liv. 10 s. » d
De cette .somme de on/e mille sept cent trente livi'cs, il convient de retrancher diverses charges, l'entretien des bâtiments, i:ar exemple, les fournitures de Féglise, les réparations tant à la ferme de Saint-Martin qu'à celle de la Gour-du-Bois, la rente versée au vicaire perpétuel de Monchy, les travaux annuels au chœur de Tégiise et aux granges de cette paroisse, les décimes payés à Rouen et à Amiens. Ces dépenses s'élevant, année commune, à 2,400 livres environ réduisaient les revenus de la maison à 9,300 livres.
Après le départ des Jésuites, il ne resta au collège d'autres biens que ceux de dotation et d"ac([uisition : les bénéfices unis qui composaient la partie la plus considérable de ses anciens biens en furent distraits pour être eniployés à d'autres usages. L'établissement ne conserva qu'un modique revenu de 3,021 livres 10 sols, ce qui empêcha tout d'abord d'y mettre le nombre suffisant de maîtres et de les choisir tels que l'on aurait pu le désirer.
En 1762, la vente de l'argenterie de l'église produisit 5,425 liv. 4- s. 2 d., celle dos meubles une somme de 2,007 liv, 2 s. 3 d., suivant procès-verbal de vente du G septembre 1702.
Pieuré de Saint-Martin-au-Bosc
Nous passerons en revue quelques-uns des articles du tableau qui précède, en produisant des détails qui nous paraissent intéressants.
Le prieuré de Saint-Martin-au-Bosc, situé sur la lisière de la forêt d'Eu, entre Breuilly et Incheville, avait été fondé en 1106 par Henri I", comte d'Eu,
époux de Marguerite, petite-fille de Guillaume-le- Conquérant. Donné à la célè])r'e abbaye du Bec- Hello'iin avec des droits importants sur toute retendue du comté et des biens en Angleterre, ce prieuré lut par la suite uni et incorporé au collège avec Tassentiment de Tabbé commendataire et le consentement des religieux de Tabbaye ol)tenus le 12 janvier 1580, sous la condition d'une retenue de 20 sols par an, et à la suite de la cession qu en fit le titulaire D. Benoit de Chastaigne, religieux da la Chaise-Dieu en Auvergne, par acte du 19 juin 158i.
La bulle ou lettre-patente d'union accordée par le pape Grégoire XIII est du l*"' juillet 1584. Après une information faite de coiiiinodo et incominodo, elle fut fulminée par Tofficial de Rouen en 1586 comme utile et avantageuse au collège. L'union fut confirmée en 1603 par un arrêt du conseil, û la suite de démêlés entre les Jésuites et un sieur Joachim de Bellengreville, dont nons avons déjà cité le nom et que nous rencontrons de nouveau.
Saint-Martin-au-Bosc avait vu les donations faites par son fondateur lui être d'abord assurées par le pape Ilonorius II en 1129, ensuite par les comtes Jean II qui donna aux habitants d'Eu une charte de commune, Henri II, Raoul de Lusignan, sixième fils de Hugues de Bourgogne et par sa femme la comtesse Alix.
La charte de fondation (1106), donnait au prieuré de Saint-Martin et aux religieux qui y servaient Dieu : un manoir situé on Angleterre, « quod dicitur Hou; » au Tréport, un hôte et quatre masures; à Eu, la dime des droits de travers et la maison de Haironcourt; la dîme des deniers, blé, avoine et gerbe sur toute la forêt du comté; la dîme des regards de Noël et de Pûques; le droit de prendre dans la forêt le bois vif et le bois mort; le miel et les abeilles; le droit de panage; la licence de vendre et (racheter librement. La même charte confirmait au pi'ieuré les
donations de Hugues de Ilainseville (Incheville), de Barthélémy de Longroy, Droai-d du Mesnil, Clareinbault, Gautier « de Grenis, • Guidon.de Bazirival, et d'autres seigneurs (1).
