‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 55 sur 179 · FORMATION DU ZODIAQUE. - CHEMIN DE LA LUNE · texte numérisé non relu

FORMATION DU ZODIAQUE. - CHEMIN DE LA LUNE

— Plus tard, reprit l'astronome, on reconnut que le Soleil suit sensiblement la même route céleste, et cette route fut principalement regardée comme celle de l’astre radieux.

— Je ne sais quel air mystérieux ont ces signes, reprit l’historien, mais c’est peut-être à leur aspect cabalistique qu’ils doivent leur grand succès dans l’ornementation architecturale.

— En effet, on les a mis un peu partout, dit le député , comme les décorations.

— Je les ai vus entre autres, continua le commandant, sur le portique de l’église de la ville de Cognac, qui renferme le Zodiaque chaldéen, dont chaque signe porte un des travaux d’IIercule. Je l’ai remarqué aussi sur le portail nord de Notre-Dame de Paris, sur la basilique de Saint- Denis et la cathédrale de Strasbourg.

La façade du palais du Luxembourg porte, en or, la moitié du Zodiaque, mais renversée.

Cette représentation n’est pas rare, et il serait du reste fort long d’énumérer ici tous les monuments sur lesquels le Zodiaque a été sculpté.

On est même, ajouta encore le capitaine de frégate, précisément occupé à construire en ce moment-ci, à Cherbourg, de nouveaux signes du Zodiaque, appelés au plus grand succès, s’ils correspondent à l’argent qu’ils ont coûté.

— Que voulez- vous dire?

— Oui : le Bélier, le Taureau vont être lancés à la mer. Ce sont des frégates cuirassées en forme de cigare, qui perceront les navires anglais comme une motte de beurre....

— Cet antique et illustre Zodiaque, reprit l’astronome, a dû être composé avant que toute la sphère fût établie, parce que l’attention s’est tout d’abord portée sur la route apparente des deux astres principaux. Nous avons déjà vu, hier soir, que le pôle de l’écüptiquo est marqué sur les anciennes cartes avec un nom particulier. Comment cela s’est-il fait? L’étoile la plus voisine du pôle de l'équateur a dû, en tout temps, attirer l’attention ; car on n’a pu s’empêcher de remarquer qu’elle reste seule immobile, quand le ciel entier semble tourner sur elle comme sur un pivot; et il était naturel de la regarder comme centre de tous les mouvements de la voûte étoilée. Cependant,

en traçant les constellations, on a négligé absolument d’indiquer la place de l’étoile polaire, tandis qu’on a indiqué, avec beaucoup de soin, le pôle de l’écliptique par les replis du Dragon : on ne saurait supposer qu’à cette époque où la science astronomique était encore à son berceau, on eût connu l'instabilité de l’étoile polaire; c’est une découverte qui demande l’observation de plusieurs siècles; il faut donc croire, qu'ayant l’intention de distinguer particulièrement la route annuelle du Soleil, on a jugé convenable de désigner le pôle de l’écliptique comme centre de cette route.

Les Pléiades, le Taureau sont, comme nous l’avons vu, parmi les plus anciennes constellations. On remarque qu’au temps d’Hésiode, les Pléiades divisaient l’année rurale en deux parties. Leur coucher le matin marquait le commencement de l’hiver, leur lever le matin marquait le commencement de l’été. On trouve dans les calendriers que le septième jour après l’équinoxe de l’automne, les Pléiades se montraient le matin et le soir. Ce phénomène a dû arriver vers l’an 2200 avant J. G. Selon Pline, il y avait une ancienne astronomie publiée sous le nom d'Hésiode, dans laquelle le coucher visible des Pléiades, au lever du soleil, était marqué le jour même de l’équinoxe d’automne. Cette coïncidence n’a pu avoir lieu que Tan 2278 avant J. C. Ptolémée dans son calendrier latin marque le lever des Pléiades le soir, sept jours avant l’équinoxe d'automne; il fallait que cette constellation précédât l’équinoxe du printemps d’environ 10'. Comme elle a aujourd’hui 56* de longitude, il faut qu’il se soit écoulé 4870 ans, et par conséquent que cette observation ait été faite 3000 ans avant notre ère.

