‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 104 sur 179 · RECHERCHES HISTORIQUES DE COPERNIC · texte numérisé non relu

RECHERCHES HISTORIQUES DE COPERNIC

Terre se meut ( Nicetam sentisse Terram moveri). Puis je trouvai dans Plutarque que d’autres avaient eu la même idée. »

Ici Copernic cite textuellement ce que celui-ci rapporte du système de Philolaüs, savoir : « que la Terre tourne autour de la région du feu (région éthérée), en parcourant le zodiaque comme le Soleil et la Lune'. » Du reste, les principaux pythagoriciens, tels que Archytas de Tarente, Héraclide de Pont, Échécrate, etc., enseignaient la même doctrine, d’après laquelle « la Terre n’est pas immobile au centre du monde, tourne en cercle, et est loin d’occuper le premier rang parmi les corps célestes*.»

Pythagore avait appris, dit-on, cette doctrine des Égyptiens qui, dans leurs hiéroglyphes , représentaient le symbole du Soleil par le scarabée stercoral, parce que cet insecte forme une boule avec les excréments du bœuf, et que, se couchant sur le dos, il la fait tourner entre ses pattes.

Timée de Locres était plus précis encore que les autres pythagoriciens quand il appelait « les cinq planètes les organes du temps à cause de leurs révolutions, » ajoutant qu’il fallait supposer la Terre non pas immobile à la même place, mais tournant, au contraire, autour d’elle-même et se transportant dans l’espace*.

Plutarque raconte que Platon, qui avait toujours enseigné que le Soleil tournait autour de la Terre, avait, vers la fin de ses jours, changé d’opinion, regrettant de n'avoir pas placé le Soleil au centre du monde, seul lieu qui convienne à cet astre*.

Trois siècles avant Jésus-Christ, Aristarque de Samos composa,

) . <J»t)6)ao; 6 rMcrppeto; ttjv YW xûx).(j» ircptçepEotiat itcpl tô nûp, x*rà xûxXou ).o&oü, 6|ioto?p6it<»>; ^).iw xai cîXr,vg. (Plutarque, De Placit. Philosoph., lîv. II; voy. aussi Stobée, Eelog. phys., Ut. I; Diogène Laerce, liv. VIII, 85.) Selon Euscbo ( Prepar . Bvangel.), PhilolaQs avait le premier exposé le système de Pythagore.

2. Triv yf,t oûte àxtvrxov, oût* év ptiaw xi); xeptçopâ; oùaav, à>Xà xvx).q> iccpl x6 icvp al«po,jp.tvTiv, oüri tüv TiiuarcaTcdv, oOSé tüv itpcaTcuv xoû xôapovi piop(«üv Orap/Etv. (Plutarque, A'umo; voy. aussi De Placit ., III, 13; et Clément Alex., Stromal ., V.)

3. TJlï^v.... jat) pupLr.xavTjdOai <ruvtxo|Aivr,v xal pivoucav, à», à oxpeço (Aévrjv xal àvei- Xoupivir» voeîv. (Plutarque, De Placit , liv. III ; voy. Dutens, Origine des découvertes attribuées aux modernes, 1. 1, p. 208. )

4. IlXaiTMva np£a6vnjv yevôiAivov ôiavEvoŸjoôai nipi yî^;, w; iv ête'pqt

xa8taT»aiK, vr,v t* xal xupiwtârr.v èupy tivî xpirrcovi npo<nf|xova£v. (Plutarque,

tfuma.)

au rapport d’Archimède, un ouvrage spécial pour défendre le mouvement de la Terre contre les opinions contraires des philosophes. Dans cet ouvrage, aujourd'hui perdu, il enseignait d’une manière positive que « le Soleil reste immobile et que la Terre se meut autour de lui en décrivant une courbe circulaire dont cet astre occupe le centre*. 11 était impossible de poser la question en termes plus nets. Et pour que rien n’y manquât, pas même l’expiation du génie, Aristarque fut accusé d’irréligion, pour avoir troublé le repos de Vesta, * parce que, ajoute Plutarque, afin de sauver l’explication des phénomènes, il enseignait que le Ciel était immobile, et que la Terre accomplissait sur une ligne oblique un mouvement de translation en même temps qu’un mouvement de rotation autour de son axe*.

Telle est précisément la thèse que reprit, après dix-huit siècles d’intervalle, "Copernic ; et, chose remarquable, lui aussi fut accusé d’irréligion.

Le docteur Hœfer remarque qu’en passant des Grecs aux Romains et de là au moyen âge, la doctrine d'Aristarque, qui est eelle du vrai système du monde, subit une modification curieuse : elle s'éloigna du système de Copernic pour se rapprocher de celui de Tycho-Brahé. Ce système consiste à faire mouvoir autour du Soleil les deux planètes intérieures. Mercure et Vénus, pendant que le Soleil tournerait avec ces deux planètes ainsi qu’avec toutes les autres, autour de la Terre considérée comme centre du monde. Voici ce que dit Vitruve sur ce point : • Le Ciel tourne perpétuellement autour de la Terre.... mais Mercure et Vénus font leurs révolutions autour du Soleil qui leur sert de centre*. » Macrobe reproduit à peu près la même idée*. Martianus Capella répète aussi que « Vénus et Mercure ne tournent pas autour de la Terre, mais autour

1. Tèv éftiov fiivitv àxtvrjTov * tœv êè yâv irepipépeoQai irepl tov fiXiov, xocrà xvxlov mpiçépctav, ô; ésrtv iv piaw tip Spôpxp xciiuvo;. (Archimède, In Psammite.)

2. xaTà X6£ov xôxXoo ttjv •yŸjv.&p.a xai xtpi tôv aOrrj; ££ova 8tvOfiivr;v. (Plutarque, De Facie in orbe Lunee.)

3. • Cœlum volvitur commenter circum Terrain.... Mercurii autem et Veneris Stella circum Solis radios, Solern ipsum, uti ccntrum itineribus coronuntes.... » (Vitruve, De Architectura, liv. IX, ch. it.)

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