M . «0* . >•■•< ML
ruriM
JWMONII *0UITU«.
t'ill.
«•HWliM.
LE CALENDRIER ROMAIN. kk\
monies religieuses. On voit ces inscriptions dans celles du mois de janvier, reproduites à gauche.
La réforme ainsi introduite par Jules César est ordinairement désignée sous le nom de réforme julienne, La première année dans laquelle ce calendrier ait été suivi est l'année 44 avant J. C.
Le calendrier julien fut en usage, sans aucune modification, pendant un grand nombre d'années ; cependant, la valeur moyenne qui avait été attribuée à Tannée civile étant un peu différente de Tannée tropique, il finit par en résulter un changement notable dans les dates auxquelles arrivaient, chaque année , les commencements des saisons; en sorte que, si Ton n'y avait pas porté remède, une même saison se serait déplacée peu à peu dans Tannée, de manière à commencer successivement dans les différents mois.
Le concile de Nicée, qui se tint en Tan 325 de Tère chrétienne, adopta une règle fixe pour déterminer chaque année Tépoque de la fête de Pâques ; cette règle est basée sur ce que Ton croyait que Téquinoxe du printemps arriverait tous les ans le 21 mars, comme cela avait eu lieu Tannée même du concile. C'est ce qui aurait existé en effet, si la valeur moyenne de Tannée civile du calendrier julien eût été exactement égale à Tannée tropique. Mais, tandis que la première est de 365 jours 25, la seconde se compose de 365 jours 242 264 : Tannée tropique est donc plus petite que Tannée julienne de 0 jours 007 736, ou II minutes 8 secondes. Il en résulte que, lorsqu'il s'est écoulé une période de quatre années juliennes, Téquinoxe du printemps, au lieu d'arriver précisément à la même heure que quatre années auparavant, arrive en réalité 44 minutes 34 secondes plus tôt; après une nouvelle période de quatre années, cet équinoxe avance encore de trois quarts d'heure, et ainsi de suite. En sorte que, au bout d'un certain nombre d'années, à partir de Tan 325, Téquinoxe est arrivé le 20 mars, puis plus tard le 19 mars, puis le 18, etc. Cette avance continuelle signalée par les astronomes détermina le pape Grégoire XIII à apporter une nouvelle réforme au calendrier.
C'est en Tan 1582 que la réforme grégorienne fut opérée. A cette époque Téquinoxe arrivait déjà le 1 1 mars au lieu du 2 1 . Pour faire disparaître cette avance de 10 jours que Téquinoxe avait éprouvée et
kh2 XV* SOIRÉE. - LE TEMPS ET LE CALENDRIER.
le rameDer à la date primitive du 21 mars, le pape Grégoire XIU décida que le lendemain du 4 octobre 1582 se nommerait non pas le 5 octobre, mais le 15 octobre. Ce changement de date ne suffisait pas pour détruire Tinconvénient qu'avait présenté l'emploi du calendrier julien, il fallait encore apporter une modiflcation à la règle qui servait à déterminer les longueurs des années civiles successives, afin d'éviter la même erreur pour l'avenir.
Aussi le pape décida-t-il en outre que, dans l'espace de 400 années consécutives, il n'y aurait que 97 années bissextiles au lieu de 100 qu'il devait y avoir d'après le calendrier julien. Cela faisait 3 jours retranchés sur 400 ans, et par conséquent la valeur moyenne de l'année civile se trouvait réduite à 365 jours 2425, ce qui est presque Tannée tropique. L'année grégorienne ainsi obtenue est encore plus grande de 0 jours 000 236 ; la date de l'équinoxe du printemps doit donc encore tendre à avancer peu à peu, en vertu de cet excès ; mais il est aisé de voir que la réforme grégorienne suffira pour un grand nombre de siècles.
Voici maintenant en quoi consiste la règle d'après laquelle on intercale les 97 années bissextiles dans l'espace de 400 ans. Dans le calendrier julien, les années bissextiles se trouvaient être celles dont les numéros, comptés à partir de l'ère chrétienne, étaient exactement divisibles par le nombre 4. Les années séculaires, telles que 1400, 1500, 1600, étaient donc toutes des années bissextiles. On décida que^ Ton continuerait à mettre 366 jours dans les années dont les numéros seraient divisibles par 4; mais que sur quatre années séculaires il y en aurait trois qui feraient exception à la règle : sur ces quatre années séculaires, la seule qui dût rester bissextile fut celle dont le numéro se compose d'un nombre de centaines exactement divisible par 4; ainsi l'année 1600 a été bissextile; 1700 et 1800 ont été des années communes; 1900 sera également une année commune; 2000 sera bissextile, et ainsi de suite. Par ce moyen, dans l'espace de 400 ans, trois années qui seraient bissextiles dans le calendrier julien, deviennent des années ordinaires.
