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LE SYSTÈME DE PTOLÉMÉE

tion / qu'il devint extrêmement difficile d'imaginer des sphères assez épaisses pour permettre ces différences.

C'était une charpente gigantesque et formidable, à laquelle on avait été obligé d'ajouter sans cesse de nouvelles pièces pour faire

Les Ëpicycles.

concorder les observations avec la théorie. Au treizième siècle, au temps du roi-astronome Alphonse X de Castille, il y avait déjà 75 cercles emboîtés. C'est lui qui un jour s'écria en pleine assemblée d'évéques, que si Dieu lui avait fait l'honneur de lui demander son avis en créant le monde , il lui aurait conseillé de le faire un peu mieux, et plus simplement surtout. 11 exprimait par là combien cette complication matérielle était indigne de la majesté de la nature.

Fracastor, dans les Homocentriques^ ajoute que rien n'est si monstrueux et si mal imaginé que tous ces cercles excentriques et tous ces épicycles des Ptolémistes, et que la nature réclame contre. Il eut la velléité assez originale d'expliquer la différence de vitesse et de distance des planètes en disant que la matière dans laqpielle elles nagent, étant en certains endroits plus rare et en d'autres plus épaisse, ces globes trouvent plus ou moins de facilité dans leur route. Il expliquait par la réfraction de Téther les variations des astres et de la grandeur de leurs disques. Cette solution était déjà plus simple que les charpentes grossières des commentateurs de Ptolémée ; mais ce n'était qu'un arrangement nouveau de ce vieil empire céleste déjà disloqué, et un moyen de le conserver seulement un peu plus longtemps.

— Comme les sénatus-consultes ! fit le député.

— Pas de politique, ô député interrupteur! cria la marquise.

— Je n'en faisais point, répondit le mandataire du peuple ; car je ne pensais qu'aux Césars romains.

— Messieurs , je reprends le système de Ptolémée , dit l'astronome.

Nous avons vu avant-hier que Vitruve a eu l'audace de supposer que quand les planètes stationnent, c'est qu'elles n'ont plus assez de lumière pour avancer dans leur chemin 1 Nous avons vu également que d'autre part un grand nombre d'astronomes anciens ont supposé solides les sphères ou cercles dans lesquels on avait enchâssé les planètes. Corrigé de siècle en siècle pour l'accorder avec les observations, c'est ce système de la Teirefixe au centre qui fut officiellement enseigné chez tous les peuples.

Ce système planétaire, fondé sur les apparences des mouvements célestes, inventé dans un âge immémorial, trouvé ou adopté par tous les peuples, régna en souverain sur l'Egypte, la Grèce, l'Italie, sur les Arabes et sur la grande école d^ Alexandrie, qui le consolida en lui assujettissant ses observations. Le véritable système, qui reconnaît au Soleil sa place centrale , et ne matérialise pas les orbes , ne fut enseigné que par de rares initiés et dans les écoles privilégiées. Le système des apparences s'imposa dans tous les siècles, et règne encore aujourd'hui chez bien des peuples, et même chez bien des hommes de notre Europe; car j'ai rencontré, non rarement , des hommes distingués, mais aveuglés, qui le préfèrent encore, malgré la science moderne, à celui qui fut restauré par Copernic.

Ce système, dis-je, domine sur les fastes de notre histoire. Fouillons les manuscrits et les parchemins du moyen âge : nous le trouvons partout.

Et ce n'est pas une étude peu sérieuse que cette recherche du système du monde à travers ces vieux ouvrages des premiers siècles de notre ère jusqu'à Copernic et Galilée.

Nous consacrerons nos prochaines soirées à la revue de ces cartes antiques, en ce qui concerne spécialement l'idée qu'on se formait sur la 7>rre, sa position^ sa figure^ sa situation dans Funivers,

Ce soir, parcourons*les au point de vue des systèmes astronomiques.

