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OBSERVATIONS PARTICULIÈRES

Ceux de MM. les parents qui désireront donner à leurs enfants des maîtres d'écriture, de dessin et lavis, les arts d'agrément, la danse, la musique instrumentale et vocale, trouveront cette ressource à Chim m: mais cette dépense sera à leur compte. Ceux cependant qui. pour leur tranquillité, voudraient se débarrasser des honoraires des maîtres, de l'entretien de leurs enfants, même des frais de maladie, pourront le faire en payant 700 livres de pension.

Nous exhortons les père et mère à ne pas retirer les enfants du Collège pendant les vacances qui commencent le- 15 septembre et finissent au l" novembre. Ce temps tourne en pure perte pour un • ■niant : ils perdent, pour l'ordinaire, le goût de l'étude; ils prennent pour la contrainte et la discipline, une aversion qu'ils propagent trop souvent parmi les autres écoliers lorsqu'ils reviennent au ' lollège.

On permet aux enfants d'écrire à leurs parents aussi souvent qu'ils le désirent, on les force à le faire une fois par mois.

Monsieur le Principal fera tous les mois un examen dans les différentes classes; il prendra les notes des professeurs sur le caractère et les dispositions de chaque élevé.

A la fin de chaque trimestre, il réunira ces notes el les fera passer aux parents pour les instruire du progrès de leurs enfants et de L'aptitude qu'ils montrent pour les différentes parties de l'enseignement.

l. année classique sera terminée par des exercices publics, suivis de la distribution solennelle des prix par lesquels on. alimente l'émulation des élèves qui se sont distingués dans les différentes parties de leurs études.

Ceux de MM. les parents qui désireront placer leurs enfants dans notre Collège voudront bien en prévenir M. le Principal le plus tôt possible.

( m admet les enfants depuis l'âge de six à sept ans, pourvu qu'ils Bâchent lire passablement et former quelques letti • -

Les lettres et paquets seront adressés francs de port, à M. Gaultier la Richerie, Principal du Collège à Chinon.

l.u el approuvé par Nous, Administrateurs du Bureau «lu Collège de Chinon, Département d'Indre-et-Loire, ce vingt-cinq septembre mil sept cent quatrevingt-onze.

Vallée, Becquet, Mingot, Renault ju^e du tribunal, Joubert, Poitevin, Lemoine, Leconte curé de S1 Maurice, Gaultier principal.

A Chinon, de l'Imprimerie de F. Breton. 1791.

Nous ne pouvons dire si l'empressement des parents à mettre leurs enfants au Collège répondil à l'attente et à la bonne volonté des administrateurs et du principal. Mous savons en effet peu de choses sur ce qui se passa dans cel établissement pendant l'année scolaire 1791-1792, les délibérations du Bureau faisant presque entièrement défaut. Nous pensons néanmoins qu'il fut encore assez prospère et que, si le nombre des élèves diminua sensi blement, ce ne fut que vers la fin de l'année, par suite du dépari du principal et du changement de quelques uns des professeurs. Ces derniers étaient aussi nombreux (pie par le passé, mais plusieurs d'entre eux o que les dangers de la patrie avaient décidés à partir pour les frontières » quittèrent le Collège avant l'époque des vacances el ne furent peut-être pas avantageusement remplacés ' .

1 Registre des délibérations du Bureau du Collège, 1792-93. [Arcb. d'Indreet-Loire, L. 320.

pendant les événements s'étaient précipités et la situation financière du Collège en avait ressenti le contrecoup. L'Assemblée nationale, par le décret du 2 novembre 1789, avait « mis à la disposition de la Nation » les biens <lu clergé, autrement dit les avait confisqués; puis, par le décret du 13 février de Tannée suivante, elle avait supprimé les abbayes et en général toutes les congrégations régulières. Le Collège ne touchant plus dès lors les redevances que lui payaient l'abbé de Seuillyetle Chapitre de Saint-Mexme, se trouva fort en peine pour faire face à ses dépenses et il dut s'adresser à l'administration départementale pour obtenir que l'Etat, qui s'était substitué aux anciens propriétaires, acquittât leurs dettes. Faisant droit à cette juste réclamation, le Département,, par deux arrêtés en date des 2 et 14 mai 1792, déclara le Collège créancier de la Nation pour la rente annuelle de 1.200 livres que lui servait l'abbé de Seuilly et pour celle de 250 livres que lui payait le Chapitre de Saint-Mexme (*).. Mais ces engagements furent-ils fidèlement remplis? Nous ne pouvons l'affirmer. Et, dans tous les cas. ils ne le furent pas pendant longtemps.

