‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 119 sur 179 · DIVERSES FORMES SUPPOSÉES DE LA TERRE · texte numérisé non relu

DIVERSES FORMES SUPPOSÉES DE LA TERRE

géants ou de pygmées. La voûte du firmament était supportée par des montagnes énormes et des colonnes mystérieuses.

— Ces premiers essais de la cosmographie terrestre, répliqua le député, prouvent ce que j’avançais. La science a commencé par un petit noyau d’observations, isolé et bien incomplet, puis s’est développée progressivement par la liberté des recherches. Dans cet ordre de faits, il n'y a pas de coup d’état possible.

— Sur la forme même de la Terre, dit l'astronome, j’ai remarqué de singulières variations. Voici les principales théories enseignées :

La première pensée a été de considérer la Terre comme une immense surface plane indéfinie. Souvenons-nous des idées que nous nous formions étant enfants, et nous aurons l’image de ce qu’ont d'abord pensé les peuples enfants. La Terre est solide avant tout; infinie sans doute en profondeur, et supporte le ciel. C’est la figure que nous avons vue à notre troisième soirée (p. 57).

Avec les commencements de la géographie, on remarque une étendue immense d’eau paraissant limiter les contours de la terre

ferme, irrégulièrement circonscrite. On suppose alors la terre, toujours plate, fixée au milieu d'une nier environnante indéfinie.

Mais bientôt, comme partout on l’on va, la Terre paraît toujours circulaire, l’horizon optique donne naissance à l’idée d’une surface plane et ronde, limitée par une circonférence, et plongeant des racines à l'infini (fig. A de la p. suiv.). On n’imagine pas encoreoùces racines peuvent s'arrêter, et le bas du monde reste vague.

Nous avons déjà vu, dans notre troisième soirée, que les prêtres védiques tirent supporter la Terre par douze colonnes (ûg. B).

— Et les colonnes?

Sur.... de la métaphysique.... Ouil sur la vertu des sacrifices, des holocaustes de bœufs et de moutons.... sans lesquels l’uuivers se serait effondré !

Plus tard, on veut se rendre compte de ce que le Soleil devient après son coucher, ainsi que la Lune et les étoiles. On est d'abord obligé d’imaginer des tunnels, des trous de taupe, pour les faire passer de l'Occident à l’Orient, et, petit à petit, on finit par supposer que la Terre repose sur des piliers.

11 fallait bien un support ! Comment ne pas frémir i la seule idée que la Terre puisse tomber dans les espaces immenses de l'infini ?

Songeons à toutes les inventions qu'on a pu faire pour assurer la solidité du monde Imaginez-vous d’abord, madame la marquise, que les Hindous ont osé faire porter la Terre par quatre éléphants!

— Et les éléphants ?

— Sur le dos d’une immense tortue....

— Et la tortue?

— Flottait à la surface d’un océan universel.... C’était un peu symbolique, car on l'a posée aussi sur l’éternité représentée par un serpent.

Pendant longtemps, on se représente la Terre sous la forme d’un disque circulaire. Thalès la décrit ainsi, et flottante sur l'élément humide. Six siècles plus tard, on voit encore Sénèque adopter l’opinion du philosophe grec : « Cet élément humide ( humor ) qui porte,

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