‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 15 sur 179 · LA PHILOSOPHIE DU CIEL SELON LES GAULOIS NOS ANCÊTRES · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE DU CIEL SELON LES GAULOIS NOS ANCÊTRES

La conversation autour du dolmen. Revendication de la science antique des Druides. Théologie astronomique des Gaulois. Doctrine de la pluralité des mondes. Les cercles de 1a vie immortelle. Chants des bardes. Mort et transmigration ; les existences dans le Ciel. — Les Gaulois ont imprimé leur astronomie sur leurs pièces de monnaie. Anciennes médailles de la Gaule. Culte de la nature et respect envers les astres. Anciennes monnaies astronomiques de la Chine et des autres peuples.

L’Historien fut l’un des premiers au rendez-vous. Il avait déposé sur la table rustique quelques notes résumant ses travaux d’érudition, et quoique nos entretiens dussent avant tout garder la forme d’improvisations simples et spontanées, nous nous aperçûmes néanmoins qu’il avait scrupuleusement préparé son sujet. Tout en attendant le moment qù la fantaisie nous prendrait de commencer la conférence, nous nous demandions si les ombres des bardes ne seraient pas quelque peu surprises de voir leur science antiquo mise au premier rang des éléments d’une Histoire du Ciel. Nous discourions sur la vieille institution des druides, dont on retrouve encore les derniers débris dans la Bretagne française et surtout dans la Grande- Bretagne ; nous causions les uns les autres, chacun selon notre inspiration immédiate, comme il arrive dans toute conversation non organisée et naturellement décousue, lorsque l’historien nous dit, en nous indiquant de la main une énorme pierre noire, en forme

DEUXIÈME SOIRÉE

LES GAULOIS

d’œuf, posée sur trois autres non moins colossales, et formant presque un petit monticule, tout au bord du plateau, sur le sommet du cap:

Ce monument druidique, l’un des plus anciens de la Gaule, que nos paysans appellent encore aujourd’hui le tombeau d’Oscar, sera, si vous le permettez, le lieu de notre réunion pour ce soir. Chacun de vous pourra prendre sa chaise avec soi — à la campagne comme à la campagne! — Quant à moi, je réclame l’honneur de m’asseoir sur le granit même de l’une des trois pierres qui soutiennent le dolmen.

La proposition fut adoptée à l’unanimité, et nous fûmes nous installer d’un commun accord à cinquante pas du chalet, autour du vieux dolmen, contre la terrasse du sémaphore ; car cet antique dolmen, posé là depuis plusieurs milliers d’ans par nos ancêtres, est maintenant englobé dans la grossière muraille de terre qui entoure le terrain d’un petit observatoire de marine.

Nous étions à peine installés, que l’historien ouvrait sa thèse comme il suit :

Je ne sais en vérité pourquoi l’antiquité classique a si complètement usurpé les plus beaux titres de gloire de notre propre patrie. Grâce aux soldats de César qui tirent la conquête du sol gaulois, grâce aux soldats du Christ qui tirent la conquête des intelligences, nous avons oublié nos origines. Je n’attache certes pas une valeur exagérée ni un sens militaire au mot de patrie; et j’ai l’espérance, au contraire, que le jour viendra où les patries nationales s'effaceront devant le sentiment sublime de la fraternité universelle, où les peuples cesseront de s’entr’égorger comme des esclaves de l'ambition dynastique, où la guerre et les haines se seront évanouies devant le soleil de l’humanité.... Mais en attendant qu’il n’y ait plus qu’un peuple sur la terre — ce que notre génération n’aura pas le bonheur de voir — je veux revendiquer pour notre beau pays de France la grandeur que nos études universitaires ont reportée à la Grèce et à l’Italie I Autour de moi s’élèvent encore les vénérables monuments du culte astronomique de nos pères ; la pierre où je suis assis est elle-même un vieux dolmen, les Ilots qui mugissent à mes pieds ont bercé les rêves des druides et des prêtresses du Gui ; là-bas, dans ces

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