Les prieurs de Saint-Martin, et les Jésuites après eux, ne restèrent point en possesson de ces droits sans essuyer de nombreuses contestations ni sans soutenir des procès soit avec ra])hé de Foucarmont, soit avec les cui'és d'Incheville, de Réalcamp et de Richemont (2). Les Jésuites en particulier soulevèrent un grand nombre de réclamations contre leur voisins, les(|uelles ils firent juger par le grand Conseil tribunal d'exception sur Tindulgence duquel ils pouvaient compter. D'ailleurs, il ne leur était point loisiljle de confier les causes de leurs domaines à des juges locaux, les juges des seigncurcries et des pairies comme ceux du comté d'Eu n'étaient pas, en effet, compétents des dimes. Les Jésuites, grâce au privilège particulier liont ils jouissaient, pouvaient s'adresser à une auti-e juridiction. A défaut de ce pi-ivilége, ils n'auraient pu traduire le curé d'Incheville, par exemple, qu'à Oisemont ou h Abbevillc, baillages qui ressortissaient au Parlement de Paris. Nous n'entrerons point autrement dans les querelles aussi obscures qu'interminables auxquelles la possession du prieuré de Saint-Martin donna lieu. Nous préférons expliquer en quelques mots ce qu'était la principale dîme aumônée à ce bénéfice, celle qui se percevait sur les deniers, blé, avoine et gerbe.
La dîme des deniers était partagée par moitié entre le prieur de Saint-Martin et l'abbé de Foucarmont. Elle se payait au dernier dix sur le prix d'adjudication du panage, ou droit de faire pâturer les bes-
(1) Copie de la eliarte de Henri I", coinle d'Eu. — Arch. du collège.
(2) La paroisse de Richemont fut fondée dans les essarts de la forêt d'Eu \ev^ 1300. Celle de Réalcamp fut créée dans la même foret cinquante années plus tard.
tinux dans la forêt (1). « Ce pasnage, dit un mémoire « mnnusci-it {2\ est un bien et revenu subject ù de « grands changemens. Il y a souvenl des années de « suite sans avoir aucune glandée ou pasnage, estant « certain que pour le présent ( IG40) la forest n'est pas « plantée de haut bois comme elle estoit par cy « devant, encore la vente des bois ordinaires qu'on « faict tous les ans et les extraordinaires qui se font « fort souvent, de plus il est coupé tous les ans plu- « sieurs centaines d'acres lesquelles de longues « années après ne contribuent rien au pasnage. Ces « raisons sont cause que cette ferme du pasnage ne « se donne pas pour longues années coirime les « autres fermes du comté d'Eu, mais seulement « pour chacun an lorsque les chesnes et autres ont « du fruict. Il faut encore scavoir qu'il ne se faist 1 point plusieurs fermes du pasnage selon les quar- « tiers, métiers ou autres endroicts de la forest, de « plus toutes les terres d'icello forest comprennent « tout ce qui est tenu et réputé territoire d'icelle qui « contient en longueur dix à douze lieues et sept à « huict en largeur (3). »
En 1571, le droit de panage était loué à Gilles Dubots moyennant la somme de i,125 livres; en 1579, à Jehan Aubourg le prix de 5,150 livres; en 1591, à Fr-ançois Margues, 1,020 livres; en 1012 et en 101<S, Ci Pierre Ducastel, 3,850 et 4,720 livres (i). S'il n'y avait pas eu dans l'année d'adjudication, on prenait deux sols pour chaque porc (5),
(1) Baux du panage de la forêt d'Eu, années 1579 et 1591. — Sentence du Conseil, 7 juillet 1581. — Arch. du collège.
(2) Arch. du collège.
(3) Divisée en 146 cantons et partagve en haute et liasse, la forêl d'Eu, eu y coniprenanl les taillis qui appaiienaient au comte, contenait an<'ieinienient 8,335 acres, soit une superlicie île 6,810 licctaies environ.
