‹ Histoire du cielChapitre 139 sur 151 · CALENDRIERS GRECS ET ROMAINS · texte numérisé non relu

CALENDRIERS GRECS ET ROMAINS

L'incroyable bizarrerie de cette manière de compter se complète d'une manière digne d'elle si Ton ajoute que Tavant-veille de chacun de ces jours, qui aurait dû prendre respectivement le nom de deuxième jour avant les nones, avant les ides, avant les calendes, s'appelait en réalité le troisième ; le jour qui précédait l'avant-veille prenait le nom de quatrième, et ainsi de suitç, avec une erreur constante en plus d'une unité l

Comme il y avait dix jours de moins dans l'année, on sentit bientôt la nécessité de les ajouter. On créa donc un mois supplémentaire que Ton appela rmrcèdonius. Ce mois, par une autre bizarrerie, on l'intercalait tout entier entre le 23 et le 24 février. Ainsi, après le ï3 février venait: le 1*', le 2, le 3, etc., mercédonius; ce n'était qu'après Tépuisement des jours de ce mois supplémentaire qu'on reprenait la série : 24, 25 février, etc.

Enfln, pour combler la mesure, les pontifes chargés du soin de régler ce complexe calendrier, s'en acquittèrent aussi mal que possible ; par négligence, ou par un usage arbitraire de leur puissance, ils allongèrent ou aceourcirent Tannée sans aucune règle d'uniformité. Souvent même ils ne consultaient pour cela que leur commodité, ou les intérêts de leurs amis.

Le désordre que cette licence avait jeté dans le calendrier était allé si loin, que les mois avaient changé de saison, ceux de l'hiver ayant été avancés à l'automne , ceux de Tautomne à l'été , etc. Les fêtes étaient célébrées dans des saisons différentes de celles pour lesquelles on les avait instituées; en sorte que celles de Gérés arrivaient quand le blé était en herbe, et celles de Bacchus quand les raisins étaient verts. Jules César résolut d'établir l'année solaire suivant la mesure connue de la révolution du Soleil, ou 365 jours et un quart. Il ordonna que chaque quatrième année on ferait Tintercalatîon d'un jour à la place où l'on faisait arriver le mois mercédonius, c'est-à-dire entre le 23 et le 24 février. Ainsi l'année civile eut 365 jours 1/4.

Le 6"'" des calendes de mars était dans les années communes le 24 février; on l'appelait sexto-kalendcis. Comme tous les quatre ans on intercalait un jour entre le 23 et le 24, ce jour additif était appelé un second 6™* jour, bissexto kalendas, d'où vient le mot 6w5earU7e, appliqué aux années de 366 jours.'

kkO XV« SOIRÉE. - LE TEMPS ET LE CALENDRIER.

Mais il fallai t rendre aussi les fêtes publiques aux saisons qui devaient les recevoir : César fut obligé d'insérer dans l'année courante — 46 (ou 708 de Rome) deux mois intercalaires, outre le mois mercédonien. On eut donc une année de 1 5 mois divisés en 445 jours : c'est ce qu'on appella Vannée de confusion.

César chargea de tous ces soins Sosigène, célèbre astronome d'Alexandrie, qu'il avait amené à Rome dans ce dessein ; et sur les mêmes principes, Flavius eut ordre de composer un nouveau calendrier dans lequel il fit entrer toutes les fêtes romaines, en suivant toujours l'ancienne manière de compter par les calendes, les nones et les ides,

Antoine, après la mort de César fit donner au mois quintilis où Jules César était né, le nom de Julim^ d'où nous avons fait juillet. On donna le nom à'Augustus (août) au mois sextUis, parce que l'empereur Auguste avait remporté ses principales victoires pendant ce mois.

— Tibère, Néron, et les autres monstres impériaux, fit le député, avaient essayé de faire donner leur nom aux. autres mois. Mais les peuples ont eu ici plus d'honneur que d'habitude et n*ont pas accordé cette flatterie.

— En effet, répliqua le professeur, ces derniers mois s'appellent toujours Septième, Huitième, Neuvième et Dixième, quoiqu'ils n'aient plus cette place depuis le temps de Numa Pompilius.

— Et que le christianisme ait presque tout changé au paganisme, dit le pasteur.

— Ce que c'est que l'habitude I

Voici, ajouta l'astronome, le dessin d'un calendrier cubique en marbre blanc trouvé à Pompéi. Chaque mois est couronné par le

signe du zodiaque par lequel passait le soleil. Sous le nom du mois est inscrit le nombre de jours qu'il renferme, ^ — la date des nones, — le nombre des heures de jour et le nombre des heures de nuit, — la place du soleil, ' — la divinité sous la protection de laquelle le mois était placé, — les travaux d'agriculture qui deva'ent être faits dans le mois, les fêtes civiles et les céré-

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