Les premiers siècles de notre ère, qui représentent la chute du colosse empire romain aux pieds d'argile, le balayage des civilisations usées du sud par la force virile descendue du nord, et la métamorphose lente et sourde du polythéisme païen dans le nouveau monothéisme, ces siècles, dis-je, ont laissé d'abord régner vaguement chez les rares esprits qui s'en occupèrent le système astronomique que nous avons exposé avant-hier, hier et ce soir. Lors()ue après cinq siècles de travaux patients, d'aspirations, d'ambitions, de conciles théologiques et politiques , l'Église chrétienne eut pris possession des trônes et des consciences, elle se servit de l'astronomie ancienne pour fonder son édifice physique. Âristote et Ptolémée régnent. On décrète que la Terre constitue le monde, que les cieux sont faits pour elle, que Dieu, les anges et les saints habitent un éternel séjour de félicité situé au-dessus de la sphère azurée des étoiles fixes. Et sur lès manuscrits enluminés, sur les livres d'heures, sur les vitraux d'église, on représente cet univers désormais sacré, dont toutes les parties concourent à démontrer la vérité transcendante de Tillusion antique qui nous gratifie d'une supériorité imaginaire sur le reste du monde.

Parmi les différentes représentations cosmographiques se remarquent plusieurs systèmes de cercles ou sphères concentriques, figurant la pluralité des cieux. Nulle histoire ne peint mieux les croyances religieuses et scientifiques du moyen âge que les monuments de ce genre. On y voit, mêlés au système des anciens, le ciel du christianisme, et les vestiges conservés de la théologie judaïque.

Les docteurs de l'Église reconnaissaient presque tous la pluralité des cieux. Ils différaient cependant sur le nombre. Saint Hilaire de Poitiers hésite à en fixer le chiffre ; le même doute retient saint Basile, mais la plupart des autres, accueillant les théories et les idées du paganisme, en admettent, les uns six, les autres sept, d'autres huit, d'autres enfin neuf et même dix.

Les Pères de l'Église considéraient ces cieux comme autant d'hémisphères concentriques qui venaient s'appuyer sur la Terre, et à chacun desquels ils donnaient différents noms. Le système de 3ède, suivi par un grand nombre, est ainsi composé : Air, Éther, Espace ignéj Firmament^ Ciel des Anges et Ciel de la Trinité.

Certains cartographes du moyen âge, dominés par l'esprit du christianisme, tout en représentant le système des cercles ou de la pluralité des deux d'après les anciens philosophes païens, inscrivaient souvent le nom de Dieu au-dessus de toutes les sphères ou de tous les mondes ; quelquefois même ils représentent l'Être suprême bénissant sa création et son œuvre. D'autres placent Dieu au-dessus du paradis terrestre et de la Terre, présidant au jugement dernier. Théologie et astronomie, ciel spirituel et ciel physique s'associent et se combinent sous les formes les plus singulières ^ dont nous gommes, ajuste titre, fort étonnés aujourd'hui.

Les savants qui se vantaient d'être les plus complets traçaient, dans leurs représentations cosmographiques, le système de TAlmageste de Ptolémée, et en même temps celui des Pères de l'Église, comme ceci :

Us plaçaient l'enfer au centre de la Terre, un cercle en indiquait les limites. Un autre cercle indiquait la Terre, puis l'Océan environnant, signalé par le mot eau; puis le cercle de l'air. Venait ensuite celui du feu. Successivement s'enveloppaient les sept cercles des sept planètes; le huitième représentait la sphère des étoiles fixes, ou le firmament; puis arrivait le neuvième ciel; ensuite un dixième cercle, le cœlum cristalinum; et enfin un onzième et suprême qui représentait le ciel empyrée^ demeure des chérubins et des séraphins, et, au-dessus de toutes les sphères, un trône où Dieu le père est assis en Jupiter Olympien.

D'autres auteurs modifiaient considérablement ce système. Us représentaient la Terre au centre de l'univers, un cercle indiquait l'Océan ; un autre, la sphère de la Lune ; un troisième, celle du Soleil. U y avait ensuite un quatrième, autour duquel on lisait : Jupiter, Mars, Vénus et Mercure; un cinquième indiquait l'espace au delà des planètes; enfin un dernier représentait le firmament» En tout, sept cercles ou sphères au lieu de onze. ,

— Voilà des travaux dont on ne se doute plus, s'écria le député.

— Et qui annonçaient, dit le pasteur, des préoccupations que nous n'avons plus guère.

— Existe-t-il encore un grand nombre de ces cartes singulières 7 demanda le capitaine.