La date probable du Zodiaque des Perses s’accorde avec les précédentes. Anquetii, dans sa traduction du Zend-Avesta, nous donne quelques détails sur les idées des anciens Perses à l’égard des étoiles. Ils les regardent comme une multitude de soldats, expression qui répond a celle de l'armée céleste, dont il est si souvent mention dans l’Écriture. Ils disent (sans doute pour donner l’idée du grand nombre des petites étoiles) qu’il y en a 486 000. Quatre grandes étoiles sont, selon eux, les surveillantes des autres: ces étoiles sont Taschter, qui garde Test; Sateris, l’ouest; Vénand, le midi; Haslorung, le nord.

Or, il y a 5000 ans, les étoiles étant moins avancées de 60*, Aldébaran était précisément dans l’équinoxe du printemps. Antarès ou le Cœur du Scorpion se trouvait aussi précisément dans l’équinoxe d’automne : voilà le gardien de l'ouest. Régulus n’était qu’à 10' du solstice d’été et Fomalhaut à 6“ du solstice d’hiver. Ces quatre étoiles de la première grandeur, toutes très-brillantes et très-remarquables, forment une division du Ciel en quatre parties presque égales, qui a trop de rapport avec celle des Perses pour n’y pas reconnaître une identité parfaite, et pour ne pas déterminer à 5000 ans la date de cette division du Zodiaque au moins en quatre parties. En outre, comme il est question dans le même ouvrage de la division du Zodiaque en 12 et en 28 parties, il y a tout lieu de croire qu’elles sont de la môme antiquité. Remarquons que les Chinois ont aussi quatre anges, ou esprits, qui président aux quatre quarts de l’année, c’est-à-dire aux quatre quarts du Zodiaque. Taschter est si bien l’étoile Aldébaran, qu’il est chez les Perses le génie qui préside à la pluie. Nous avons vu que chez les Grecs Aldébaran ou les Hyades étaient des astres pluvieux. Les Perses le représentent avec un corps de taureau et des cornes d’or, comme a fait Virgile.

— Messieurs 1 s'écria la marquise, je demande à faire une observation. Voilà plusieurs fois que vous parlez du déplacement des étoiles de siècle en siècle en vertu de la précession des équinoxes. Mais vous ne nous avez pas expliqué en quoi consiste ce mouvement?

— Dans notre première soirée, répondit l'astronome, nous avons vu que la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil. A ce mouvement diurne et à ce mouvement annuel, nous devons ajouter une espèce de seconde rotation du globe sur lui-même, rétrograde et excessivement lente, qui ne demande pas moins de 25 870 ans pour s’accomplir. Outre ses mouvements apparents diurne et annuel, le ciel offre donc une translation séculaire d’ouest en est. En un an ce déplacement n’a pour ainsi dire que l'épaisseur d’un cheveu ; en 72 ans il mesure un degré, c’est-à-dire la 360’ partie de la circonférence entière. En 6000 ans le ciel entier a tourné d’un quart environ, en 12 935 ans de la moitié, et en 25 870 ans les étoiles se retrouvent au point qu’elles occupaient 25 870 ans auparavant. Nous avons

vu d’ailleurs, dès notre première soirée, que le Soleil décrit en un an les signes du Zodiaque. Au bout d’un an juste il n’arrive pas absolument au point où il était un an auparavant, et l’équinoxe du printemps, par exemple, ne coïncide pas avec la même étoile. Le retour du Soleil à la même étoile (année sidérale) surpasse le retour au même équinoxe (année tropique). Chaque année il y a 50 secondes d’arc de moins pour celle-ci. La rétrogradation d’un signe entier du Zodiaque, ou 30°, exige 2156 ans.

Nous avons vu dans notre première soirée (voyez p. 14) que le 21 mars le Soleil se projette actuellement sur la constellation des Poissons. Il est curieux de voir de siècle en siècle l’équinoxe marcher le long des signes. Voici une ligure qui montre comment le

Déplacement séculaire de l’équinoae de printemps et révolution entière du ciel étoilé en 25 870 ans.

printemps arrive successivement dans chaque constellation pendant la grande révolution de 25 870 ans.