(\) Baux, (luiltancefs cl pièces de procédure dans les arcliives du collège.
(5j Inventaire des titrer et papiers du callège, fol. 4, verso.
Le revenu provenant de la diine du panage était variable puisqu'il dépendait du prix de la location. Il en était de même de la dîme des gerbes, sorte de droit de champart perçu sur les essarts de la forêt ou terres nouvellement défrichées. Pour racquitter, le laboureur abandonnait la dixième gerbe sur toutes ses récoltes de Tannée; c'était donc un revenu proportionné au produit de la terre. La troisième sorte de dîme payée par les tenanciers était la dîme des reyards de Noël et de PAquos, menues redevances qui accompagnaient ordinairement la rente principale et qui s'acquittaient en chapons, poules, œufs et laitages. On la nommait la dîme du grand et du petit mestier. A la suite d'un procès survenu en 1618, cette dernière fut remplacée par une somme fixe de 150 livres ([ue le receveur du comté versait chaque année au collège (1).
Le dernier religieux titulaire du prieuré avait été Benoit de Chastaignon. Avant lui, on trouve : Servais Centurion, Jehan Dubuisson, Jehan Vigneron (1445), Denis Blamton (1474), Jehan de Tlsle (1492), Nicole Dupont (1530), Antoine Noyan (1570j.
Du droit des anciens prieurs, et comme conséquence des donations primitives, les Jésuites percevaient certaines dîmes, menues ou grosses, sur difîerents territoires de la contrée. Le territoire des paroisses de Morienval et de Frettemeule leur fournissait une redevance donnée à Saint-Martin par un chevalier du nom de Gautier; même droit de dîme leur appartenait sur les paroisses de Visme, Gousseauville, Bazinval et Incheville. L'église de cette dernière paroisse avec le patronat, la dîme et les autres biens utiles avaient été légués très-anciennement au prieuré de Samt-Martin au-Bosc par Hugues dlncheville. On lit dans la charte de Tan 1106 : « Ex « dono Hugonis de Hainsevilla, ecclesiam de Hain-
(1) Transaction du 18 avril 1618.
« sevilla cum patronatu et décima et omnil)Us nliis « pertinentiis ejus, totamqiie terrain quam idem « Hugo habebat inter duos boscos a cruce InpUlea et « desuper, et unum bortum apud Hainsevillam, et « très acras prati juxta molendinum de Ilainsevilla.» Les Jésuites d'Eu étaient encore les gros décimateurs de plusieurs fiefs, tels que le fief Vitique, situé à Millebosc; les fiefs de la Marette, à Moncby; des Bruslés, 'à Gousseauville; de la Poterie, à Saint- Pierre-en-Val ; de Mortagne, du Louard, de Bouvdincourt et de Millencourt (l).
Au prieuré de Saint-Martin était attacbé la Courdu-Bois, fief qui avait été donné aux religieux vers Tannée 1249 par un chevalier seigneur de Millebosc et nommé Etienne (2). Cette métairie se composait d'un manoir avec cour et jardin, d'une masure, de cinquante acres de terres labourables et de pâturages d'une étendue égale. Tenue primitivement du prieuré par 48 sols de rente, 00 reufs, 2 chapons et 1 poule pour le manoir et les pAturages, et par 4 sols pour chaque acre de terre, elle avait été aliénée par le prieur Denis Blamton, trafiquant ainsi de son l)énéfice, A un laboureur nommé Jean Pesqueur. Les fils de celui-ci avaient o])tenu, « en cajolant le prieiu*, » un nouveau contrat de fiede le 22 octo])!"c 147^, et ils étaient ai'rivés A se croire propriétaii'os de la terre {H). Leurs héritiers la vendirent au sieur de Bellengrcville, gouverneur d'Ardres, par contrats des 2;? novembre 158ietlG mars 1585. Le pi-emier acte de vente fut conclu moyennant le prix de 1200 écus, 15 écus de vin du marché, et 20 sols de denier û Dieu (4).
