NOMBREUX SYSTÈMES IMAGINES
k peu près dans une même orbite autour du soleil. Dans une étude intitulée : ■ Quod Tellus non sit centrum omnibus planetis, ■ il explique que quand Mercure est de ce côté-ci de l'orbite, il est plus près de nous que Vénus, et qu'il est plus loin de nous que cette dernière planète quand il est de l'autre côté. Cette hypothèse fut également adoptée par le moyen âge. Le lirmaraent aurait décrit en 7000 ans une révolution d'occident en orient, le ciel supérieur au firmament en aurait décrit une plus lente en ^9 000, et le ciel extrême, ou premier mobUe, qui donnait le mouvement diurne i toute
Syslème de Harlianus CapelU.
la machine de l'univers, aurait lui-même fait sa révolution en vingtquatre heures.
Le systèmes des Égyptiens, dont celui-ci n'est qu'une variante, a été enseigné après Copernic et Galilée même, au dix-septième siècle, par plusieurs universités d'Kurope. On l'appelait le système commun, parce qu'on supposait qu'en gardant de Ptolémée l'immobilité de la Terre et les orbites des planètes supérieures, et de Copernic le mon-
vement de Mercure et Vénus autour du Soleil, comme les satellites de Jupiter et de Saturne, ce système succéderait définitivement aux deux autres.
On imaginait alors toutes les raisons possibles contre le mouvement de la Terre. Le P. Riccioli, dans son Almagestumnovum^ a. eu cette véritable patience de bénédictin de rassembler soixante^ixsept arguments contre ce mouvement I
Nous venons de tirer de Toubli bien des systèmes différents. Cependant on pourrait encore en créer beaucoup d'autres, répondant tous à la simple observation des mouvements planétaires. Il suffit, en effet, de supposer immobile un corps quelconque de la famille planétaire, et tous les autres en mouvement. Il est possible, par exemple, que les habitants de Saturne croient leur monde immobile et central, d'autant plus qu'ils ont dans leur oiel d'immenses anneaux matériels disposés comme des arceaux pour soutenir les voûtes célestes et commencer les cercles. Comme leur mouvement de rotation est de 10 h. 15 m. et leur mouvement de translation de 29 ans et demi, ils peuvent faire tourner, d'une part, toute la voûte céleste et les astres ensemble en 10 h. 15 m., ou un jour saturnien, et, d'autre part, le Soleil en 29 ans et demi, et les différentes planètes en différents temps. Ainsi chaque monde a son système planétaire apparent. La raison éclairée par la science peut seule reconnaître Tinsuffisance de la vue et donner au Soleil la place unique qui lui appartient.
^ Il serait curieux de savoir comment les habitants des planètes jugent la Terre, fit la marquise.
— Ce dont nous pouvons être assurés, c'est qu'ils ne lui donnent point la position privilégiée dont nous nous sommes si longtemps et si puérilement vantés, répliqua l'astronome. Les habitants de Mercure, Vénus et Mars voient la Terre comme une étoile errante; ceux de Jupiter la voient comme un petit satellite du Soleil ; ceux de Saturne comme une tache insignifiante sur cet astre. Les autres ne doivent point nous voir du tout.
—Ah ! s'écria le professeur, vous avez oublié un système et un philosophe qui ne mérite point l'oubli.
— Quel système, et quel philosophe?