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ANCIENNETÉ DE L'ASTRONOMIE. — ARYENS

— De sorte que c'est de Ya&tronomie antédiluvienne! s'écria .le

député.

N'en déplaise aux théories précédentes, dit à son tour l'historien, je garde la persuasion que la vieille civilisation égyptienne, l'antique Ghaldée et l'Asie centrale sont antérieures aux Aryas tant vantés. Je ne donne pas dix mille ans aux Aryas. J'en donne le double aux Chaldéens. Les Sémites sont la plus ancienne race de l'histoire humaine.

— Mais comment ces assertions peuvent-elles être démontrées ? répliqua l'astronome.

— Infiniment mieux que les hypothèses aryennes. Les traditions, les monuments, les vestiges de ces âges disparus parlent avec élo-

({uence I

Ne vous souvenez-vous pas de ce que les prêtres égyptiens racontèrent à Hérodote, au père de l'histoire? Ils gardaient la tradition fabuleuse, mais significative, que dans l'espace de 1 1 d40 ans on avait vu changer quatre fois le cours du soleil, et l'écliptique se placer perpendiculairement à l'équateur: ils avaient donc pu apprécier la variation de l'obliquité de l'écliptique.

Ne vous souvenez-vous pas, pour remonter moins haut, qu'au moment de l'expédition d'Egypte les savants de la commission découvrirent une allée conduisant de Karnak à Louqsor, qu'ils comparent, pour l'étendue et pour l'effet, à l'avenue des Champs-Elysées, depuis l'arc de triomphe de l'Étoile jusqu'à la place Louis XVI Celte avenue était décorée de chaque côté de la route d'une rangée de 16 0 sphinx à corps de lion et à tètes de bélier.

Or dans l'architecture égyptienne, les ornements ne sont jamais le résultat du caprice ou du hasard. Au contraire, tout y est motivé, et souvent ce qui par.iît bizarre au premier abord finit, après avoir été étudié et examiné avec soin, par présenter des allégories pleines de sens et de raison, fondées sur une connaissance approfondie des phénomènes de la nature. Ce n'est certainement pas par l'effet du hasard que des têtes de bélier et des tètes de femme étaient ainsi ajustées sur des corps de lion, et qu'une avenue tout entière était formée de béliers. Les sphinx et les béliers des avenues étaient probablement des emblèmes ayant pour objet de rappeler les divers

signes du zodiaque placés sur la route du soleil. Quelle haute antiquité ne devons- nous donc pas supposer à la science de ce peuple! D'ailleurs toute la religion et la théogonie des Égyptiens sont fondées sur l'astronomie.

II n'y a peutrétre pas de pays, écrit Diodore^où les positions et les mouvements des astres aient été observés avec plus d'exactitude qu'en Egypte. < Us conservent, depuis un nombre incroyable d'années, des registres où ces observations sont consignées. On y trouve des renseignements sur les mouvements des planètes^ sur leurs révolutions et leurs stations ; de plus, sur le rapport de chaque planète avec la naissance des animaux, enfin sur les astres dont l'influence est bonne ou mauvaise. En prédisant aux hommes l'avenir, ces astrologues ont souvent rencontré juste; ils prédisent aussi fi^équemment l'abondance et la disette , les épidémies et les maladies des troupeaux. Les tremblements de terre, les inondations, l'apparition des comètes et beaucoup d'autres phénomènes qu'il est impossible au vulgaire de connaître d'avance, ils les prévoient d'après des observations faites depuis un long espace de temps. On prétend même que les Ghaldéens de Babylone, si renommés dans l'astrologie, étaient une colonie égyptienne et qu'ils furent instruits dans cette science par les prêtres d'Egypte. »

Sémiramis avait élevé, au milieu de Babylone, un temple consacré à Jupiter que les Babyloniens nommaient Bélus. 11 était extraordinairement élevé, et servait d'observatoire. Tout l'édifice était construit avec beaucoup d'art, en asphalte et en brique. Sur son sommet trônaient les statues de Jupiter, de Junon et de Rhéa, recouvertes de lames d'or.

Autour du monument d'Osymandias, à Thèbes, étaient bâties, toujours d'après Diodore, un grand nombre de galeries ornées de la peinture de tous les animaux de l'Egypte. On montait sur des marches au sommet du tombeau, où li y avait un cercle d'or de 365 coudées de circonférence et de l'épaisseur d'une coudée. Ce cercle était divisé en autant de parties qu'il comprenait de coudées ; chacune indiquait un jour de l'année ; et on avait écrit à côté les levers et les couchers naturels des astres, avec les pronostics que fondaient là-dessus les astrologues égyptiens. Le cercle fut, dit-on, dé-

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