LA GAULE
Aï
rattachée aux plus anciennes civilisations qui avaient d’abord éclairé le monde.
Ce furent donc les druides qui firent frapper les monnaies et imaginèrent ces types bizarres combinés avec des symboles, à la fois religieux et astronomiques; seuls, ils eurent le droit de changer quelque chose aux mystérieux caractères de cette langue sacrée et d'en communiquer la clef explicative, soit à leurs disciples, soit à un petit nombre d’initiés.
— D'où pensez-vous que proviennent ces signes et ces caractères? demanda le député.
— Des époques les plus anciennes; ils se retrouvent presque tous sur les armes et ustensiles de l’âge de bronze : les uns, comme les cercles concentriques ponctués, le croissant avec un globule ou une étoile, la ligne en zigzag, furent usités en Égypte où ils servaient à désigner le Soleil, le mois, l'année, l’élément fluide; ils paraissent avoir eu en Gaule la même signification. Les autres signes comme le </>, et ses combinaisons multiples, les cercles centrés, groupés, deux et un; les anelets, les caractères alphabétiques rappelant la forme d’un astérisme, la rouelle à quatre rayons, les trisquèles, les disques rayonnés, etc., sont tous représentés à leur tour, sur les armes de bronze trouvées dans les pays celtes, germains, bretons, Scandinaves, etc.
Ce serait donc jusqu'à cette période reculée et fortement empreinte du génie oriental qu’il conviendrait de faire remonter les origines du symbolisme celtique. On a pu prétendre, non sans motifs raisonnables, que cette époque, d’ailleurs contemporaine des établissements phéniciens sur les côtes de l’Océan, fut pour la Gaule un âge de civilisation et de progrès ; ses idées religieuses se modifièrent en même temps qu’elle acquérait de justes notions en astronomie et dans l’art de fondre les métaux. Beaucoup plus tard, la théocratie druidique ayant, avec un soin religieux, conservé les symboles de ses plus anciennes traditions, voulut les produire comme type sur les monnaies qu’elle fit frapper.
Ce fait capital se manifeste d’une manière incontestable sur les grossiers essais du monnayage gaulois, et cet état do choses se perpétue même à travers l’époque la plus florissante de l’art, sur les