HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE. - GRÈCB
teur indéfinie. Il était • de nature ignée, un pur air de feu, rayonnant de lumière, doué d’une ténuité extrême et d'une éternelle activité. » Cette définition répond à l’étymologie véritable (atOav, brûler) qu’Aristole et Platon altérèrent plus tard d’une manière assez étrange, quand ils voulurent, par goût pour les conceptions mécaniques et en jouant sur les mots, y retrouver le sens de rotation perpétuelle, de mouvement circulaire. Les anciens, dans leur conception de l’éther, n’avaient point été inspirés par une analogie quelconque avec l’air des montagnes, plus pur et plus dégagé de vapeurs que l’air des régions inférieures; ils n’avaient pas songé davantage à la raréfaction progressive des couches atmosphériques ; et comme d’ailleurs leurs éléments exprimaient les divers états physiques de la matière sans avoir aucun rapport avec la nature chimique des corps, il faut chercher l’origine de leurs idées sur l’éther dans l’opposition normale et primitive du pesant avec le léger, du bas avec le haut, de la terre avec le feu. Entre ces deux termes extrêmes, se trouvaient deux autres états élémentaires : l’eau, plus voisine de la terre pesante ; l’air, plus semblable au feu léger.
Le premier des Grecs que l’on peut regarder comme un astronome, celui qui porta dans la Grèce les fondements de l’astronomie, fut Thalès, qui naquit à Milet 641 ans avant J. C. Ses opinions étaient que les étoiles sont de la même substance que la Terre, mais de cette substance enflammée ; que la Lune emprunte sa lumière au Soleil, qu’elle est la cause des éclipses de cet astre, et qu’elle s’éclipse elle-même en entrant dans l’ombre de la Terre; que la Terre est ronde et peut être partagée en cinq zones, au moyen de cinq cercles, qui sont l’arctique et l’antarctique, les deux tropiques et l’équateur; que ce dernier cercle est coupé obliquement par l’écliptique, et perpendiculairement par le méridien. Il apporta donc dans la Grèce la connaissance des cercles de la sphère. Jusque-là ce qu’on avait entendu par la sphère n'était que la description des constellations. Ces connaissances ne se répandirent pas vite, car deux siècles après Thalès, Hérodote, un des plus beaux génies de la Grèce, en était encore assez peu instruit pour dire en parlant d’une éclipse : le Soleil abandonna sa position, et la nuit prit la place du jour.
186 SEPTIÈME SOIRÉE
Vient ensuite Anaximandre, auquel on doit l’invention des cartes géographiques.
Anaximène suivit les opinions d’Anaximandre et de Thalès. On lui attribue d'avoir supposé la Terre plate, tandis qu’il est très-sùr que Thalès la croyait ronde. Peut-être les cartes qu’Anaximandre avait dressées, ont-elles produit cette erreur. Ces deux philosophes supposèrent les cieux formés de terre, c’est-à-dire d’une matière solide et dure. Nous l’avons vu, en effet, quand on a réfléchi sur le mouvement qui entraîne toutes les étoiles de l’Orient vers l’Occident, en conservant leur ordre et leurs distances, on a pu penser d’abord que le ciel était une enveloppe sphérique et solide, à laquelle les étoiles eussent été attachées comme des clous.
— A cette époque, dit l’historien, les Grecs, qui n’avaient point de cadrans ni d’horloges, ne connaissaient les divisions du jour, ou les heures, que par l’ombre du soleil. L’heure du dîner était fixée lorsque l’ombre était de dix, de douze pieds, etc. On avait des esclaves dont les fonctions était d’examiner l’ombre, et d’avertir du moment où elle avait la longueur fixée.
— Nous nous entretiendrons un de ces soirs des différentes formes du calendrier, reprit l’astronome. Quant à notre esquisse de l’histoire de l’astronomie en Grèce, je puis répéter ici ce que j’ai dit plus haut sur Anaxagore de Clazomène. Il enseignait que les régions supérieures, qu’il appelait l’éther, étaient remplies de feu, et il ajoutait que la révolution rapide de cet éther avait enlevé des pierres, ou des masses considérables de dessus la terre, lesquelles s’étant enflammées avaient formé les étoiles.
Nous avons déjà parlé du fameux aérolilhe d’Ægos Potamos. La deuxième année de la lxxviii' olympiade, il tomba du ciel, en plein jour, une pierre auprès du fleuve Égos, dans la Thrace. On la montrait encore au temps de Pline. La date de cet événement a été consignée dans la chronique athénienne, à l’année 1113 de l’ère attique ou de Cécrops. Ce prodige donna lieu au philosophe de conclure que la voûte céleste était composée de grosses pierres, que la rapidité du mouvement circulaire tenait éloignées du centre, et qui y tomberaient sans ce mouvement.
En rapportant cet épisode, Bailly iyoute que « si le fait est