‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 168 sur 179 · LE CALENDRIER MODERNE · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER MODERNE

Jusqu’à ces derniers temps, chez les Italiens, on comptait tout d’un trait, vingt-quatre heures entre deux couchers du soleil.

On a cru justifier, dit Arago, cette méthode si défectueuse de régler les montres en disant que, dans un instant quelconque, elle apprenait aux voyageurs de quel nombre d’heures et de minutes de jour ils pouvaient disposer avant que la nuit les atteignit. Le soleil devant toujours se coucher à 24 heures d’une montre italique, si cette montre marque 21 heures, 20 heures, 19 heures, etc., c'est qu’il y a encore 3 heures, 4 heures, 5 heures, etc. de jour propre- « ment dit à courir. Mais de quel poids peut être un pareil avantage, quand on songe à l’inconvénient d'ètre obligé de toucher sans cesse le temps ( toccare il lempo), comme on dit de l’autre côté des Alpes? quand on réfléchit que les horloges italiques se concilient difficilement avec une vie méthodique; car les heures des repas, des tra. vaux, du repos, les heures où commencent et finissent les fonctions publiques ne sauraient être fixes dans un pareil système, et changent notablement, suivant les saisons.

Les Babyloniens, les Syriens, les Perses, les Grecs modernes, les habitants des îles Baléares, etc., ont pris pour commencement du jour le lever du soleil. Cependant, parmi les phénomènes astronomiques, il n’en est pas dont l’observation soit sujette à plus d’incertitude, à plus d’erreurs que celle du lever ou du coucher des astres.

Chez les anciens Arabes, suivis en cela par l’auteur de l'Almageste par Ptolémée, le jour commençait à midi. Les astronomes modernes ont adopté cet usage. Le moment de changer de date se trouve alors marqué sans équivoque par un phénomène facile à observer. Les astronomes modernes, ainsi que Ptolémée, comptent 24 heures consécutives entre deux midis.

Enfin, comme pour prouver que toutes les variétés possibles se rencontrent dans les choix abandonnés au libre arbitre des hommes, les Egyptiens, et parmi eux Hipparque, les anciens Romains, les Français, les Anglais, les Espagnols, ont invariablement fixé à minuit le commencement du jour civil. Copernic, parmi les astronomes modernes, suivait cet usage. Remarquons que le commencement du jour astronomique, quand il est réglé sur le midi, est postérieur de 12 heures au commencement du jour civil

— Sait-on d’où viennent les jours de la semaine et quelle est l’origine de leurs noms? demanda le navigateur.

— Parmi les divers auteurs qui ont discuté l’origine de la semaine, répondit l’astronome, les uns ont prétendu qu’une période ’epsept jours fut en usage chez tous les peuples de l'antiquité • Dautres ont soutenu que les Juifs seuls employèrent la semaine dans ces temps reculés.

La haute antiquité que l’on attribuait à la science indienne venait en aide à l'opinion fort répandue parmi les savants du dix-huitième siècle, que la semaine serait une institution commune à tous les peuples du monde et dont l’origine se perdrait dans la nuit des temps. Bailly, s'appuyant sur le rapport d’Hérodote (livre II), déclare que l’ordre général et si ancien des jours de la semaine est la preuve la plus singulière de son astronomie antédiluvienne. I.aplace lui-même, acceptant de confiance ces conjectures, en étendait encore les conséquences; et, dans l 'Exposition du système du monde, il présente la semaine, dans sa relation avec les sept planètes, comme le monument peut-être le plus ancien et le plus incontestable des connaissances humaines.

L’emploi de la semaine, comme période chronologique, a été, sans aucun doute, très-anciennement établi chez les Hébreux, puisqu’on la trouve mentionnée dans les premières pages de la Bible. Mais, contrairement aux assertions de Bailly, l’archéologie et l’érudition moderne n’en ont découvert aucune trace chez les autres peuples anciens de l’Orient et de l’Occident dont les documents originaux ont pu être étudiés.

Les Égyptiens des temps pharaoniques divisaient leurs mois en périodes de dix jours ; les Chinois pareillement. La supposition contraire n’a été qu'une induction trop éloignée, que l’on tirait des idées superstitieuses qui se sont attachées là, comme presque partout, au nombre vu. Elles n’entraînent nullement l’usage chronoogique d’une période hebdomadaire.

On sait aussi que la semaine n’était pas employée dans les anciens calendriers des Romains, où elle ne s’est introduite que par l’intermédiaire des traditions bibliques, et où elle est devenue d’un usage légal sous les premiers empereurs chrétiens. De là elle s’est propagée avec le calendrier julien chez les populations assujetties à la

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