‹ Histoire du cholera-morbus asiatiqueChapitre 5 sur 48 · IS · texte numérisé non relu

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i.>arties orientales de l'Asie , les archipels de océan indien et les îles de la mer d'Afiri(jue.

Le choiera asiatique gagna la ChiEte; il palat à Canton le 18 octobre 1820, et désola t'ékin en 1821 , 1822 et 1823 ; les Chinois opellent cette maladie holuau.

Il s'empara, en 1821, de l'Arabie, de la ie, et en 1823 il parut sur les confins de V Russie. Il sembla, pendant quelques anées, borner à ces divers climats la terreur t les ravages que sa présence occasionnait ; t s'il parut même respecter l'Egypte , c'est r.râces aux mesures sages et énergiques que t exécuter le prince qui la gouverne aujour- [l 'hui avec tant de gloire ; et sans doute que |j{ahomet-Ali , dont la volonté ferme et l'esrtrit créateur rappellent si bien les gi^ands caidctères de Pierre-le-Grand et de Napoléon, irait empêché ce fléau de pénétrer dans son kyaume , s'il ne déjouait trop souvent les meures les plus propres à combattre les malaies contagieuses : aussi en portant, en 1830, désolation et la mort dans Moscou, Peters^ ►urg et l'intérieur de la Russie, malgré tous * cordons et mesures sanitaires, il sévit, jiannéc d'ensuite, avec un acharnement insol(te , au Caire et à Alexandrie. Môme nous

voyons, d'après le rapport de M. Mimaut , consul-général de France à Alexandrie, remis à l'académie de médecine par M. Jomard, que le cholera-morbus, apporté en Egypte par les débris de la caravane de la Mecque, s'est répandu au Caire , à Damiette , à Rosette , à Alexandrie , sur les vaisseaux européens et égyptiens stationnés dans les ports; a pénétré jusque dans les harems ; s'est propagé , en remontant le Nil , jusque dans la haute Egypte, à Thèbes et à Assouan : déployant partout, mais spécialement au Caire et sur les navires, une activité prodigieuse, au point d'enleverj dans un seul jour, au Caire, iZ|.00 personncè^ et sur un vaisseau du vice-roi, 350 hommeis d'équipage en vingt-quatre heures. On voit^ avec satisfaction , que dans cette grande calamité, des médecins français, entr'autres MM: Clot-Bey et Rivière se sont distingués par leaJ courage.

Mais pour rendre le fidèle tableau de désoli^ tion et de mortalité occasionnées par ce fléaui je citerai le passage d'un ouvrage de M. Clot-^ Bey, qu'il m'offrit à Paris au commencement d( cette année (1) : « Cette calamité a été affreuse

(i) Janvier i833.

( elle a coûté au Caire seul soixante mille personnes en vingt-neuf jours, 'perte supérieure ;i à celle des pertes les plus meurtrières : les Eur ropéens se sont enfuis pour la plupart , même i les médecins ; j'en excepte un médecin franççais, M. Rivière , un autre français, M. Hamont, ttrès-habile vétérinaire ; j'en excepte un processeur de notre école, M. Cherubini ; tous les btrois ont rivalisé de zèle, et ce zèle est devenu Lcelui de cent cinquante élèves (1) dont trente oont succombé. Le village d'Abouzabel a perdu meuf cents personnes sur dix-huit cents, un village voisin , Kankha , a été encore plus maliheureux. Tous ces détails sont consignés dans lun mémoire que l'on imprime actuellement à arseille, et qui ne tardera pas à paraître. » Plusieurs parties de la Turquie virent le

(i) Une circonslancè déplorable , celle de l'affreuse Ipipidcmie du cholera-morbns , qui a ravagé l'Egypte, les i mis à même de se montrer , et nous avons à nous féiciler qu'aucun d'eux n'ait abandonné son poste dans t:clte occasion périlleuse. En ce moment même ces élèves c, cillent à la santé des braves qui combattent sous les Irapeaux victorieux de Mabomet-Ali, conduits par le falenreux Ibrahim. ( Compte rendu des travaux de l'école ele médecine d'Abouiabcl, par Clot-Bey, etc. - i83a).

cholera-morbus se joindre à la peste pour désoler ces contrées en 1831.

