‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 169 sur 179 · LE CALENDRIER MODERNE. M · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER MODERNE. M

puissance romaine. Nous trouvons la période des sept jours employée dans des traités astronomiques hindous, mais postérieurs au cinquième siècle. Cette période ne leur appartient doue pas. Max Millier a montré qu’elle ne se trouve dans aucun des écrits de la littérature ancienne ou védique de l’Inde. Là on partage le mois en deux moitiés : la moitié claire, de la nouvelle à la pleine lune, et la moitié obscure, de la pleine lune à la nouvelle.

Dion Cassius, au troisième siècle, présente la semaine comme universellement répandue de son temps, et toutefois d’une invention assez récente, qu’il attribue aux Égyptiens; par quoi il veut sans doute désigner les astrologues de l’école d’Alexandrie, alors trèsoccupés à répandre les spéculations abstraites de Platon et de Pythagore. Car, pour les Égyptiens véritables, nous connaissons aujourd’hui parfaitement les noms ainsi que les attributs qu’ils donnaient aux planètes, et l’on ne trouve rien qui les rallie à la succession des jours, dont chacun avait sa divinité particulière attachée au rang qu’il occupait dans le mois. On pourrait, à la vérité, faire remonter l’invention jusqu’aux Chaldéens. On rencontre dans Tibulle (livre I élégie 3') l'indication du samedi comme jour néfaste, étant le jour de Saturne.

Il est incontestable que les noms français de la semaine dérivent des noms des sept planètes. Dans la semaine anglaise, le dimanche est encore désigné sous le nom du Soleil (Sunday), le second jour porte le nom de la Lune ( ilonday ). Dans la désignation des quatre jours qui suivent, les noms des divinités septentrionales ont pris la place de ceux des divinités grecques ; quant au septième jour, samedi ( Saturday ), jour de Saturne, on est revenu à la mythologie des peuples méridionaux. Les autres langues modernes nous feront faire tout à l’heure les mêmes remarques.

Ces dénominations peuvent tirer leur origine d’une pratique mythologique : celle de consacrer dans un certain ordre les diverses planètes aux vingt-quatre heures de la journée, et d’appeler chaque jour du nom de la planète qui présidait à la première heure.

Nous avons vu que, dans l’ancien système, les planètes, à partir de la circonférence du ciel, se succédaient dans l’ordre suivant jusqu’à la Terre centrale :

448 XV' SOIRÉE. — LE TEMPS ET LE CALENDRIER. Saturne. — Jupiter. — Mars. — Soleil. — Vénus. — Mercure. — Lune.

b TC? cf O 2 5 (J

Si nous supposons les vingt-quatre heures du jour consacrées chacune à une planète, et que, par exemple, la première heure de samedi soit consacrée à Saturne, la deuxième le sera à Jupiter, la troisième à Mars, etc., la huitième de nouveau à Saturne, ainsi que la quinzième et la vingt- deuxième. La vingt- troisième sera consacrée à Jupiter, la vingt-quatrième à Mars et la vingt-cinquième au Soleil : c’est la première du jour suivant qui s’appellera jour du Soleil.

Partons maintenant du jour du Soleil, et nous trouverons que la 8*, la 15' et la 22* heure lui reviennent. La 23* sera à Vénus, la 24* à Mercure, et la 25* ou la première heure du jour suivant, à la Lune.

En faisant la même opération sur toutes les autres planètes, on arriverait définitivement à l’ordre actuel des jours de la semaine :

Samedi, Dimanche, Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi.

b 0 ci & S TP 9

Dion Cassius déclare que les dénominations données aux jours de la semaine avaient pour but d’exprimer, sous une forme philosophique, les rapports occultes des parties du temps avec l’ordre des astres qui en règlent la succession ; et encore de rattacher, dans une même conception mathématique, les harmonies des mouvements célestes aux intervalles harmoniques des sons musicaux, deux grands sujets des spéculations imaginaires auxquelles se livraient les néopythagoriciens d’Alexandrie. Ce double mystère nous reporte à une seconde origine des noms de la semaine, à l’origine astrologique, qui se révèle par l'inspection de la figure ci-jointe, empruntée à Scaliger (de Emendatiane lemporum).

Divisons le contour d’une circonférence en sept arcs égaux, représentant les parties de l’heptacorde. Aux points de division, plaçons les signes du soleil, de la lune, et des planètes dans leur ordre apparent. Puis, joignons ces points de quatre en quatre, par une suite continue de cordes qui les sépareront par des intervalles de quarte. Alors, attribuant le premier jour à la lune, sui-

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