L’ASTRONOMIE, LA PLUS ANCIENNE DES SCIENCES
robe par Cambyse dans les temps où les Perses conquirent l’Égvpte.
Les Thébains d’Égypte se disaient les plus anciens des hommes, et prétendaient que la philosophie et l’astrologie avaient été inventées chez eux, leur pays étant très -favorable pour observer, sur un ciel pur, le lever et le coucher des astres. Ils avaient aussi distribué les mois et les années d’après une méthode qui leur fut longtemps particulière, comptant les jours, non d'après la Lune, mais d’après le Soleil ; chaque mois de trente jours, et ajoutant cinq jours et 1/4 aux 12 mois pour compléter ainsi le cycle annuel. Ils n'avaient pas recours, comme les Grecs, aux mois intercalaires ou à des soustractions de jours. Ils paraissent aussi avoir su calculer les éclipses de Soleil et de Lune de manière à pouvoir en prédire avec certitude les différentes phases.
En suivant le récit de Diodore de Sicile, continua l’historien, nous voyons que « lesChaldéens étaient les plus anciens des babyloniens, et formaient, dans l’État, une classe semblable à celle des prêtres en Égypte. Institués pour exercer le culte des dieux, dit-il, ils passent toute leur vie à méditer les questions philosophiques, et se sont acquis une grande réputation dans l’astrologie. La philosophie des Glialdéens est une tradition de famille; le fils qui en hérite de son père est exempt de toute charge publique. Ayant pour précepteurs leurs parents, ils ont le double avantage d'apprendre toutes ces connaissances sans réserve, et d’ajouter plus de foi aux paroles de leurs maîtres. »
Pendant les nuits tièdes de leurs chaudes latitudes, ils sc réunissaient au sommet de ces pyramides en gradins dont « la Tour do Babel » est restée un exemple, et au lever de la Lune derrière les noirs obélisques, étudiaient les positions des constellations zodiacales, le Lion, les Gémeaux, le Taureau, les étoiles d’Orion dominant le Ciel pur.
Ce que l’on ne sait pas assez, c’est que l’astrologie, c’est-à-dire la recherche de l’influence apparente des astres sur les saisons, sur les animaux et sur les hommes, constituait à vrai dire toute l’a*ironomie primitive et l'absorbait. Les choses ont bien changé depuis I Les Chaldéens étudiaient à ce point de vue les étoiles de l'été
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et celles de l’hiver, les coïncidences des planètes avec certains phénomènes. Ils appelaient les cinq planètes interprètes, * parce que, dit Diodore, douées d'un mouvement particulier déterminé que n’ont pas les autres astres (étoiles) qui sont fixes et assujettis à une marelle régulière, elles annoncent les événements futurs et interprètent aux hommes les desseins bienveillants des dieux. »
En dehors du cercle zodiacal, ils avaient déterminé la position de 24 étoiles dont une moitié au nord et l’autre au sud ; ils les appelaient juges de l'univers; les étoiles visibles étaient affectées aux êtres vivants, les étoiles invisibles aux morts. ■ La Lune se meut, ajoutent les Chaldéens, au-dessous de tous les autres astres ; elle est la plus voisine de la Terre en raison de sa pesanteur; elle exécute sa révolution dans le plus court espace de temps, non pas par la vitesse de son mouvement, mais parce que le cercle qu’elle parcourt est trèspetit ; sa lumière est empruntée, et ses éclipses proviennent de l’ombre de la Terre. » Quant aux éclipses de Soleil, ils n'en ont jamais donné que des explications très-vagues, n’osant ni les prédire, ni en déterminer les époques. Ils professaient des opinions tout à fait particulières à l’égard de la Terre : ils la représentaient comme étant creuse, sous forme de nacelle. Diodore ajoute que depuis leurs premières observations astronomiques jusqu’à l’invasion d’Alexandre, ils ne comptaient pas moins de 473 000 ans. liérose dit 490000; Epigènes 720000.
Ces années ne sont que des jours. Epigènes nous apprend que leurs observations étaient gravées sur des briques. Il y en eut peutêtre d’abord une pour chaque jour. On compta le temps écoulé par le nombre de ces briques. Les 720 000 années d’Épigènes étant supposées des jours, ne font plus qu’environ 1971 années solaires : ce qui est d’accord avec le rapport de Simplicius, qui dit que Callisthènes envoya à Aristote leur série d’observations embrassant 1903 années.
Les Assyriens, les Chaldéens et les Perses habitaient l’Asie depuis le fleuve Indus jusque vers la Méditerranée. On nt compte ordinairement dans cette partie de l’Asie que deux anciens empires, ceux de Ninive et de Babylone, Mais il semble qu’on peut en ajouter un troisième, celui des Perses, dont le siège fut établi à Persépolis, qui