Dès le mois de février de cette année , la Pologne fut en proie au cholera-morbus, qui se transporta bientôt en Prusse où il parut le 26 mai 1831. Les cordons>sanitaires et la vigilance la plus grande ne purent en garantir l'Allemagne , qui en fut désolée dans le même mois (1),

Le 5 novembre 1831 le vit à Sunderland, d'où il gagna bientôt Londres, et le 15 mars 1832, il éclata à Calais, ville frontière de France , qui n'est éloignée de l'Angleterre que

(i) La Prusse crut pouvoir s'opposer à l'invasion du cholei'a, en établissant sur les frontières de la Pologne et de la Russie, un double cordon sanitaire; le maintien de ce cordon mit en mouvement plus de 60,000 hommes, absorba des sommes considérables, suspendit l'essor du commerce et de l'industrie, et tarit la source des revenus publics.

L'Autriche , éclairée par l'expérience qu'elle avait acquise dans la Gallicie et la Hongrie, renonça à toute mesure regardée comme répressive de la contagion, et consacra ses ressources pécuniaires à l'exécution des moyens propres à adoucir et modérer les atteintes d'un mal auquel elle prévoyait ne pouvoir échapei".

Auguste Gcrardi.11 et Paul Gaimard. — iSSa.

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ar un bras de mer de sept lieues ; bientôt il jorta le deuil et le désordre dans Paris , d'où !1 irradia dans les départemens. Nous donnerons ici l'extrait du rapport fait à la chambre es députés par M. le docteur Yirey , député •le la Haute-Marne, d'où il résulte que cinquante départemens ont été attaqués par le èholera asiatique, mais que dans sept, il ne s'est déclaré qu'un très-faible nombre d'accjdens. ues départemens situés au Midi , ont en généal beaucoup moins souffert que ceux du Nord ; 1 1 ceux de l'Ouest , à quelques exceptions près, oins que ceux de l'Est.

La proportion des morts a rarement dépassé \ moitié des malades ; communément on perait Je tiers ou un peu davantage. Toutefois es départemens dans lesquels il y a eu le oins d'accidens cholériques , ont vu proporonnellement plus dé cas meurtriers.

La marche de l'épidémie débutant à Calais, 15 mars, s'est déployée, dès le 22, à Paris, •vec une violence long-temps croissante, puis lie a bientôt envahi les départemens de Seine t Oise, de l'Aisne, de Seine-et-Marne, de Yonne, du Loiret, du Nord, de la Seineérieure où elle exerça d'affreux ravages

mais à mesure qu'elle se dispensait en rayonnant vers la Marne , l'Aube , la Somme , la Meuse, la Moselle et la Meurthe, elle semblait diminuer d'énergie en immolant moins de victimes. Cependant le Finistère et les Côtes du Nord, la Gironde et quelques autres départemens épars, où divers accidens apparaissent encore (janvier 1833), ont subi des pertes assez nombreuses à proportion de leurs malades.

Jusqu'à ce jour les sommes réparties par le gouvernement, s'élèvent à 1,277,860 francs 16 centimes (sauf quelques autres dépenses non régularisées encore). Elles ont été distribuées entre cinquante-sept départemens, non pas d'après l'intensité de l'épidémie, mais suivant les besoins des lieux et l'état des re sources de chaque pays. Ainsi , Paris n'a guères obtenu plus de 2^,000 francs, tandis que les départemens de Seine-et-Oise, de l'Aisne, de l'Oise, delà Marne, de Seine-et-Marne, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Yonne, de, la Seine - Inférieure , ont absorbé les plus fortes allocations (1) •

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