A cette époque d'expropriation arbitraire, les propriétés du Collège elles-mêmes se trouvaient menacées, et les administrateurs prévoyaient déjà le sort qui leur était réservé. Dès le commencement de 1792, ils avaient en effet été invités par le Conseil général de la commune, et sur la demande du Directoire du district, à fournir un état détaillé des « biens, fondations et domaines » de cet établissement, et ils se demandaient avec anxiété si le Collège n'allait pas être assimilé aux communautés et si le gouvernement ne se proposait pas de s'emparer de ses biens. Une décision du Directoire du district, en date du 5 février de l'année suivante, devait les rassurer momentanément, en déclarant que les propriétés de cet établissemenl continueraient provisoirement à être administrées comme par le passé. Ils étaient en même temps autorisés

ixchives municipales de Chinon. série M.

;i vendre des coupes de bois, dans les domaines que le Collège possédail à Ligré el à Seuilly, afin de leur per mettre de faire diverses réparations el de payer le princi pal et les régents ">.

Gaultier La Richerie ayanl été appelé à la cure «le Richelieu, se démil du principalal au commencemenl d<> juillel 1792.

Après son départ, Delatre se chargea provisoirement de la direction du Collège el prit dès lors l<i titre de viceprincipal ou de principal provisoire. C'esl en cette qualité qu'il s'occupa Mrs préparatifs de la distribution des prix, qui «Mit lieu le 3 septembre. Le Bureau vota à cette occa sion une somme de « 3tf à 40 livres » pour l'achat de volumes destinés aux lauréats, el les fonds nécessaires pour la construction d'une estrade sur laquelle les élèves devaient jouer une pièce de théâtre -

Quelques jours après. Gaultier ayanl manifesté le désir d'être déchargé des effets mobiliers qui lui avaient été mis entre les mains lors de son entrée au Collège, l'inventaire en fut fait les 1 i- et 17 septembre et le procèsverbal lui signé par Delatre qui, à la date du 17, prenail déjà le titre de principal $).

En votant la loi du 18 août 1792. qui supprimait les

congrégations séculières, l'Assemblée législative avait, par cela même, déterminé la fermeture d'un grand nombre de collèges. Celui de Chinon, alors dirigé par des prêtres assermentés et non réunis en congrégation, ne fut pas atteint. 11 subsista pendant toute une année encore, à peu près dans les mêmes conditions que par le pas-r. Ses revenus avaient cependant, déjà, subi une diminution

(i) Archives municipales de Chinon, série M.

(2) Délibérations du Bureau du Collège, 1792-93 (Arch. d'Indre-et-Loire, L. 320.)

<3) Cet inventaire (ut arrêté à la somme de 237 liv.6 sols, comme l'avait été

le précédent, pour les objets m111' le principal devait remettre en nature, et à

celle de 3.220 livres <; sols seulement pour ceux que le Bureau devait reprendre

au prix d'estimation. Celle dernière somi itant inférieure a celle pour

laquelle Gaultier avait pris possession de ces objet> en 1791, il remil pour se libérer une somme de 130 livres et divers objets mobiliers lui appartenant en propre el estimés 55 livres. (Arch. nmn. de Chinon, série 1.

le; ils se trouvaient réduits à 3.000 livres, -tien faite des charge -

situation relativement précaire, le Bureau nli- s, ms sa réunion du 11 septembre, à décider

la réouverture des classes pour le commencement de novembre, mais il se vit dans l'obligation de réduire à trois le nombre des professeurs : un pour les mathématiques, deux pour les humanités. Il décida en même temps que ces trois maîtres habiteraient le Collège et qu'ils toucheraient : le premier 900 livres, à la charge de remplir les fonctions de principal: les deux autres, chacun 575 livres. Au moment de la rentrée, et sur la réclamation des deux derniers, qui considéraient leur traitement cornrne étant insuffisant, il leur fut alloué 700 livres par an. tandis que les émoluments du premier furent, sur sa demande, réduits à 750 livres D.