Dans le même temps le pôle se déplace parmi les étoiles; l’étoile

polaire est remplacée de siècle en siècle. Dans 12 000 ans nous aurons Véga qui frise maintenant l’horizon. Nous avons déjà vu que k du Dragon était l’étoile polaire 1326 ans avant notre ère, et « 2850 ans. Voici du reste la marche séculaire du pôle. C’est le pendant de la rétrogradation du Zodiaque.

Déplacement séculaire du pôle, étoiles qui ont été et deviendront polaires pendant le cours de 25 870 ans.

Ce déplacement séculaire des étoiles en vertu de cette lente rotation du globe (causée par l'attraction du Soleil sur le renflement équatorial de la Terre) présente l’un des éléments fondamentaux de 17iijioire du Ciel.

— Nous pouvons maintenant entamer la question de l’antiquité du Zodiaque. Le mouvement du ciel lui-même nous fournira nos dates. Quel fut le premier signe du Zodiaque? ou en d’autres termes, à quelle époque a-t-il été adopté? Du temps d’Hipparque, l’équinoxe du printemps commençait au 1" degré du Bélier, et en-

core aujourd'hui l’Annuaire du bureau des longitudes, la Connaissance des temps, et tous les almanachs d’Europe annoncent que le Soleil entre le 21 mars dans le Délier, tandis que la première étoile du Délier, l’étoile fi, est à I h. 47 m. de la ligne de l’équinoxe, ou origine des ascensions droites, de sorte que le Soleil n’y arrive plus que le 18 avril. L’équinoxe rétrograde d'un signe en 2156 ans ou de 50" par an. Hipparque vivait 128 ans avant J. C., c’est-à-dire il y a 1995 ans : mettons 2000. L’équinoxe était donc de son temps de 27° 47' plus à l’est, c’est-à-dire précisément vers p du Délier. 2100 ans auparavant, il passait par les Pléiades.

Continuons cette rétrogradation curieuse. 2000 ans encore avant cette dernière date, c’est-à-dire il y a environ 6000 ans, l’équinoxe du printemps passait aux dernières étoiles du Taureau, non loin da la Voie lactée et au-dessus d’Orion. Or, je crois pouvoir affirmer que le Zodiaque existait déjà à cette époque, et que le Taureau fut considéré à cette époque (de l’an —4000 à l’an — 2000), par un grand nombre de peuples, comme la première constellation du Zodiaque.

— J’ai comme vous sur ce point des témoignages historiques fort respectables, dit l’hislorien.

— Et moi, répliqua le pasteur, si vous le permettez, je vous of- * frirai l’un des plus extraordinaires sans contredit.

— Lequel? fit vivement l’astronome.

— La Cabale, ou science secrète primitive des Hébreux.

— ’Oh! fit le capitaine, n’allez-vous pas trahir le serment?

— Je ne l’ai point prêté, répondit le pasteur.

— Et au surplus, répliqua le député do l’opposition, on a déjà vu certains serments augustement trahis.

— Mais comment connaissez-vous la Cabale si vous n’avez pas prêté le serment? reprit l’astronome.

— En m’initiant moi-même. Eh bien I dans la Cabale, notre génération adamique a commencé au signe du Taureau, auquel correspond (en face) le Scorpion — en hébreu : pique-talon — instrument de perdition.

— Comment établissez-vous cette correspondance ? dit avec gravité l’historien, pendant que les rangs se resserraient pour écouter plus attentivement.

PilÉCESSION DES EQUINOXES. 1V7

— Par l'ordre même des signes du Zodiaque, répondit le pasteur. Ainsi, en nous reportant au cercle des signes du Zodiaque tracé tout à l’heure par notre astronome, nous voyons que le Taureau occupé par le Soleil il y a 6000 ans, a en face de lui, à l’opposé, le Scorpion. Cette première ligne est le symbolisme d’Adam dans le paradis. Le mot Taureau veut dire à la fois I, ou Aleph, et Dieu. Étymologiquement, c’est l’ère primitive de Dieu, qui a été détruite par le tentateur.

La doctrine secrète des anciens Hébreux place toujours le Taureau au commencement. Je vois par exemple sur leur Zodiaque, d'abord l’œil du Taureau (Aldébaran) dirigé vers Jéhovah. L’addition de ces deux mots : mm lie (de Jéhovah le Taureau) donne le nombre 532, grand nombre astronomique. Vous savez que les lettres de l’alphabet hébraïque ont une valeur numérique, dont l’interprétation cache souvent le vrai sens des phrases.

