MONNAIES ASTRONOMIQUES DE LA GAULE
Les plus antiques idées religieuses se rapportent i un culte des phénomènes naturels et des puissances physiques dont l'astronomie était la plus saisissante expression ; ces idées n’étaient donc point particulières à la Gaule, mais elle les avait adoptées en les revêtant de formes spéciales à son propre génie, et elle sut les garder presque intactes jusqu’au jour où elle perdit son indépendance.
Venues de l’Orient, ces idées religieuses dominèrent d’abord dans la Perse et l’Égypte, où deux puissantes théocraties les érigèrent en dogmes mystérieux dont elles conservèrent longtemps le dépôt sacré; puis elles envahirent la Grèce, où elles disparurent devant les nouvelles créations de l’anthropomorphisme : cependant elles n’étaient pas encore oubliées au temps du poète Anacréon, puisqu’il s’exprime ainsi à propos de la ciselure d’un vase d’argent :
« Ne représente pour moi, autour de ce vase, ni les astres, ni le Chariot, ni le triste Orion; je n’ai que faire des Pléiades et du Bouvier. » Le chantre lyrique de Téos ne veut voir sur ce vase qu’il commande à un artiste que des sujets mythologiques.... de son goût.
— On connaît Anacréon, interrompit le député.
— Est-ce un des auteurs classiques des pensionnats? demanda ingénument la jeune fille.
— Non, mademoiselle, répondit le député, car on ne peut le lire qu’en grec.
— Les mêmes tendances à reproduire des mythes astronomiques, reprit l’historien, nous sont révélées par les vases peints, et un grand nombre de types monétaires qu’adopta le monde grec, sans parler des plus connus : ceux d’Athènes, de la Crète, de Rhodes, de la Thessalie, de Chypre, d’Argos, de la Sicile, etc.
Ces mêmes idées religieuses, nées de l’ol servation du Ciel, furent de bonne heure familières égalemen* aux peuples de l’Italie et de la Gaule; mais, dans ce dernier pays, comme en Égypte et comme en Perse, elles devinrent l’apanage d’une théocratie qui, après en avoir fait un culte, s’en réserva l’enseignement et les traditions. C’est par ce lien étroit et direct que la Gaule demeura si longtemps
DEUXIÈME SOIRÉB.