‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 14 sur 179 · PREMIÈRE SOIRÉE. — LE CIEL · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SOIRÉE. — LE CIEL

comme dans la nature terrestre. Eh bien I permettez-raoi de vous avouer ici mou sujet de prédilection : j’ai le légitime orgueil de revendiquer pour not aïeux la plus haute conception du monde que l’antiquité puisse nous offrir. Mieux que tous les autres peuples, les Gaulois ont su comprendre la grandeur de l’univers, et lui faire correspondre la mesure de nos destinées. A mon avis, il serait logique, et de plus fort agréable, pour le but que nous nous sommes proposé, de ressusciter ici l’astronomio des Druides avant de nous occuper d’aucun autre peuple.

— Voilà une thèse nouvelle, qui nous charme particulièrement, répondîmes-nous d’un commun accord, et nous serions curieux de savoir à quoi nous en tenir sur un point discuté depuis si longtemps.

— Si j’étais sûr que cette question vous intéressât, j’aurais le plaisir....

— Tout le plaisir sera pour vos auditeurs....

— Eh bien, soit! Mais vous me permettrez de ne point entreprendre un tel sujet ce soir, après la victorieuse exposition de notre cher astronome, à la suite de laquelle nul ne doutera plus que nous ne soyons actuellement dans le Ciel. Restons sur cette agréable certitude! Je rêverai cette nuit à ma promesse, et demain soir je vous entretiendrai de nos ancêtres.

L’attention commune ainsi diversiGée par ces réflexions nouvelles laissa s’éteindre par ces dernières paroles notre premier entretien astronomique, et voltigea dès lors sur d’autres sujets plus frivoles. Le croissant lunaire venait de s’éteindre derrière la nappe sombre des mers, et malgré la douceur de la température et la commodité de la situation, lorsque le thé fut achevé, on se sentit la velléité de se relever et de marcher un peu. On se promit d’un commun accord de se retrouver le lendemain sous les mêmes sapins , dont les branches étendues servaient d’écran au rayonnement terrestre, — comme on dit en physique, — et protégeaient la tiédeur de l’atmosphère. Groupe par groupe, on s’éloigna bientôt, suivant l’avenue spacieuse qui conduit des falaises aux bosquets du parc.

DEUXIÈME SOIRÉE

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