Le nouveau principal. Delatre, continua d'enseigner les mathématiques, comme par le passé. Mais, en acceptant provisoirement le principalat. il avait déclaré qu'il ne voulait pas tenir de pensionnat - . Il n'y eut donc pas d'internes au Collège, lors de la rentrée de 1792. et cette grettable, en éloignant de l'établissement un lin nombre d'élèves, lui causa sans aucun doute un grand préjud

Peu de temps après la rentrée, les trois professeurs du Collège avaient été l'objet d'une mesure d'exception de la part du se I général de la commune, qui les avait

autorisés à ne pas monter la garde, ce à quoi étaient alors astreints tous les citoyens. Ils avaient fait valoir, pour obtenir cette faveur, que ce service les mettrait dans l'obligation d'interrompre les classes et quedu reste le traitement qu'ils recevaient était trop minime pour leur permettre de se faire remplacer par d'autres ci- ■-• s

ette époque que fut créée, pour la première

• -rations du Bureau du G - " 2-93 J. c. .

- : j Bureau du C - ' 8-

- .nunicipales. Arch. mun. de Chinon. B. .

s, une bibliothèque

u district m g [uantité de livres, pro-

venant s mmuna pieuses

supprimées. Le Conseil g - j.mt

le^ util si ai toi mer

publique, en demanda l'aul

du district, i émarche, faite [< ~

un accueil favorable, et le 5 janvier suivant le princ fut cbai - sporh

tous les volumes qui lui ps

mei biblioth» ont il -levait ii\«»ii la surveil-

lance

pendant Delatre, qui n'avait princij

que ten ment et en attendant que l'administration

pût trouver une pers il»le d'en remplir les

tions. finit par se lass situation. I •

vrier IT93, il déclara qu'il ne voulait pas longtemps cette charge, et que son désir était d< -

s< gnement 'les mathématique - Bureau pria alors deux de ses

- informations sur un nommé Pierre Péchigny. que l'un - ministrateurs du département avait indiqué comme pouvant >e charger de la direction du Col-

Les - ments ayant sans doute été favoral Péchigny. qui se trouvait à Paris, fut prié si endre à Chinon.

Les deux principaux, qui, depuis la rentrée de I" venaient de >h succéder au Collège national, avaient appartenu l'un et l'autre au clei g g dieret à l'< Bénédictins de la c< - - ition de Saint-Maur. Leur -

sseur, pour la première fois depuis deux n'appartenait pas au cle -

(1) Délibérations municipales. (Arch. mun. de Chinon. B. 32. — L'Assemblée constituante, pn 5 l'Ass - -Native, avaient fait dresser par les admi-

nistrateurs des districts. d-;< catalogues de c- ~ s a Convention devait

plus tard, par un décret du 8 pluviôse an II, ordonner de créer, avvolumes, des bibliothèques publiques, analogues à celle dont le Conseil général de la commune de Chinon décidait alors la formation.

Le 2 avril, le nouveau principal se présenta pour prendre possession de son poste. Il arrivait dans un bien mauvais moment. Le Collège se trouvait complètement désorganisé. Delatre était seul. Les deux professeurs chargés d'enseigner les humanités, Simon et Villain, que leur patriotisme avait, pour la seconde fois, engagés « à se vouer à la défense de la patrie », s'étaient enrôlés le mois précédent dans les armées de -la République f1'. Il fut donc convenu, puisqu'il n'y avait pas de pensionnaires, que Péchigny, tout en exerçant le principalat, occuperait l'une des deux chaires laissées vacantes par le départ de leurs titulaires; et, le 1er mai suivant, le Bureau lui vota provisoirement un traitement de 1.000 livres. C'est à cette somme que le décret de la Convention des 14 et 16 février précédent avait fixé le minimum des appointements des professeurs dans les villes dont la population n'atteignait pas 30.000 habitants.

Le nombre des élèves devait sans doute être alors fort restreint, puisque Péchigny et Delatre suffirent seuls à l'enseignement pendant presque tout le reste de l'année scolaire. Villain ne revint pas au Collège, et Simon ne rentra que le 1er juillet <2).

I) La Convention avait décrété, le 22 mars, que les professeurs, qui se rendraient à la frontière pour la défense delà patrie, conserveraient pendant leur absence le tiers de leur traitement et qu'ils reprendraient leur place lors de la paix. Simon et Villain n'avaient pas attendu cette décision, puisqu'ils étaienl partis dès le 7 mars.

Délibérations du Bureau du Collège, 1792-93. (Arch. d'Indre-et-Loire. !.. 320.1

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