LA MESURE DE LA TERRE
venu à se rendre si exactement compte de la forme, de la grosseur, du poids et de la situation du globe terrestre, que vraiment aujourd'hui nous pouvons nous vanter de le tenir en quelque sorte dans nos mains, bien mieux que Charlemagne ne tenait la boule symbolique du gouvernement du monde. Quel contraste entre les essais informes des premiers historiens de la nature et nos affirmations modernes I Quel progrès depuis seulement deux mille ans! Et c'est par ces tâtonnements successifs que l'homme est parvenu à connaître la vérité. Nous devons tout au travail. La vraie révélation de la nature est celle que nous formons nous-mêmes par nos persévérants efforts. Nous savons maintenant que la Terre est sphérique, aplatie aux pôles d'un 300% aux trois quarts couverte par l'eau, et enveloppée de toutes parts d'un léger duvet atmosphérique d'une quinzaine de lieues d'épaisseur. La distance du centre de la Terre à la surface est de 6366 kilomètres. Son volume, ajouterai-je pour compléter ces éléments, son volume est de mille millions de kilomètres cubes; sa surface de 510 millions de kilomètres carrés, son diamètre de 3000 lieues. Son poids est de 5875 sextillions de kilogrammes. Ainsi, grâce aux mesures audacieuses de son habitant, nous le connaissons, ce globe, comme si nous l'avions sculpté nousmêmes. Que dis*je? nous le possédons, et sur les ailes de la vapeur, autre invention humaine, nous pouvons en faire le tour complet en moins de trois mois....
— En moins de trois mois? fit la marquise.
— En 80 jours. On va maintenant de Paris à New-York en 1 1 jours ; de là à San-Francisco en 7 jours, — de là à Yoko-Hama en 21 jours, — à Hong-Kong en 6, — à Calcuta en IS, — à Bombay en 3, — au Caire en 14, — et du Caire on revient à Paris eu 6 jours!... Bientôt on aura des trains de plaisir de Paris à Pékin ou à Moscou !
Quand nous posséderons la navigation aérienne , nous ferons le tour du monde en huit jours.... Eh! l'Europe s'entretient désormais à voix basse avec l'Amérique , à l'aide d'un agent qui ne demande pas un clin d'œil pour porter notre pensée à travers cet Opéan tout entier, dont la seule image faisait trembler nos ancêtres I
LA SUPERSTITION DES NOMBRES; LES COMETES ET LES ÉCLIPSES DANS L*HISTOIRE
La supers'ition des nombres et des signes célestes. — Du rôle -des éclipses dans rbistoire ancienne. — Influence des comètes sur les grands événements historiques. — Erreurs et préjugés. — De certains nombres célèbres. « — Sciences occultes. — Astrologues, alchimistes, sorciers; sciences divinatoires. — Observation
d'une éclipse.
— C'est aujourd'hui notre treizième soirée, fit l'astronome ; nous étions trHze à table tout à l'heure, et nous sommes encore tous treize assis sur cette terrasse I De plus, c'est aujourd'hui le treize septembre, et pour compléter la situation, un vendredi!.,.
— Tout cela n'a rien de gai ! interrompit la femme du capitaine, et je regrette que mon père soit précisément arrivé ce soir pour faire le treizième.
— Gomment, madame, répliqua le député, est-ce que vous auriez foi à l'influence du nombre treize ?
— On ne se refait pas, répondit-elle. Ma mère était ainsi. C'est sans doute insensé, mais que voulez-vous?
~ Et pour comble de malheur, reprit en riant l'astronome, la conduite de notre sujet nous amène à parler précisément ce soir des superstitions, des préjugés et des vaines terreurs causées par les signes célestes.
— Voilà, j'espère, une série de coïncidences qui paraissent réunies exprès pour nous.