‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 148 sur 179 · SI · texte numérisé non relu

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été observée à Ulm par Stoffler, et à Nurenberg par Bernard Walther. Elle commença à la Jamaïque vers 6 heures du soir. Toutes les circonstances indiquées par le calcul rétrospectif s'accordent parfaitement avec la description donnée par Colomb.

Annibal ne partageait pas non plus les superstitions de son temps; on raconte qu’ayant conseillé à Prusias de livrer bataille aux Romains, le roi de Bithynie ne le voulut point faire, alléguant que les entrailles des victimes s’y opposaient. « Ainsi, lui dit le conquérant carthaginois, vous préférez l’avis d’un foie de mouton à celui d’un vieux général !... »

Les éclipses, les comètes et même les planètes ont joué tour à tour les plus singuliers rôles. D'après Sénèque, la tradition astrologique des Chaldéens annonçait qu’un déluge universel serait causé par la conjonction de toutes les planètes dans le signe du Capricorne, et qu’un embrasement général aurait lieu sur la Terre au moment do leur conjonction dans le Cancer. « L’embrasement général du monde, s'écriaient encore les astrologues, arrivera lorsque les astres dominateurs du ciel, pénétrés d’une qualité chaude et sèche, se rencontreront dans une triplicité ignée. »

Partout et à toutes les époques, l’homme a pensé qu’une providence protectrice, veillant incessamment sur lui, cherchait à l'avertir des destinées qui l’attendent : de là les bons et mauvais présages tirés de ^apparition de certains corps célestes, de divers météores ou même de la rencontre fortuite de quelques objets inanimés ou de certains animaux. C’est ainsi que chez presque tous les peuples sauvages, ou demi-civilisés, les éclipses, l’apparition des comètes ont excité la terreur. Il y. a des milliers de présages bien moins importants, et qui ont une aussi grande influence sur certains individus. L'Indien de l'Amérique du Nord mourant de faim dans sa misérable cabane ne sortira pas pour aller à la chasse s’il a remarqué quelques présages dans l’atmosphère. 11 ne faut pas s’étonner de cette superstition grossière de l’homme inculte, quand une salière renversée, une glace brisée, une fourchette et un couteau placés en croix, le nombre treize dans une réunion de convives, etc., sont regardés journellement chez nous comme accidents de funeste augure.

— Les moindres événements , dit le professeur, étaient réputés surnaturels pendant les siècles d’ignorance. Ainsi, je lisais encore ce matin un vieux bouquin. Antiquités d’Orléans, dans lequel l’auteur rapporte qu’en 1462 la Loire fut glacée au mois de juin : ce que cet auteur attribue à un miracle. Louis XI ayant voulu (dit-il) faire enlever la bienheureuse Françoise d’Amboise, veuve de Pierre, duc de Bretagne, pour la marier au duc de Savoie, cette duchesse, qui avait fait vœu de chasteté, obtint par ses prières que la rivière se glaçât et qu'on ne pùt faire aucun usage des barques qui avaient été préparées !

L’emploi des sortilèges et de la divination se rattachait d’ailleurs à tout un ensemble de croyances. Les comètes, les éclipses étaient tenues presque par tout le monde pour des présages de calamités ou de grandes révolutions, opinion qui fut aussi celle de plusieurs Pères de l’Église . On prenait les météores pour des signes de la colère divine. On voit par saint Maxime de Turin que les chrétiens admettaient de son temps qu'il était nécessaire de faire du,bruit pendant les éclipses, pour empêcher les magiciens de nuire à l'astre, superstition toute païenne. On s’imaginait apercevoir dans l’air les armées célestes, les voir venir prêter aux hommes un appui miraculeux. On continuait de tenir les ouragans et les tempêtes pour l’ouvrage des esprits mauvais dont la rage se déchaînait contre la terre. Saint Thomas d’Aquin , le grand théologien du treizième siècle, accepte cette opinion, tout comme il admet la réalité des sortilèges.

— Les sortilèges me font souvenir, dit l’historien, de la tradition des habitants des Philippines dont parle Bailly, d’une ancienne querelle de la Lune avec le Soleil. La Lune, frappée dans le combat, accoucha de la Terre, qui se brisa en morceaux en tombant! Les habitants de l’ilindoustan ont une autre tradition, rapportant que les montagnes se révoltèrent autrefois contre les dieux ; alors elles volèrent en l’air, cachèrent le soleil, écrasèrent les villes. Un dieu accourut pour leur faire la guerre; il parvint à leur couper les ailes : elles furent précipitées de toutes parts, et la terre ébranlée en fut couverte. On trouve dans ces traditions les idées et les fables de la guerre des géants, qui, selon les Grecs, lancèrent des montagnes contre le ciel.

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