— Un très-grand nombre, répondit Taslronome, et toutes celles qui doivent exister sont loin d'avoir été trouvées.

Je voudrais pouvoir les faire passer toutes sous vos yeux, mais je dois me borner à vous parler des principales.

Parmi les plus curieuses exhumées de la poussière du moyen âge par le vicomte de Santarem, je n'en ai pas remarqué, je crois, de plus singulières que les nombreuses mappemondes de Lambertus (ou Floridus), douzième siècle. Je ne m'arrêterai pas à donner sa description du paradis terrestre; nous parlerons plus tard des curieuses idées émises à ce sujet; mais je ne puis m' empêcher de vous témoigner Tétonnement que j'af pessenti en voyant le bizarre amalgame de ce vénérable docteur.

Le système de Ptolémée et d'autres astronomes de l'antiquité exerçant une grande influence sur les cosmpgraphes du moyen âge, et la croyance à l'existence des cercles ayant été acceptée et embellie encore par les Pères de l'Église, ces théories furent adoptées et suivies par les dessinateurs des représentations cosmographiques qu'on rencontre dans différents manuscrits jusqu'au seizième siècle même. Ce monumen1>-ci en offre un exemple.

La Terre, placée immobile au centre de l'univers, est figurée par un disque traversé par la' Méditerranée et entouré par l'Océan. Au delà sont circonscrits les cercles célestes : celui de la Lune, celui de Mercure, dans lequel différentes constellations (la Lyre, Gassiopée, la Couronne et autres) sont grossièrement indiquées; celui de Vénus, dans lequel on remarque Sagittarius et la constellation du Cygne. On n'a pas oublié la légende : Celestis Paradisus; il en peut encore lu*e l'inscription suivante :

« Le paradis où Paul fut enlevé dans ce troisième détroit. U y en a qui viennent à nous parce que là reposent les âmes des prophètes. » Dans d'autres cercles sont encore d'autres constellations, par exemple : Pégase, Andromède, le Chien, Argo, le Capricorne, Aquarius, Pisces, CanopuSy figurée par une étoile de première grandeur. Au nord se voit, auprès de la constellation du Cygne, une grande étoile de sept points, destinée à figurer dans un seul astre les sept étoiles principales dont se compose la Grande-Ourse. Les étoiles de Cassiopée sont non-seulement déplacées, mais même

338 NEUVIÈME SOIRÉE. - LE SYSTÈME DU MONDE, grossièrement représentées. La Lyre est figurée d'une manière bizarre.

Toutes les positions astronomiques des constellations que nous venons de nommer se trouvent bouleversées dans cette figure, de la

Type d'un lysUme pltnJUiie du mojen Ige Ufflbartui ranoDieus {Liber Floridtu), douiièm« siËcIs.

même manière que les villes dans les cartes terrestres. Les cartogra' phes du moyen Age, par une incroyable Ignorance, déplaçaient en général tous les lieux. Cela leur est égal ! Ils agissaient de même pour les constellaUoDs des planisphères célestes. Dans le Ciel du cercle de Jupiter et dans celui de Saturne, on lit:

Seraphim, Dominationes, Potestates, Archangeli, Virtutes cœlorum, Principatus, Throni, Gherubim! indications empruntées aux théories sacrées. On n'a jamais vu un pareil mélange 1 Les anges habitent avec les héros de la mythologie, les vierges immortelles s'accordent avec Vénus et Andromède, et les saints avec la Grande-Ourse, l'Hydre et le Scorpion....

— Yoilà, certes, un monument bien curieux de l'ancienne théocosmographie, s'écria le professeur.

— L'année dernière, dit l'historien, visitant la grande et antique

Bibliothèque de Gand, j'ai examiné un manuscrit très-richement enluminé, du Liber Floridus, dans lequel je remarquai uii dessin

analogue au précédent, intitulé : Astrologia secundum Bedum, Seulement, au Heu de la Terre, c*est un serpent'qui est au centre, accompagné du nom de la Grande-Ourse. Dans ce même manuscrit, j'ai vu les Gémeaux représentés par un homme et une femme, Andromède en chasuble, et Yénus en religieuse !...

