L'ANCIEN SYSTÈME. — PTOLÉMÉE
dans le troisième, et le Soleil dans le quatrième, tournaient autour de la Terre en un même temps, 365 j., 5 h., 49 m. Ces planètes, outre le mouvement général qui les emportait en vingt-quatre heures d'orient en occident et la révolution annuelle qui leur faisait parcourir le Zodiaque, avaient un troisième mouvement suivant lequel elles décrivaient un cercle autour de chaque point de leur mouvement orbitaire pris pour centre.
Le cinquième ciel portait 3fars achevant sa révolution en deux ans; et le sixième ciel, /upi^ employant onze ans,3l3j. et 19h., àparcourîr son orbite ; la septième sphère appartenait à Saturne, qui ne fournit sa carrière qu'en vingt-neuf ans et 169 jours. Au-dessus de toutes les planètes était placé le ciel des étoiles fixes ou Firmament^ tournant d'orient en occident en vingt- quatre heures avec une rapidité inconcevable, et animé en outre d'un mouvement propre d'occident en orient, mesuré par Hipparque, de la précession des équinoxes, qui, nous levons vu, fait faire une révolution rétrograde au Ciel en 25870 ans.
Au-dessus de toutes ces sphères , un « Premier Mobile » donnait le mouvement à toute la machine , pour la faire tourner d'orient en occident; chaque ciel des planètes et celui des étoiles fixes faisait un effort contre ce mouvement, suivant lequel chacun de ces cieux achevait sa révolution autour de la Terre, en plus ou moins de temps, à proportion de son éloignement ou de la grandeur du cercle qu'il avait à parcourir.
Mais, ajouta l'astronome, une immense difficulté opposait une contradiction permanente à ce système.
Le mouvement apparent des planètes n'est pas uniforme ; car tantôt on les voit avancer d'occident en orient, et alors on les appelle directes ; tantôt on les voit plusieurs jours de suite au même point du firmament, et alors on les nomme stationnaires, et tantôt on voit qu'elles retournent vers l'occident, et alors on les nomme rétrogrades.
Cette variation apparente dans le mouvement des planètes sous la sphère céleste est causée par la translation annuelle de la Terre autour du Soleil. C'est facile à comprendre. Saturne, par exemple, décrit en trente ans environ une vast« circonférence autour du Soleil. La Terre en décrit une intérieure et beaucoup plus petite, en un an. Supposons qu'en une position quelconque de la Terre et de
Saturne, celui-ci se projette sur une étoile du zodiaque. La Terre se déplace : donc Saturne paraîtra se déplacer en sens inverse du déplacement de la Terre.
— Comme par exemple, interrompit la jeune fille, si je marche de gauche à droite, le mât du Sémaphore parait s'en aller à gauche de Jersey, au lieu de rester vis-à-vis. Et si je vais à gauche, le mât paraît aller à droite.
— Exactement! reprit l'astronome. Quand la Terre est arrivée au bout du diamètre de son orbite, Saturne, qui avait paru marcher en sens inverse , s'arrête. Quand la Terre revient de droite à gauche , Saturne reprend un petit déplacement apparent de gauche à droite.
— De sorte qu'en trente ans, Saturne parait osciller ainsi trente fois, tout en accomplissant sa révolution trentenaire?
— Et Jupiter, douze fois, répondit l'astronome; puisque dans les douze années qu'il emploie à décrire çon orbite, la Terre a fait douze fois son petit tour autour du Soleil.
Eh bien, pour expliquer ces variations apparentes des mouvements planétaires, le système de Ptolémée supposait que les planètes ne se meuvent pas le long de la circonférence même de leur cours, mais autour d'un centre idéal se mouvant le long de cette circonférence. Au lieu de décrire un cercle, elles décrivaient une série de petits cercles progressifs , se réduisant, comme on le voit facilement, à une série de boucles non interrompues. C'est ce qu'on a appelé les ÊpUycles.
— Je ne les avais jamais bien compris, dit le député. Ils sont assez curieux. Mais il me semble qu'ils ne rendent pas compte de la variation de grandeur des planètes.
— Pour satisfaire à cette objection, répondit l'astronome, Hipparque donna à chaque ciel des planètes une très-grande épaisseur, et prétendit que la planète ne tournait pas centralement autour de la Terre, mais autour d'un centre de mouvement placé hors de la Terre. Sa révolution se faisait de manière que d'un côté elle rasait le bas de l'épaisseur de son ciel, tandis que de l'autre elle en rasait le haut.
Mais cette réponse n'était pas satisfaisante, parce que la différence des grandeurs apparentes du disque des planètes fait connaître par les règles de l'optique une si prodigieuse différence d'éloignement dans les deux situations opposées de la conjonction ou de Topposi-