Après le Taureau on voit dans le même Zodiaque la porte à deux battants H qui signifie les Gémeaux, et ainsi de suite.

.Mais suivons la marche séculaire du Zodiaque en vertu de la précession des équinoxes.

D'après la même science antique, au Taureau a succédé le Bélier, agneau pascal, auquel correspond, en face, la Balance, établissement de la justice.

Depuis le commencement de noire ère, nous sommes dans l'âge des Poissons : or le mot Poisson en grec est IX0Y2, dont vous connaissez les significations initiales : lr,*ou; Xsisio; 8«ou Tioç XwTr.p, Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur, auquel correspond la Vierge.

— Oh! ceci est bien remarquable, s'écria la femme du capitaine.

— Mais, dit la marquise, à propos de Poissons, je vous dirai que le petit plateau de vermeil sur lequel sont portées les burettes à ma chapelle porte en relief deux poissons rattachés par un ruban.

— Les Poissons du Zodiaque! répondit l'historien, qui sont aussi ceux du symbolisme théologique et sont sculptés sur les anciennes pierres des catacombes.

— Voilà des âges passés qui nous intéressent, dit le député, mais pour les âges à venir?

— Nous sorlirous des Poissons l'an 2000, reprit 1e pasteur, pour entrer dans le Verseau, auquel correspond le Lion (de la tribu de Juda); c’est , un âge de force calme et de perfection.

— Et après î

— Après, nous entrerons dans le Capricorne, mauvais signe entre tous! auquel correspond le Cancer plus terrible encore. Hélas! d'après la Cabale, ce serait la Un de notre monde, de notre humanité, notre race ne pouvant traverser de .pareils signes.

— Dans combien de temps? demanda l’une des jeunes filles.

— Pas avant deux mille cinq cents ans....

— Oh ! fit-elle, nous avons encore le temps de respirer.

— Tout cela n’empêche pas, ajouta l’historien, que cette correspondance cabalistique ne soit vraiment fort curieuse et bien extraordinaire puisque très-certainement le Ciel ne se mêle pas des affaires de la Terre, et que l’orbite apparente du Soleil dans les signes du Zodiaque comme les rétrogradations des points équinoxiaux est le résultat tout à fait fortuit des mouvements de la Terre.

— Nous ne savons pas, répliqua le pasteur, si des lois suprêmes ne relient pas les événements du monde spirituel aux mouvements du monde matériel I

— Quant à moi, ajouta l’astronome, ce que je conclus simplement de cet exposé du système astrologique de la Cabale, c'est qu’elle s'accorde avec mes recherches astronomiques pour placer le signe du Taureau sur la première ligne.

— J’y adjoindrai un nouveau témoignage, issu de la Perse, dit l'historien.

La première division du Zodiaque, exécutée lorsque l'équinoxe répondait au dernier degré du Taureau ou au premier des Gémeaux, me parait hors de doute, ainsi que l’époque qui en résulte. Les Persans désignent successivement les signes du Zodiaque par les lettres de l’alphabet. La première, c’est-à-dire la lettre A, désigne le signe du Taureau, la lettre 11, le signe des Gémeaux, etc.

Le Taureau était donc alors le premier des signes. On trouve encore quelque chose d’analogue à la Chine. Le P. Gaubil a constaté que les Chinois ont, dès l’antiquité, rapporté le commencement du mouvement apparent du Soleil aux éioiles du Taureau.

Les Chinois divisaient le Zodiaque ou, pour mieux dire, l’équateur en 28 sections ayant chacune une étoile à leur tète.

La division qui contient l’équinoxe du printemps en 2357 avant notre ère, c'est-à-dire il y a 4224 ans, est l’étoile ri des Pléiades, de troisième grandeur, qui a maintenant 54 degrés d’ascension droite.