A l'époque de l'union de Saint-Martin A la maison
(1) Baux l-I triinsarlions des aiiiiOus 15S7, 1G18, 17ii5, 171S el 1703. — Procédure coiili-e M. de Villei-s (1631). Aivli. du collège.
(2) InvPfilnirc des lih-cft cl jinpicra du cnllcfjc, fol. 30.
(3) Contrcilits ]>rés(Milés au ,i:r;iii(l Conseil en 1G2.S.
(4) ('oiiic lie l'A'ic d)> rente de lu <:our-du-n<)is. 23 uovoiuln'e 15S4.
des Jésuites (l5!^/t). le fief de la ("lour-du-Bois était entre les mains de Joacliim do Bollenj^reville. De plus celui-ci, pendant Texil do la Compaiinie, avait auf^menté ses biens de ce coté et s'était lait pourvoir du prieuré lui-même, grâce à la faveur qu'avait en cour son frère, grand prévôt de la maison du roi, de sorte que, lors de leur l'etour k Eu en 1607, es révérends pères s'étaient trouvés dépouillés.
Ils étaient rentrés en possession du prieuré de Saint-Martin et de la métairie de la Cour-du-Bois en IGIO; mais, ([uelques années api-ès, ils eurent à soutenir un long procès avec les héritiers du sieur de Bellengreville. Le 24 mars lG2i, ils obtinrent des Lettres de chancellerie adressantes au bailli d"Amiens, qui, par sentence du 10 décembre 1(J2G, déclara le contrat d'aliénation conclu par un des précédents prieurs nul et non avenu, et ordonna que le recteur du collège rentrerait on la propriété, possession et jouissance de la Cour-du-Bois. La demoiselle Ysa])eau de Bellengreville, puis après elle le sieur de Mailleleu, en appelèrent en la cour, en opposant la prescription et autres moyens. Toute la procédure aboutit A une transaction passée le 19 août 1637, par laquelle le collège rentra en possession de la métairie moyennant le paiement de certaines sommes (1).
Afin de compléter rénumération des revenus attachés à Saint-Martin-au-Bosc, nous ajouterons le droit de travers de la chaussée d'Eu, droit qui fut adjugé à Jean Fouache, moyennant 135 livres en 1059; à Françoise Duchemin, 100 livres et 121 livres en 1078 et 1710 (2). On peut compter en plus différentes rentes sur Tréport et Grandcourt provenant
(1) Faclum pour les PP. Jésuites du collège de la. ville d'Eu, intimez contre la deinoiselle de Bellengreville, appelante, 1610. — Pièces de proctklure des années uy>^i-1631. — Arch. du collège.
(2) Baux du travers de la chaussée d'Eu. Ai'Ch. du collège.
de donations faites vers 1230 par Raoul d'Issouldun- Lusignan, et confirmées en 1521 par Alphonse de Brionne, fils de Jean, roi de Jérusalem, époux de Marie de Lusignan (1).
Cure de Monchy
Le 12 mars 1G09, Catherine de Clôves présenta au pape Paul V une supplique dans laquelle elle lui demandait, en raison de Tinsuffisance des revenus des Jésuites d'Eu, d'appliquer et convertir à Tusage et utilité de leur collège tous les fruits et biens de la cure de Monchy et de la chapelle de Saint-Eustachedu-Tot. Le 30 juin de Tannée suivante le pape accorda sa bulle en faveur de Tunion. Ce ne fut toutefois qu'en 1016, le 8 février, que François de Harlay, qui avait succédé au cardinal de Joyeuse dans l'archevêché de Rouen, donna son consentement à Tunion de l'un et de l'autre de ces bénéfices. L'official rendit sa sentence le 3 mars suivant, et il envoya les Jésuites en possession de la cure Saint-Riquier, de Monchy, vacante par la résignation de Jean Oronce, dernier curé de cette paroisse.
