LES ANNÉES ET LES JOURS
Voilà donc deux mouvements pouvant servir de mètre pour la durée. Malheureusement ils n'ont pas entre eux de commune mesure.
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L'année terrestre et les mois.
Ainsi, il n'y a pas un nombre exact de jours dans Tannée. Pour revenir au même point de son cours relativement au soleil, la terre emploie 365 jours, plus une fraction....
— 25 centièmes, ou un quart de jour, ou six heures , je crois? dit la fille du capitaine.
— Pas exactement.
— 256 millièmes? dit Thistorien.
— Pas exactement.
— 2563 dix-millièmes? ajouta le navigateur.
— Pas encore exactement , répondit Tastronome. Nous pouvons aller aux dix-millionièmes, sans voir la fraction s'arrêter. La révolution sidérale de la terre est , en jours moyens, donnée par le
chiffre 265,2563744.
On appelle année sidérale le temps que, par suite de la révolution de la terre, le soleil emploie à accomplir son cours apparent, ou l'intervalle compris entre deux coïncidences successives du centre du soleil avec une même étoile de l'écliptîque.
Mais pendant cet intervalle, l'équinoxe, nous l'avons vu, se déplace parmi les étoiles. Cette rétrogradation séculaire fait qu'en un
an il est od peu plus à l'est qu'il n'était. Le soleil arrive donc à lui un instant plus tôt : onze minutes environ, ou plus exactement : 0 j. 0141578. En retranchant cette petite quantité de Tannée sidérale, nous avons Tannée tropique , le retour annuel du soleil à chaque équinoxe , celui qui importe aux saisons et au calendrier.
C'est donc 365,Î422166, 365J 5^ 48" 47' 8.
Voilà donc Tannée. Par conséquent, on ne peut la partager en un nombre exact de jours.
— Ce qui a singulièrement gêné la chronologie ! fit l'historien.
— Cependant il y a 365 jours par an , dit le comte.
— Et 366 aux années bissextiles, remarqua la ûlle du capitaine.
— C'est justement dans ce partage qu'a toujours été la difticulté, dit l'historien. Ainsi, le plus ancien des calendriers connus, celui des Égyptiens, faisait Tannée de 365 jours juste. Elle était donc de six heures trop courte. Il en résultait qu'au bout de quatre ans, Tannée recommençait un jour trop tôt; c'est-à-dire que la date d'un solstice ou d'un équinoxe tombait un jour plus loin. Par l'accumulation de ces petites différences, Teffet devenait sensible dans la durée même de la vie d'un homme, puisque au bout d'un siècle cette année recommençait 24 jours avant Tannée réelle. Le premier jour de celleci se trouvait ainsi parcourir toutes les dates de celle-là, et, au bout de 1460 années réelles, on avait compté 1461 années] civiles, et le jour initial des deux années se retrouvait en coïncidence comme dans l'origine.
Comme le jour initial parcourait, en rétrogradant, tous les degrés du zodiaque, le retour des mêmes saisons et des mêmes travaux d'agriculture n'était pas attaché aux mêmes dates : ce qui rendait l'observation des levers d'étoiles fort importante. Le lever héliaque de Sirius annonçait l'époque du débordement prochain du Nil, phénomène d'une si jjrande utilité pour TÉgypte, qu'il était célébré par les fêtes nationales les plus solennelles.
Dans ce système, la même date courait toute Tannée. Les travaux de l'agriculture se rapportent aux divers mois , non pas à cause de leurs noms, mais à cause de leurs températures. Dans le système de Tannée égyptienne, on ne pouvait donc pas dire : la moisson se fait dans tel mois, la vendange dans tel autre » puisque tous les mois,