot , la carpe , le brochet , la perche , la tanche , la rosse , la vendoise, lepinoche, l'anguille , 1 ecrevisse et le chabot. L'Avre reçoit les eaux de la Noye , de la Luce et celles du Don : il y à quelqu apparence que la diidsion de cette rivière , qui passe à Amiens , a porté ce dernier nom : de là vient peut-être le nom du port et de la rue du Don , qui sont deux endroits très-peu éloignés de celui où cette division s'y joint à la Somme , et par lesquels il est très-possible qu'elle ait autrefois passé.

On comptait à Moreuil , au commencement de la révolution , environ 240 maisons cette paroisse est dédiée à St.-Vast; elle est comme autrefois du diocèse d'Amiens : il y avait avant la révolution une abbaye de bénédictins non réformés, en commande , et dont le titulaire nommait à la cure du lieu ; une chapelle castrale à la nomination de l'évêque d'Amiens. Il a un hôpital pour les malades, créé et richement doté par les ancêtres de M, de Rougé. Ce bourg était le chef-lieu d'un doyenné rural ; il était des bailliage et élections de Montdidier. Son sol produit des blés de différentes qualités ; des orges , des mars et des chanvres dans la vallée. On y fait des bas au métier , et des métiers pour les bas ; il s'y tient un franc-marché le i". mardi de chaque mois , et des marchés ordinaires les

mardis et vendredis de Chaque semaine. On s'y servait des mesures ordinaires du bailliage do Montdidier ; il relevait de Bov^s et de Corbie : il y a à Moreuil un moulin à papier sur la rive gauche de VAvre.

' Nota. Notre intention est de donner un supplément à la fin de chaque année ; il sera divisé en trois chapitres : le premier contiendra l'historique du choléra ; le second donnera les expériences et recherches chimiques, etc.; le dernier exposera les moyens prophylactiques qui auront été efficacement employés; nous aurions désiré donnera ce volume l'ordre que nous suivrons pour cessupplémens, mais nous avons été obligé de nous en affranchir, afin d'éviter les répétitions, et parce que certains renseignemens nous manquaient lorsque nous avons donné cet ouvrage à l'impression. Néanmoins le lecteur pourra au moyen de la table rétablir cet ordre.

Comme le premier supplément sera envoyé gratuitefuënt et franc de porl, nous prions les personnes qui achèteront ce volume , de vouloir bien laisser leur adresse cher les libraires où ils le feront prendre, afin qu'il leur parvienne directement.

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