‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 12 sur 179 · TRANSLATION ET ROTATION DE LA TERRE · texte numérisé non relu

TRANSLATION ET ROTATION DE LA TERRE

tandis que nous faisons lentement et à une certaine distance le tour de l’obélisque. Notre ami passerait successivement, et plus rapidement qu’aucun autre, devant les divers points que nous avons marqués, il passerait même entre nous et l’obélisque et nous l'éclipserait. Ce mouvement de la Lune sur les signes du zodiaque a été lo premier remarqué, parce qu’il est le plus visible. Celui des planètes et celui du Soleil n’ont été constatés que plus tard, parce que les planètes ne se différencient pas des étoiles d’une manière éclatante, et parce que le Soleil, éclipsant le Ciel étoilé par son éblouissante lumière, n’a permis de reconnaître sa situation zodiacale que par des comparaisons faites à l’aide des étoiles qui suivent son coucher. Nous verrons même que c’est à l’observation du mouvement mensuel de la Lune que l’on doit le premier tracé du zodiaque.

Il nous reste à observer maintenant que le mouvement de translation de la Terre autour du Soleil n’est pas le mouvement unique qui l’entraîne ni même le plus sensible pour nous, malgré son énorme vitesse. Son mouvement de rotation sur son axe, qui cause le jour et la nuit, en vertu duquel le Soleil parait suivre une ligne oblique dans le Ciel et les étoiles tourner ensemble autour de l'étoile polaire, ce mouvement diurne est le plus apparent dans ses effets immédiats.

Si l’on tient délicatement une orange entre le pouce et le doigt du milieu, par ses deux extrémités opposées, et qu’on la fasse tourner sur elle-même, on a là une image fort simple et bien exacte du globe terrestre. Les deux points opposés (la tête et la queue de l'orange) se nomment les pèles. La ligne du milieu, qui comme une aiguille idéale traverse le fruit d’un pôle à l’autre, et autour de laquelle s'effectue le mouvement, se nomme l’arc. L’axe même et les pôles sont immobiles, on le voit facilement avec un moment d’attention.

Les points voisins du pôle tournent, mais avec une extrême lenteur, puisqu'ils emploient 24 heures à parcourir un petit cercle. Plus on s’éloigne du pôle, plus la distance à Taxe est grande, et plus le cercle à parcourir en 24 heures est vaste, par conséquent plus la vitesse augmente. Elle est à son maximum à l’équateur, c’est-àdire au grand cercle de la sphère qui se trouvant à égale distance des deux pôles donne la circonférence exacte du globe.

PREMIÈRE SOIRÉE

LE CIEL

Ces vitesses sont : 205 mètres par seconde à la latitude de Paris, ou 1098 kilomètres (275 lieues) à l’heure ; 464 mètres par seconde pour la ville de l’équateur, Quito, ou 1670 kilomètres (418 lieues) à l’heure. Ainsi, en France, par exemple, nous sommes emportés par deux mouvements principaux : le premier nous fait parcourir 27 500 lieues à l’heure à travers l’espace céleste; le second ajoute 275 lieues à ce premier nombre pour notre déplacement résultant du mouvement diurne.

— Le mouvement de translation de la Terre, interrompit la marquise, nous donne l’année?...

— Grâce encore à l’inclinaison de son axe, ajouta le capitaine de frégate, car sans cette inclinaison nous n’aurions pas les saisons, le Soleil devant s’élever alors aussi haut et aussi longtemps en hiver qu’en été.

— Mais nous aurions toujours l’année, répliqua l’astronome, dans une succession moins frappante, comme l’ont par exemple les habitants de Jupiter.

— La belle planète au printemps perpétuel! fît la marquise. Mais je reviens à mon idée. Le mouvement de rotation de la Terre nous donne les heures du jour?...

— Précisément.

— Et c’est par lui que nous sommes en retard ici d’un quart d’heure sur Paris, parce que Paris passe directement sous le Soleil quinze minutes avant que Flamanville y arrive. Lorsqu’il est midi à Paris, il n'est encore que midi moins le quart ici, n’est-ce pas ?

— On ne saurait être meilleur astronome, répliqua le capitaine de frégate. Et voilà aussi, ajouta-t-il, ce qui fait que pendant la dernière moitié de ma vie vécue, ma femme dormait à l’heure où je dînais (ma femme étant à Cherbourg et moi à New-York ou à la Nouvelle-Orléans). Je dirai même que c’est aussi pour cela que j’ai 24 heures de moins que tous ceux qui sont nés le même jour et la même heure que moi.

— Tiens, fît le député, ceci est assez rare.

— Vous avez donc fait le tour entier du globe en sens inverse du mouvement du Soleil? demanda l’astronome.

— Précisément ; de sorte que le Soleil est passé une fois de moins

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