‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 33 sur 179 · PREMIÈRES IDÉES ASTRONOMIQUES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES IDÉES ASTRONOMIQUES

à un âge devant lequel s'évanouit la petite histoire de notre civilisation hébraïco-chrétienne et gréco romaine. Le Rig-Véda! antique épopée de la vieille humanité, écrit dans la langue aryenne, sur les bords de l’Oxus, d’où descendirent les Gaulois nos ancêtres.

Système primitif du monde, chez les Aryas, les Grecs et les Latins

L’humanité enfant a fait ce que nous faisions nous-mêmes étant enfants : elle s’est représenté le Ciel comme une voûte posée sur une plaine indéfinie.

Nos grands-oncles les Aryas de l’Inde et nos grands-pères les

Aryas de l’Europe ont tracé dans leur « Livre des Hymnes » la pre mière esquisse de la nature extérieure contemplée par l’homme. Ils vivaient avec celte nature dans une intimité dont nos mœurs modernes nous ont entièrement éloignés, et que nous ne savons plus comprendre. Quelle simplicité ! quelle enfantine naïveté dans la première traduction de leur pensée observatrice! Sous quel aspect l’univers extérieur nous apparaît-il tout d'abord? La Terre, surface plane indétinie, être passif formant la base du monde ; le Ciel, voûte lumineuse et variable sous laquelle la lumière rayonne et féconde. Aussi, voyez; ils appellent P’RTHOVI « la vaste étendue ,• la surface de la Terre; ils nomment VARUNA * la voûte, » le Ciel étoilé ou azuré; ils placent, sous cette voûte, la région des nuages, où trône la lumière DYAUS, c’est-à-dire l’air lumineux.

Rien au monde n’est si simple que ce système primitif, ajouta l'astronome ; le voici tout entier en trois traits, fit-il en traçant sur un cahier une ligne horizontale représentant la Terre plane indéfinie, et une voûte figurant lo Ciel.

C’est là, continua-t-il, la première idée que tous les peuples se sont formée de l'univers. Chez les Grecs, nous voyons le nom du Ciel exprimant la même supposition d’une voûte : c’est xolXo;, creux, concave. La Terre est r»i, c'est-à-diré la mère, la génératrice. Chez les Latins, le nom du Ciel, Calum, a la même signification que chez les Grecs. La Terre, Terra, vient du participe passé Tersa (l’élément sec), par opposition à mare, l’élément humide. Ainsi se révèlent dans les significations des mots l’idée, l'impression qui les a formés.

— Ah ! dit l'historien, je reconnais là le grand système étymologique de mon ami Chavée. Mais je n’y crois pas fort. Vous serez peut-être bien étonnée, madame la marquise, si l’on vous assure que l’origine du nom de Jupiter et du nom de Dieu est déjà dans cette figure élémentaire.

— Comment cela? fit la marquise.

— Mais, en effet, répliqua l’astronome, ne voyez-vous pas :

Que de : Dyaus (l’air lumineux)

on a fait : Zsu «, c’est-à-dire : '/.eus,

et ensuite : Dios.... — 0to;.... — Deus.... — Dieu

et. en ajoutant Père : üios-pater, — Zeus-patcr, — Jupiter.

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