Mais dans l'ancienne jurisprudence canonique il n'était pas d'opération plus difficile que les unions de bénéfices : le grand nombre de formalités quelles exigeaient, les droits des parties intéressées qu'on était obligé d'y conserver, les nullités à éviter, les conditions, les réserves et les charges qu'on pouvait y introduire, en rendaient la procédure aussi longue qu'embarrassante. L'union de la cure de Monchy le prouve surabondamment, car, en dépit des précau-
(1) Aveu du 12 novcmhre i'j74. Ai'ch. du collège.
lions prises et des soins apportés dans la rédaction de l'acte, des difficultés ayant surgi, les Jésuites se trouvèrent par suite engagés dans des débats sans fin. Ils en sortirent à leur avantage. Par le fait de l'union, devenus ce qu'on nommait curés primitifs, les pères du collège d'Eu pouvaient prélever, à ce litre, les dîmes dont l'ancien curé avait joui. Les habitants de Monchy, excités par le vicaire de la paroisse et guidés peut-être par un sentiment d'animosité contre un ordre dont rien n'égalait l'impopularité, prirent l'offensive et protestèrent contre l'union (1G24). Ils accusèrent la Compagnie de les avoir dépouillés, et ils soutinrent leur accusation pied (\ pied jusqu'à la dernière heure avec une constance digne d'un meilleur sort. Tant que les Jésuites n'eurent atïaire qu'aux paroissiens, ils laissèrent ceux-ci crier tout A leur aise et ils s'en émurent d'aucune manière. Mais le vicaire perpétuel s'étant mis de la partie et ayant adressé un factum virulent au Parlement de Normandie, les révérends pères sortirent enfin de leur silence calculé. Ils se décidèrent donc à repondre, et voici ce que dans la circonstance M'' Seguin-Corbin, leur avocat, trouva de plus péremptoire. L'union de Monchy est bien faite, dit-il à la Cour, et quoique nous ayons pris les plus clairs revenus de la paroisse elle est encore assezriche. Le vicaire perpétuel n'a-t-il pas 300 livres que lui donne la bulle d'union, le presbytère, un jardin potager, une pièce de terre louée 50 livres, les baisemains et vœu d'église? De quoi ce desservant se plaint-il ? Il y a en Normandie plus de deux mille cures qui n'en ont pas la moitié tant. C'était, on le voit, en lui rappelant que d'autres étaient pauvres le consoler de sa pauvreté.
A l'argumentation cavalière et aux doctrines aventureuses de M« Seguin, le plaignant répondit :
Ne dira-t-on pas, mes pères, que par l'union dont
est procès, vous avez surpris la charité de la comtesse d"Eu? Vous avez doux mille livres sur le comté, le prieuré de Saiut-Martin vous rapporte une somme égale, et votre enseignement prétendu gratuit vous vaut plus d'écus d'or au soleil que la paroisse de Monchy ne vous fournira do gerbes. De quoi vous plaignez-vous? Mais vous êtes d'habiles gens.
Une transaction termina TafTaire. Les Jésuites gardèrent les grosses dîmes, se rései-vèrenl le droit de prêcher aussi souvent qu'il leur plairait et firent dél'ense au vicaire de prende le titre de curé. Le vicaire reçut les menues dîmes, et quelques années plus tard il obtint du duc do Maine une rente de quarante livres.