— Et il y en a un très-grand nombre de cet intérêt, répliqua Tas* tronome; je veux que nous en ayons ce soir les plus curieux spécimens. Cette série nous raconte le long règne du système^ astrono* mique fondé sur les apparences.

Le manuscrit de la cosmographie d'Asaph le Juif, conservé à la Bibliothèque de Paris, renferme vingt représentations astronomiques et cosmographiques. En les compulsant, en compagnie de notre savant ami Richard Cortambert, j'ai trouvé dans la quatrième un dessin qui ressemble beaucoup au précédent , quoiqu'il soit loin de lui être identique.

Un I*' cercle représente les limbes; le II* représente la Terre ; le IIP, l'eau ; le IV*, l'air ; le V, le feu ; le VI% la Lune ; le VIP, Metcure ; le VI1I% Vénus ; le IX% le Soleil ; le X*, Mars ; le XI% Jupiter ; le XIP, Saturne; le XIII*, le firmament; le XI V% le cœlum cristalinum; le XV* cercle, enfin, le Ciel empyrée; et on y lit autour: Gherubim — Dominationes — Potestates — Archangeli — Natura humana — Angeli — Virtutes — Principatus — Throni — Seraphim. Et plus haut : Figura Universi.

Dans les visites que j'ai rendues cet été à cette curieuse collection d'estampes de la Bibliothèque de Paris, continua l'astronome, j'ai

découvert certainement d'étranges documents, oubliés depuis longtemps dans la poussière du passé. Je me souviens, entre autres, d'un manuscrit intitulé : « Archiloge Sophie, » portant un système du monde, et dont le centre est formé par un segment de sphère avec des édifices.

Au-dessus, dans les nuages, trône la Lune ; plus haut une région enflammée, où circulent Vénus et Mercure. — Puis le Soleil et trois étoiles qui sont, sans contredit, Mars, Jupiter et Saturne. Les étoiles fixes et le zodiaque terminent la partie supérieure.

Sur un manuscrit du quatorzième siècle, j'ai également relevé la série suivante à partir du centre du monde :

Enfer — Terre — Ciel — Air — Feu — Lune — Mercurius — Venus — Solaus — Mars — Jupiter — Saturne — li firmamens — li novismes ciel — li ciel cristalins — li ciel empirée. — Puis, dans la verticale :.Deus, et autour, en allant de gauche à droite : Chérubim — potestates — dominaciones — archangli — angli — homo (au nadir) — virtutes — principuus — trônae — séraphim. On trouve de tout làdessus : de la mythologie païenne, de Tastrologie, du dogme chrétien , du latin de cuisine.... et du vieux français par-dessus le marché.

Ces cartes, soigneusement rassemblées aujourd'hui, et plus précieuses à mon avis que toutes les vieilles faïences que recherchent avec tant de soin les amateurs improvisés de notre siècle, sont en nombre éloquent, et j'ai passé d'excellentes heures en leur instructive compagnie. Il faut que je vous signale encore d'autres curieux spécimens de Tastrothéologie. Je choisis naturellement les plus importants.

Un planisphère, renfermé dans un poëme géographique manuscrit, exécuté vers la fin du quinzième siècle, représente la Terre au centre de Tunivers, entourée du système des cercles ou des sphères, le dixième cercle ou sphère des étoiles fixes^ le ciel cristallin, et le ciel immobile. Mais le curieux de la miniature est Tinscription suivante, posée sur ce dernier ciel :

« Ciel ûnmobile, selon la théologie sacrée et véritable, où est la demeure des bienheureux, à laquelle plaise à Dieu que nous parvenions dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ! Où resplendit une piété pleine de douceur.... et qui est nommé aussi ciel empirée. >

LE CIEL CHRÉTIEN AU Id

. Près de chaque planète, l'auteur indique la durée de sa révolution ; il donne à Mercure un an moins quatre jours ; à Vénus, un an et dix-sept jours ; au Soleil, un an et six heures; à Mars, deux ans ; à Jupiter, deux ans, et à Saturne, la planète la plus éloignée de toutes, vingt ans {complet cursits in 20 annis),

Nous verrons, dans une prochaine soirée, les cartes plus spéciales k la terre, qui représentent le paradis terrestre au-dessus, à l'orient (car c'est là l'origine de V orientation), Jérusalem au centre, et tout un système théologique.

