‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 108 sur 179 · COPERNIC · texte numérisé non relu

COPERNIC

cerveau toute la masse des connaissances astronomiques depuis Hipparque jusqu’à son temps ; qu’il l’a soumise à l’épreuve du raisonnement et des faits ; et que, dans ses méditations longues et profondes, il reconnut les défauts et les erreurs de l’ancienne doctrine. 11 s'empara ensuite de l'idée de ce mouvement de la Terre, en pénétra les rapports les plus éloignés, parcourut avec elle' les travaux et les observations de dix-neuf siècles. La réflexion lui fit voir les mouvements célestes sortir de cette idée, et réciproquement cette idée naître et résulter de l’inspection des mouvements célestes.

Ayant ensuite à annoncer des vues et des vérités qui auraient pu passer pour paradoxes et effaroucher les esprits prévenus, presque toujours rebelles aux idées nouvelles, il se garda de leur dire ouvertement qu’on se fût trompé pendant tant de siècles. De là ces soins étudiés pour déguiser l’importance et îa nouveauté de sa découverte, et pour citer tous les passages des auteurs anciens qui pouvaient offrir le moindre trait de ressemblance avec ses idées originales.

Copernic s'est spécialement occupé des six planètes connues alors, de la Lune et du Soleil. Quant aux étoiles, il ne savait point qu’elles fussent autant de soleils, ni à d'immenses et diverses distances de nous. La connaissance de la grandeur de l'uni "ers sidéral ne devait

venir qu’en notre siècle, avec les méthodes de mesure des parallaxes. Voici, tracée par la main de Copernic lui-méme, l’esquisse du système planétaire :

« Sur la position la plus élevée, dit-il, se trouve la sphère des étoi les fixes, sphère immobile qui embrasse l'ensemble de l'univers. Parmi lés planètes mobiles, la première est Saturne, qui a besoin de trente ans pour faire sa révolution. Après elle, Jupiter accomplit son chemin dans l'espace de douze ans ; suit Mars qui a besoin de deux ans. Dans la quatrième ligne se trouvent la Terre et la Lune qui, dans l’espace d'une année, reviennent à leur point de départ. La cinquième place est occupée par Vénus, qui a besoin de neuf mois pour faire sa route. Mercure occupe la sixième ligne; il a seulement besoin de quatre-vingts jours pour parcourir son orbite. Au milieu de tous réside le Soleil. Ouel est l’homme qui, dans ce temple majestueux, pourrait choisir une autre et meilleure place pour cette lampe brillante qui illumine toutes les planètes avec leurs satellites? Ce n'est pas sans raison qu'on nomme le Soleil le flambeau du monde (lucema mundi), l'àme et la pensée de l’univers. En le plaçant au centre des planètes, comme sur un trône royal, on lui laisse le gouvernement de la grande famille des corps célestes. »

L’hypothèse du transport de la Terre le long d’une orbite placée autour du Soleil parut donc simplement à Copernic une base propre à déterminer exactement les rapports des distances des diverses planètes au Soleil. Mais l’illustre astronome ne renonce encore ni aux déférents excentriques, ni aux épicycles, pour expliquer les irrégularités des mouvements du Soleil, des planètes, et certaines variations imaginaires dans la précession des équinoxes et dans l’obliquité de l’écliptique. Selon le grand astronome de Thorn, la Terre était animée de trois sortes de mouvements : le premier, dans le cours du jour et de la nuit, autour de son axe, de l’occident vers l’orient; le second, dans l’espace d’un an, le long de l’écliptique, dans le même sens, de l’occident vers l’orient ; le troisième, qu’il appelait de déclinaison, ayant lieu en sens inverse des signes du zodiaque ou de l’orient vers l'occident. Ce dernier mouvement avait pour but de permettre l’explication des phénomènes des saisons, et voici pourquoi il l’avait imaginé :

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