‹ Histoire du cielChapitre 109 sur 151 · HIPPARQUE. - ÉRATOSTHÈNES. — STRABON · texte numérisé non relu

HIPPARQUE. - ÉRATOSTHÈNES. — STRABON

■ les lois de la physique s'accordent avec les calculs pour prouver que la longueur de la Terre habitée doit être prise du levant au couchant. • Cette longueur s'étend de l'extrémité de l'Inde à celle de ribérie, et la largeur du parallèle de l'Ethiopie i celui d'Iemé.

Qde la Terre habitée soit une !le, dit ailleurs SIrabon (I, 8), la chose ressort tout d'abord du témoignage de nos sens. Car partout où il a été donné aux hommes d'atteindre les extrémités de la Terre, ils ont trouvé la mer, et pour les régions où le fait n'a pu être vérifié le raisonnement l'a établi. Ceux qui sont revenus sur leurs traces, ne l'ont point fait pour s'être vu barrer te passage par quelque continent, mais à cause du manque de vivres et par peur da la solitude, les eaux demeurant toujours aussi libres devant eux.

Carie de la Terre d'aprîs l'osidociius.

— Devant les raisonnements de Strabon et des astronomes de son temps sur la sphéricité de k Terre et sur les lois de la pesanteur, lorsqu'on les voit observer que la surface de l'océan revêt la forme sphéroïdale et que les chaînes de montagnes ne sont que des iné~ gaUtés insignifiantes, je ne puis m'empôcher de m'étonner, dit l'astronome, qu'ils aient gardé l'ancienne supposition qui réduisait les astres à l'humble rôle de flambeaux terrestres, appartenant à notre bas monde. Strabon même s'exprime comme il suit ; « L'océan forme un seul courant circulaire qui explique l'uniformité constatée des phénomènes océaniques. D'ailleurs, plus la masse d'eau répandue autour de la Terre sera corKidérallc, plus il sera aisé de concevoir commeiu tes vapeurs qui s'en dégagent suffisent à alimenler les corps célestes. »

Pour les géographes de celte époque, la terre habitée se compose

30S DIXIÈME SOIRÉE. — LE HONOI': DES ANCIENS. ào l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique-, elle est pins longue que large, ot on la reprf'sente même sous la forme d'une fronde, comme on le voit dans Posidonius, philosophe stoïcien du premier siède avant notre ère. Par une erreur contraire à celle d't^ratosthène, il fit la Tr;rro trop petite en lui attribuant 180 ooo stades du circonférence (I3 stade olympique est de 185 mèlres, ce qui fait 8325 lieues). Il assigna à h région des nuitées et des venls une hauteur de plus i'-n itQ sladcs, à la Lune une distance de a millions de stades, et au Soleil une distance de 500 millions.

Nous allons arriver au monde des premiers chrétiens. Par.'.ii les cosmographes latins, je citerai encore l'auteur Dt situ orbû, Pomponius Mêla, qui est déjà du premier siècle. Je ne sais sur quelle base ou par quelles traditions il partage la Terre en deux continents : le nôtre, et celui des Antichthones, qui se prolongeait jusqu'à nos antipoaes. Cette carte fut.en us^e jusqu'à Christophe Colomb, qui la modifia par la position de ce second continent jusqu'alors mystè- CariB de k Terre ii"apr6» Pomponiu» ficux. I.es limites restent encorc

***'"■ dans les nuages.

— A travers ce singulier mélange d'erreurs et de vérités, dit l'historien, la connaissance physique du monde se dégage peu à peu. Saves-vôus qu'avant l'établissement de la mécanique rationnelle il n'était pas facile de juger exactement les lois élémentaires de la nature, par exemple celles de la pesanteur. Pourquoi la Terrene tombei-iUc pas? C'est une question à laquelle nul ne pouvait répondre. Cependant cela inquiétait. J'ai surtout remarqué deux exemples de ces préoccupations. Le premier est de PJutarque. Il se demande ce qui arriverait si l'on perçait la Terre d'un grand puits qui allât jusqu'aux antipodes, et qu'on y laissât tomber un bloc de pierre. Où s'arrêterait le bloc? traverserait- il pour sortir du puits de l'autre côté? Nous savons maintenant qu'après une série d'oscillations il devrait s'arrêter au centre du globe. L'autre exemple est du Dante. En arrivant au fond de l'enfer, au centre de la Terre, il voit

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