Le passage suivant, d'un géographe arménien, Vartan, est à la fois un excellent exposé de la doctrine et le commentaire le plus explicite de ces monuments. En voici les termes :

« D'abord c'est le tabernacle où est le trône de la Divinité qui est au-dessus de tout ce qui existe. Aucun être créé ne peut entrer ni voir dans ce tabernacle. La Sainte Trinité seule y habite dans une lumière inaccessible. Au-dessous sont les demeures des Anges; d'abord sont les ordres des séraphins, des chérubins et des trônes, perpétuellement occupés à glorifier Dieu.

«Après eux sont les Dominations^ les Vertus, et les Puissances (potes-

tates) qui forment les hiérarchies moyennes. Enfin, après celles-ci, sont es Principautés {frincipBLtus)^ les archanges et les anges» qui forment les dernières hiérarchies ; les six ordres ont des places et des degrés de gloire différents, de même que les hommes, tous d'une même nature, sont de divers rangs, que l'un est roi, tandis qu'un autre est prince, chef de ville et ainsi de suite. Les cieux fixes et sans mouvement sont leur demeure. Ensuite est une ceinture aqueuse, qui est toujours en mouvement, et qui est nommée Premier mobile. Après cela on rencontre les cieux du firmament, où une grande quantité d'astres se meuvent circulairement. Ensuite est la zone des sept planètes, placées l'une au-dessous de l'autre ; puis les quatre éléments qui s'enveloppent les uns les autres sphériquement : la sphère du Feu, ensuite Y Air, puis l'Eau, et enfin la Terre qui est le dernier des quatre et qui est au milieu de Ums les autres. » Les monuments de cette catégorie reproduisent avec la plus scrupuleuse fidélité ces doctrines ; et c'est surtout en rapprochant les planisphères des commentateurs de la Bible qu'on voit avec quelle

obéissance les figures dessinées au moyen âge représentaient les traditions cosmographiques des livres sacrés.

Je ne dois pas non plus oublier un système cosmographique renfermé dans un manuscrit de la Bibliothèque de Paris {o? 540), antérieur de deux siècles à Copernic. Il sert d'explication aux idées cosmologiques du Dante, de sorte que le beau poëme du savant Florentin doit être, en quelque sorte, la clef de ce système. Cette figure se compose de seize cercles concentriques. Le petit cercle du centre représente VEnfery et il est placé au centre de celui de la Tçrre.

Autour du second cercle, figurant le disque de la Terre, est le troisième, qui représente l'Océan environnant. Selon le Dante, les condamnés qui, de tous les pays du monde, arrivaient à l'Enfer, s'y rendaient en traversant le fleuve terrible. Ce fleuve ne serait autre que l'Océan, cette mer des ténèbres tant redoutée, que personne ne pouvait traverser.

Autour de l'Enfer est tracé aussi un cercle qui paraît représenter les Limbes. Le cercle de l'eau ou l'Océan environnant est entouré par le cercle de l'Air. Ensuite vient celui du Feu, puis se succèdent le cercle ou le ciel^ de la Zune, de Mercure, de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter, et enfin de Saturne. Au delà sont tracées les orbes des autres cieux : le Firmament^ le neuvième Ciely le dixième ou Ciel cristallin y et enfin le Ciel empyrée. Sur ce dernier sont inscrits : Cherubim, Potestates, Dominationes, Archangeli, Angeli, Homo, VirtuteSy Principatus, Throni et Serapbim. Gette'disposition hiérarchique rappelle celle de Denys V Aréopagite, De cœlesti hierarchia :

Première hiérarchie : Séraphins, Chérubins, Trônes ;

Deuxième hiérarchie: Dominations, Vertus, Puissances;

Troisième hiérarchie: Principautés, Archanges, Anges.

Sur la mappemonde dont je parle, au-dessus de tous les cercles le mot Deus est renfermé dans un cartouche.

Le soin de représenter dans les systèmes cosmologiques Dieu présidant au système astronomique de la création, révèle toute la philosophie religieuse du moyen âge.

— Et comment savait- on tout cela? fit observer l'une des jeunes filles.

— On ne le savait pas, répondit l'astronome ; mais on le supposait.

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