— Ces Chinois m’intéressent, continua l’hislorien. Quel peuple ancien ! C’est vers le trentième siècle avant notre ère qu'une co - Ionie d’étrangers venant du nord-est arriva en Chine, alors sans histoire et peuplée d’indigènes chasseurs. Jusqu’au vingt-deuxième siècle, où un calendrier luni-solaire était déjà officiellement établi, la Chine resta une sorte de république. A cette époque le président Yao organisa les rites astronomiques qui durent encore. Ensuite régna la famille des Ilia, et l’agriculture fut organisée dans tout l’empire comme devant contituer sa force virtuelle. Cinq siècles après, cette famille fut détrônée par celle des Chang, à laquelle succéda, au douzième avant notre ère, celle des Tcheou, dont le chef était l’empereur Wou-wang, qui éleva le fameux observatoire de « la Tour des Esprits. » A cette époque, c'est-à-dire 1100 ans avant notre ère, on observa que le solstice d’hiver arrivait près de « Verseau, ce qui correspond pour l’équinoxe du printemps à l’étoile e du Bélier.

— Si, d’une part, on a observé en Chine l’équinoxe aux Pléiades il y a 4224 ans, reprit l’astronome, nous avons aussi chez les Grecs et les Latins des vestiges qui prouvent que le lever des Pléiades le matin, avant le lever du soleil, annonçait le retour du printemps. D’abord leur nom latin vergilix, qui certainement fait allusion au printemps. D’ailleurs Censorin nous apprend qu’il y avait des peuples qui commençaient leur année au lever des Pléiades, comme les Égyptiens au lever de la Canicule.

— On trouve aussi cette tradition dans le livre de Job, dit le pasteur. Goguet établit avec vraisemblance que dans ce livre le mot Rimah signifie les Pléiades. Dieu dit à Job : « Pourrez-vous lier les délices ou les voluptés de Rimah, et ouvrir les liens de Reül! Êtes-vous capable de faire paraître les Mazaroths chacun dans leur temps? » Refil est le Scorpion, Rimah est une constellation opposée : Rimah annonçait le renouvellement de la nature, et Refil son engourdissement. La racine du mot Mazaroth signifie ceindre, environner. Aucune

no SIXIÈME SOIRÉE. — LE ZODIAQUE.

dénomination, dit Goguet, no convient mieux aux signes du Zodiaque. C’est même le nom par lequel on a désigné originairement ce cercle de la sphère. Ce passage prouve donc que les Pléiades et les signes du Zodiaque étaient connus du temps de Job; il signifie : « Pourrez-vous, lorsque Rimah paraît, lier, arrêter la fécondité de la Terre, empêcher quelle ne produise alors des fleurs et des fruits? • Du temps de Job, Rimah ou les Pléiades annonçaient donc le retour du printemps, il fallait par conséquent qu’elles précédassent l’équinoxe de quelques degrés.

— Dans l’ancienne langue des Perses, répliqua le professeur, les Pléiades étaient appelées Pet-riz, qui signifie poisson. La forme longue de cette constellation peut avoir en effet quelque ressemblance avec la figure d’un poisson. Or, les Indiens dans leur Zodiaque trèsancien n’ont qu’un poisson au lieu des deux que nous y plaçons ; ne pourrait-on pas croire que les Pléiades répondaient à ce signe lorsqu’il reçut son nom?'

— Je crois, mes chers amis, répondit l’astronome, que dès à présent nous pouvons conclure que les signes du Zodiaque étaient établis dans le temps où les Pléiades annonçaient te retour du printemps, ce qui leur donne une antiquité de 5000 ans.

— Mais je ne vous ai pas tout dit sur les Juifs, reprit le pasteur. Leur vieille science nous témoigne aussi bien qu’aucune autre de la théologie astronomique primitive.

Le livre des Rois , dans la Hible, met l’adoration des douze signes sur la même ligne que celle du Soleil et de la Lune.

C’était, en effet, une croyance reçue dans tout l’Orient, que la doctrine des Sabéens et des Mages (à laquelle le zodiaque se rattache évidemment) remontait aux premiers patriarches.

Ou nous nous abusons beaucoup, dit Creuzer, ou il ne sera pas très-difficile de démontrer que la plupart des théogonies et leur intime connexion avec le calendrier religieux supposent sinon le zodiaque, tel que nous le connaissons, du moins quelque chose de très-analogue, et qu’il préexistait en quelque sorte au sein de toutes les mythologies, sous des formes diverses, lorsqu’un concours de circonstances vint le coordonner dans cet ensemble astronomique plus complet et plus déterminé que nous possédons.

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