Le calendrier grégorien fut adopté promptement en France et en Allemagne ; plus tard, l'Angleterre Tadopta à son tour. Maintenant, il est en vigueur chez tous les peuples chrétiens d'Europe, excepté
LR CALENDRIER MODERNE. kk3
en Russie, où l'on suit encore le calendrier julien. 11 résulte de là que les dates de la Russie ne s'accordent pas avec les nôtres. En 1582 la différence était de lo jours; cette différence se conserva jusqu'à la fin du dii-septième siècle; l'année 1700 ayant été bissextile dans le calendrier julien, la différence des dates fut de 1 1 jours pendant tout le dix-huitième siècle; enfin, par la même raison, elle augmenta d'un jour en 1800, et elle est actuellement de douze jours.
— J'espère, ma fille, dit en riant le capitaine, qu'après l'attention que tu viens de porter à l'tiistoire du calendrier, tu ne te tromperas plus sur la durée de chaque mois.
— Il y a du reste, repartit le professeur, un moyen extrêmement simple de s'en souvenir. En fermant la main, et en supposant que la saillie correspondant
à l'index représente
le mois de janvier. «
le creux suivant re- &•
présente février, lu
saillie suivante mars;
creux ; avril; bosse : mai; creux : juin; bosse : juillet; et en
recommençant : saillie de l'index : août, etc. Les mois longs sont
marqués par les saillies et les courts par les dépressions.
— Comment a-t-on pu déterminer anciennement la longueur de l'année ? demanda le député.
— Probablement, répondit l'astronome, par l'observation du lever et du coucher du soleil à certains points de l'horizon. Les premiers hommes passaient la plus grande partie de leur vie dans les champs. Vers le temps des équinoxes ils auront pu remarquer un arbre, un rocher, un monticule derrière lequel ils voyaient pointer le soleil, à' tel jour. Le lendemain, ils auront vu cet astre se coucher ou se lever assez loin de cet endroit, attendu qu'au temps des équinoxes la déclinaison du soleil change sensiblement d'un jour à l'autre. Six mois après, ils auront vu le soleil revenir à ce même point, et au bout de douze mois, il y sera encore revenu. Cette manière de fixer l'année est assez exacte et en mémo temps fort simple. Elle explique comment les hommes ont pu partager assez vite l'année en quatre parties égales. Elle explique encore comment quelques
kkk XV» SOIRÉE. — LE TEMPS ET LE CALENDRIER.
peuples ont eu des années de 3 et de 6 mois dont il aurait été difficile de fixer autrement le terme et la durée, et comment plusieurs peuples comptaient leur année d'un solstice à l'autre ; car alternativement les jours croissaient pendant une année, et décroissaient pendant la suivante.
En observant le point de Thorizon où le soleil se trouve le jour de réquinoxe du printemps , on voit que tous les jours pendant trois mois il se lève plus au nordjusqu'à un certain terme qu'il ne dépasse pas. Voilà le premier intervalle et le premier quart de Tannée. Il revient ensuite sur ses pas jusqu'à l'équinoxe d'automne, où il se lève au même point qu'à l'équinoxe du printemps. C'est le second intervalle. Il passe ce point et s'écarte autant vers le midi qu'il s'était d'abord écarté vers le nord. Voilà le troisième intervalle. Puis revenant vers le nord et retrouvant le point de l'équinoxe du printemps, il finit le quatrième intervalle, et termine l'année.
— La durée du jour, observa encore le député, doit être la mesure la plus anciennement employée sans aucun doute, ainsi que ses subdivisions en heures, minutes et secondes.
— Le mot jour^ dans son acception la plus générale, s'est toujours appliqué au temps que le soleil paraît employer à faire une révolution entière du firmament. On donne plutôt le nom de journée au temps qui s'écoule entre le lever du soleil et son coucher.
Les Grecs avaient dans l'expression nyctémère, c'est-à-dire nuit et jour, le moyen de prévenir les équivoques que notre langue peut comporter. De temps immémorial, le nyctémère a été divisé en vingtquatre parties ou heures.
Quelques peuples conrptaient ces vingt-quatre heures de suite, de une à vingt-quatre. Chez d'autres, on comptait deux périodes consécutives de douze heures chacune. Nous ne parlerons pas de la tentative faite en 1793, de partager la durée, du jour en dix heures seulement,, dont chacune se composait de cent minutes; cette division n'a pas été adoptée, et l'on est généralement revenu au jour de vingt-quatre heures.
On a beaucoup varié sur le cTioix du commencement du jour civil.
Les Juifs, les anciens Athéniens, les Chinois, les Italiens, etc., commençaient le jour au coucher du soleil.