‹ Histoire du Collège d'Eu d'après des documents inéditsChapitre 9 sur 13 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Biens el revenus du Collège d'Eu sous les Jésuites

Nous avons pense (ju'il ne serait pas sans intérêt, de rétablir Tétat des J)iens du colléi;e d"Eu, de faire un inventaire aussi complet et aussi exact que possible de ses revenus (8). Pour dresser le budget ancien de rétablissement, il reste, d'une part, des liasses de quittances et de ])aux; de l'autre, le compterendu présenté au Parlement par M. Roussel de la Tour, le 10 mars i7G4. Toutefois, après avoir épuisé ces deux sources d'information, et malgré nos efforts, nous ne saurions nous flatter d'avoir absolument renconté juste. Il est notoire, d'ailleurs, que le revenu des jésuites d'Eu n'a jamais été connu d'une façon précise, pas plus durant leur séjour qu'après

(I) Reg. des délih. du colléiip, fol. li et 50.

i'I) lier), des diHib. munie, 2 mars 1792.

(3; En l'année 1760, la fortune des Jésuites en France, sans compter leurs biens des colonies, s'élevait de 56 à 60 millions. — llisl. ilo In Cnmp. ilr> Jr^itft. t. v, p. 226.

leur expulsion. Ace dernier moment, lorsqu^on avait un intérêt direct û savoir Vimportance des l)iens séquestrés puisque Ton espérait qu'ils feraient retour au neuvel établissemei t, le maire se trouva fort empêché de fournir quoique ce fût qui ressemblât à des renseignements satisfaisants. Dans ces circonstances, comme le Parlement de Normandie se plaignait de rignorance où on le laissait, on répondit simplement que les revenus du collège étaient cachés et (jue nul n'en connaissait la valeur il).

La mairie d'Eu étant alors en possession des papiers et des archives des Jésuites, ou du moins ayant pu en prendre communication, il est clair qu'en répondant de la sorte elle fit preuve de mauvais vouloir. Mais son obstination à se taire tint bon devant les réclamations de plus en plus pressantes du Parlement; néanmoins, la Cour ne tarda pas à être fort bien informée de ce qu'elle désirait connaître. Les inventaires, titres et autres papiers des Jésuites ayant été confiés aux officiers de la sénéchaussée de Ponthieu, ceux-ci s'empressèrent de les dépouiller et de présenter le résultat de leur travail. C'est grâce à ce compte-rendu, et aussi aux documents restés au collège, que nous pouvons embrasser dans leur ensemble les ressources anciennes dont le collège d'Eu a disposé.

Le contrat de fondation assurait aux Jésuites une rente de deux mille livres ù prendre en (|uatre termes égaux, le premier commcnçanl au mois de janvier 1582, sui' les deniers provenant des ventes de bois de la forêt. Ce revenu, reconnu insuffisant, s'augmenta bientôt des dons de Henri de Guise, de Catherine de Clève, des donations de la ville et des habitants.

L'année même de la fondation du collège, en outre des terrains destinés à l)ûtir les classes et des sommes destinées aux constructions, les Jésuites reru-

(1) 110(1. Wcs (l('-lihrr. vnniir., L'I lunrs I7(>2.

rent différentes immunités qui avaient bien leur avantaire : par exemple le franc-moudre au moulin banal, l'exemption de toutes impositions, aides et subsides aux poi-tes de la ville, la même exemption aux étaux de la boucherie et sur le marché (10 et 18 janvier 1582). De plus doux rentes. Tune de cent et l'autre de deux cent cinquante livres, leur furent aumonées par Anne do Roncherolles, veuve d'André de Bourbon, sieur de Rubcmpré. Les Jésuites n'attendirent point de recevoir ces donations pour faire auprès du duc do Guise une démarche pressante^ dans le but de lui rappeler la promesse stipulée au contrat de fondation. Le duc s'était, en effet, engagé : « à employer tous ses moyens à poursuivre f l'union du prieuré de Saint-Martin-au-Bosc, situé « près de la ville d'Eu, pour estre uny et incorporé « au collège. » Ce prieuré dépendait de l'abbaye du Bec dont l'abbé commendataire était, c» cette époque, un membi'e de la puissante famille de Lorraine, Dans ces conditions, l'union si vivement désirée était facile : Claude do Lorraine y avait donné son consentement dès le 24 novembre 1570. Elle eut lieu en 1584. Par ce seul fait les revenus de la maison se trouvèrent être doublés. On vit encore le collège acquérir les dîmes de la paroisse de Monchy, appelé alors Monchy-le-Riche, des redevances sur l'abbaye Saint-Michel-du-Trôport, sur le prieuré de Sainte- Croix, la maladrerie des Glands, la vicomte de Grandcourt, les chapelles de Saint-Eustache-du-Tùt et de Notre-Dame-des-Grez, des dîmes à Monval, Bazinval, Bouvaincourt, Mesnilreaume, à Visme en Vimeu, la dîme des essarts de la forêt et du panage de la même forêt, etc., etc.

Le tableau qui suit résume fidèlement les revenus du collège tels que nous avons pu les reconstituer. 11 permettra de les saisir rapidement dans leur ensemble :

Pension sur le comté d'Eu 2.000 liv. «s. »

Droit de franc-moudre. 371. 10s. \ Rente sur les revenus \

du comté 50 »

Rente sur le domaine

du comté 600 »

Maisons en la ville d'F.u

louées 289 <> ,

Rentes foncières 54 »

Rentes sur les Etats de

Bretagne 500 »

Rente sur les aides et

gabelles 400 » /

Prieuré de Saint-Martin- xu-Bosc.

La ferme du prieuré

(bail de 1709) 3001. «s.

La cour du Bois (bail de

Pâturage et panage, évalués 600 »

Dîmes àVismeenVimeu 600 »

Dîmes des essarts ( 16S0) 300 »

Dîmes ù Monval (bail de 1

Dîmes à Bouvaincourt . 150 »

Autres dîmes 700 »

Rentes seigneuriales.. . 39 »

Travers de la Chaussée

Gens sur Saint-Pierrc-

en-Val 59 » '

Cure de Monchy affermée par les

économats 2.900

Chapelle Saint - Eustache -du-T6t,

afteriiiéo 900

Chapelle de Notre-Dame-des-Gre/. . 200

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