NOMBREUX SYSTÈMES IMAGINÉS
Longomontanus, astronome qui avait vécu pendant dix ans chez Tycho lui-même, à Uranibourg. Pour éviter le colossal mouvement diurne de toute la machine céleste, il admit pour la Terre, exactement située comme dans l'hypothèse précédente, son mouvement de rotation en vingt-quatre heures sur son axe. C'est ia même figure, seulement la Terre tourne. Deux savants, Origan et Argoli, partagèrent cette opinion. Mais elle eut peu d’adeptes et disparut au bout de quelques années, car les travaux de Galilée démontrèrent invinciblement que la Terre est une planète, et que son mouvement annuel est aussi évident que son mouvement diurne, en raison de‘
phénomènes de perspective présentés par les planètes et par les étoiles;
Ce ne sont pas encore là tous les systèmes imaginés par les hommes de la Terre pour l’état de l’univers.
Puisque nous voulons, dans ces causeries familières du soir, nous rendre compte d’une manière complète de la description du ciel, telle que l’esprit humain l’a diversement conçue, j’ai dû chercher s’il n’y avait pas dans l’histoire de l’astronomie d’autre conception que celle de Copernic et des précédentes. Or, j'ai trouvé que les Égyptiens avaient encore un autre système, différent des quatre dont nous venons de parler. C’était de supposer la Terre au milieu de l'u-
Divers, puis la Lune, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et les étoiles, situés en des cercles successifs. La particularité de ce système, c’est que Mercure et Vénus circulaient toutes deux, et seules, autour du Soleil, circulant lui-même autour du globe terrestre en un an. Cette disposition de ces deux planètes expliquait exactement leurs mouvements apparents et leur proximité constante du Soleil, soit comme étoiles du soir, soit comme étoiles du matin. Vous savez, en effet, que Vénus est cette belle étoile qui brille le soir au couchant, et tantôt le matin à l’Orient. Mercure, plus proche de l’astre radieux, s’en écarte moins encore, et n’est que très-rarement visible. 11 faut des crépuscules très-purs, et Copernic n’est jamais parvenu à le distinguer sur l’horizon brumeux de la Vistule. Ce système planétaire des Égyptiens, que les traités d’astronomie ne mentionnent plus guère maintenant, a régné en même temps que la théorie ptolémaïque, et plusieurs savants anciens s’y sont rangés, en premier lieu Vitruve. Lalande croit que « ce système des Égyptiens fut le principe des belles idées de Copernic sur le système général du monde , » lorsqu’il eut essayé d'ajouter aux deux premières planètes, Mars, Jupiter et Saturne.
—Ptolémée, avec toutes ses variantes du moyen âge, Copernic, Tycho-Brahé, Longomontanus, les Égyptiens : voilà déjà cinq types différents de systèmes, dit le député. C’est presque aussi embrouillé que la politique.
— Le mot système, répliqua le professeur, vient, du reste, de cû»tt,[ao, qui veut dire constitution. On en a imaginé et subi plusieurs avant de trouver la bonne.
— Mais il y en a encore d’autres, ajouta l’astronome. Au rapport de plusieurs auteurs, Platon varia le premier système en reportant Mercure et Vénus au delà du Soleil, se basant sur l’idée que ces deux planètes n’avaient jamais éclipsé le Soleil, ce qui est une erreur, puisque Vénus passe deux fois par siècle devant cet astre et Mercure une dizaine de fois. Cet arrangement fut adopté pair Théon dans son commentaire sur l’Almageste de Ptolémée, et ensuite par Géber, le seul, parmi les Arabes, qui se soit écarté de Ptolémée.
Au cinquième siècle de notre ère, Martianus Capella enseigna une variante du système égyptien, en faisant tourner Mercure et Vénus