Saiut-Eustache-du-Tct
La chapelle de Saint-Eustache-du-Tot, située sur la paroisse de Saint-Martin-le-Gaillard, fut unie au collège en IGIO sur une requête présentée par le provincial de la compagnie de Jésus et par Catherine de Clèves. Le recteur du collège en fut mis en possession i)ar messire Le Seigneur, doyen d'Eu, le 18 juin 1609, avant que le pape eût donné sa bulle, et cette prise de possession avait été faite en vci'tu d'un mandement rendu par le cardinal de Joyeuse, suivant lequel les Jésuites lui avaient exposé, « que la du- « chesse de Guise ayant recoiuui l'insuffisance de la « dotation de leur maison, consentoit sous son bon « plaisir et agi'èment, ;"i (•<> (|u'il y lit l'union de la « chajjolle Saint-Eustachi'-dii-Tol dont elle avait la « nomination.
Trenie-huit aci-es de terre déiiendaient de cette chapelle.
Au monicnf, de son union elle se trouvait vacante par la mort de Cliai-les Caron, dernier paisible possesseur. Avant lui, en Tannée 1579, Etienne Sanson, prêtre chanoine du chapitre de Rouen était pourvu de ce bénéfice.
Notre-Dame-des-Grez
Fondée dans réalise de Saint-Xicolas-de-Villeroy, au diocèse d'Amiens, cette chapelle fut donnée aux Jésuites par la faveur de M. de Lannoy, gouverneur du comté. Elle appartenait à un jésuite nommé le P. Charles Le Roy, qui Payant résignée le 12 décembre 1611 récRangea pour une prébende à Picquigny. Sur cette résignation, Louis XIII donna ses lettres patentes du mois de janvier 1612 par les- ([uelles il unissait ce bénéfice à la manse du collège d"Eu. Elles furent suivies d'autres lettres de surannation, adressées à la cour et au bailli d'Amiens, en date du 9 juin 1614 et mai 1620, registrées le 17 juillet
Dans les derniers temps, l'entretien de Notre- Dame-des-Grez devint tellement onéreux que Ton réclama à plusieurs reprises la démolition de la chapelle (l).
Maisons
Dans un des chapitres qui précèdent on a vu que pour établir les classes on avait acheté plusieurs
(l) I.oltre du rlps.<p)vant dp Vit: pI Villprn}/. 9 mars 17fi3.
maisons de la rue Saint-Pierre. Lors(|u'on eût abandonné le projet de placer ces classes dans les terrains situés au-dessous de Téglise, quelquesunes des maisons furent démolies, d'autres furent louées.
Vers 1730, le collège avait neuf locataires qui lui payaient bon an mal an deux cents livres environ. Voici le prix des locations : Henri de Lippe, allié à la famille d'Imbleval, lieutenant au régiment de Roussillon-ca Valérie, tenait une maison rue Saint- Pierre, avec cour, jardin, écurie et dépendances, moyennant 80 livres; une maison située proche les PP. capucins était louée 96 livres; une autre, 22 livres; trois maisons, 64 livres en 1727 et 66 livres en 1737; une autre était tenue moyennant la charge d'entretenir de vitres la maison, Téglise, les maisons des autres locataires et le chancel de Téglise de Monchy, tenir en bon état les gouttières et prendre soin de six cloches au jardin; enfin, une maison « sise rue « Mouillette, derrière la vieille église des pères « Jésuites et vis-à-vis les classes des Ursulines, » était louée 18 livres en 1665, 20 livres en 1669, et seulement 12 livres en 1733, « encore le sergent d'espée qui la tenoit, dit le bail, est-il parti sans payer. »
Les Jésuites avaient, en sus, une rente de 35 livres hypothéquée sur deux maisons de la rue des Vadeaux (1) et sur une maison dite de la Triiye qui Jile, située paroisse Saint-Jacques.
(I) Deux aveux, l'un de ramice ir)27 el l'iiulie de ir)r)3, foit cormaiire une fauiille de ln-asseui's du nom de \'ai/e/, qui possédait une liuliilaUon avec jardin dans eelle rue. En liasardaiil une elynioloiiie, on poun-ail dire ((uc celle raniillo a laisse son nom à la rue des Vadeaux, qui serait la /""f (/es- \ntlvl, nux Vadrl ou Viiiloiiux.