‹ Histoire du cielChapitre 76 sur 151 · SINGULIÈRES CONCEPTIONS THÉORIQUES · texte numérisé non relu

SINGULIÈRES CONCEPTIONS THÉORIQUES

< Les trois autres, Mars, Jupiter et Saturne, ont des vitesses qui leur sont propres, et des années inégales..

« La Terre, assise au centre, sépare le jour d'avec la nuit, opérant les levers et les couchers des astres par ses horizons, qui terminent la vue. Elle est le plus ancien des corps renfermés dans Tenceinte du Ciel. L'eau ne serait pas née sans la Terre, ni Tair sans l'eau ; et le feu, sans l'humide et la matière qui le nourrit, ne pourrait subsister : de manière que la base et l'appui de tout est la Terre, affermie sur son propre équilibre, »

Le monde entier est formé de triangles, suivant notre Grec. Le triangle hémitétragone est le principe de composition de la Terre. Car c'est de ces sortes de triangles qu'est composé le carré, composé lui-même de quatre quarts triangulaires de carré : de ces carrés est composé le cube, la plus stable et le moins mobile des corps, ayant six faces et huit angles. La Terre a la forme (Tun cu6e. C'est par cette raison que la Terre est le plus pesant des corps et le plus difficile à mouvoir.

Le triangle scalène est le principe de trois autres éléments; du feu, de Tair et de l'eau. Car en joignant six de ces triangles, on a un triangle équilatéral duquel est composée la pyramide, qui a quatre faces et quatre angles égaux, et qui constitue la nature du feu, le plus subtil et le plus mobile des éléments. Ensuite l'octaèdre, qui a huit faces et six angles, est l'élément de lair. Enfin, le troisième, celui de Teau, a vingt faces et douze angles : c'est le plus pesant et le plus divisible de ces trois éléments.

Voulons-nous savoir, maintenant, comment furent créées les âmes? La nature composa les animaux mortels et éphémères, et versa en eux, comme par infusion, les âmes, extraitesf les unes de la Lune, les autres du Soleil, ou de quelque autre des astres errants. Une parcelle de l'Être toujours le même fut ajoutée à la partie raisonnable de l'âme pour être un germe de sagesse dans les individus privilégiés. Car dans les âmes humaines il y a une partie qui a l'intelligence et la raison, et une partie qui n'a ni l'une ni l'autre.

La portion raisonnable de l'âme a son siège dans la tète. Dans la portion déraisonnable, la faculté irascible est vers le cœur^ et la faculté concupiscible vers le foie.

Les parties de I ame générale pouvaient résider et résidaient en effet, selon Timée, dans les différentes planètes, en attendant qu'elles fussent appelées par la nature altératrice dans les corps que celle-ci formait. Les unes étaient dans la Lune, les autres dans Mercure, dans Vénus, dans Mars, etc., ce qui donnait l'origine et Texplication des différents génies et caractères qu'on remarque dans les hommes. Mais à ces extraits dé l'âme humaine, tirés des planètes, était jointe une étincelle de la Divinité suprême qui venait encore de plus haut, et qui faisait de l'homme un animal plus saint que tous les autres, en commerce immédiat avec la Divinité même.

Sur ce rayon que nous avons supposé tiré du centre du monde jusqu'à sa circonférence, étaient placées toutes les substances selon leurs degrés de matérialité ou de subtilité. D'abord, au centre, la Terre, partie la plus grossière, la plus lourde, quia le moins d'âme, et qui peut-être même n'en a point. Puis, de la surface de la Terre jusqu'à l'orbite de la Lune, Timée plaçait l'eau, lair et le feu élémentaire, agents d'autant moins matériels qu'ils s'élèvent davantage et qu'ils acquièrent, en s'élevant, une plus grande dose de l'âme du monde.

Au-dessus de la Lune venaient le Soleil, Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne, douées d'un degré d'âme augmentant selon les proportions harmoniques. Après quoi dominait la substance éthérée, toute divine, pure et sans aucun mélange de matière. Tels étaient la position et Tordre des parties de l'univers. Quant à leur mouvement, la théorie est au moins curieuse :

Il y avait deux mouvements dans les corps célestes : l'un, commun à tous, d'orient en occident; l'autre, particulier à chacune des planètes, d'occident en orient. L'âme du monde, composée de deux forces contraires, les produisait tous deux. Par sa force divine, conforme à celle des étoiles fixes et de la Divinité suprême, dont elle avait en soi une portion, elle tournait d'orient en occident, et emportait avec elle uniformément tout ce qui est contenu dans le monde. Par sa force matérielle, contraire à la force divine, elle emportait d'occident en orient la Lune et les autres planètes, jusqu'à Saturne, chacune selon sa nature matérielle et selon le degré de résistance qu'elle trouve dans l'âme divine.

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