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Distribution des prix . .
Directeur de l'Kcole pri-
maire supérieure . . .
Total 3087 f.
Total
Il n'y avait donc que 38 élèves (sans compter les boursiers), et sur ce nombre 19 seulement étaient pensionnaires. Cependant, les professeurs étaient encore nombreux et le budget atteignait un chiffre élevé. Le Collège restait de plein exercice et il continuait, nous apprend une délibération du Bureau, à obtenir « des places distinguées » au concours général clés collèges de l'Académie W.
Sous la direction vigilante et ferme du nouveau principal, le nombre des élèves augmenta peu à peu. A la rentrée de 1847, on en comptait déjà 60, dont 39 internes ; et en 1850. il y en avait 78, dont 44 internes. M. Rouet était, il est vrai, aussi sévère pour le personnel enseignant que pour les élèves. Il veillait à ce que les professeurs ne se laissassent pas manquer de respect et à ce que le bon ordre ne fût jamais troublé dans leur classe; il exigeait enfin que leur conduite, en dehors du collège, ne pût donner prise à la critique, ni servir de mauvais exemple a.ux élèves. Les administrateurs le soutenaient du reste dans cette tâche délicate.
Pendant le cours du principalat de M. Rouet, diverses améliorations furent introduites dans l'établissement, tant au point de vue de la discipline que de l'instruction. Les élèves furent divisés en deux sections : grands et petits, avec études et cours distinctes. L'enseignement de la langue allemande fit partie des programmes (1849). Les exercices de gymnastique entrèrent en vigueur, et divers appareils (grand mât, portique, cheval de bois, barres parallèles, trapèze), munis de leurs agrès, furent installés à cet effet dans la grande cour (1848), où ils résistèrent pour la plupart pendant plus de vingt années aux injures du temps.
Enfin, c'est sur ses instances réitérées que le Conseil municipal l'autorisa, en 1849, à annexer au collège, à ses
i! élève, M. Léon Renault, de Bourgueil. avait encore remporté, quelques années auparavant, un premier prix d'histoire et un second prix de version latine.
risques H périls, une école primaire élémentaire donl les élèves ne devaienl payer a la Ville aucune rétribution. Ce qu'ils versaient au principal était consacré à salarier le maître el ô créer le mobilier scolaire qui devail restei in propriété de la commune. Toutefois, il étail interdit au principal d'y admettre des enfants capables d'entrer dans la classe de 8e ou dans le coins de P année de l'école
primaire supérieure ''.
Cette école eut aussitôt un succès qui s'esl maintenu depuis lors. Elle ruina rapidemenl une institution libre créée quelques années auparavanl el donl la tenue ne laissait pourtant rien à désirer - . Elle attira égalemenl au Collège un certain nombre d'élèves des deux écoles primaires publiques de la ville qui, cependant, étaient alors gratuites.
Vers celle époque, plusieurs circonstances indépen dantes de la volonté de M. Rouet portèrent atteinte à la prospérité du Collège.
La retraite de M. Madamet, sous le principalat de M. Filleau, avait déjà contribué à désorganiser les cours préparatoires aux grandes écoles du gouvernement. Cependanl le niveau de l'enseignement scientifique s'était encore maintenu avec ses premiers successeurs. Mais le départ de M. Sainton, en 1849, porta le dernier coup à cet enseignement. Le professeur qui lui succéda n'était pas à la hauteur de sa lâche, el le Collège ne fournit plus désormais de candidats à l'école polytechnique ni à celle de Saint C\ i .
(1) La classe primaire élémentaire figure pour la première fois sur le palmarès de is52. Cependant les élèves de celle classe reçurent solennellement leurs prix en 1850 el en 1851.
. Cette institution, fondée par M. Louis Serpin, en 1 ^ **;. occupai! la maison qui porte dans la rue J.-J.-Rousseau le n" 61.
(3 A la rentrée <ie is">'.. ce régent fut remplacé par un jeune bomme très distingué, mais qui, malheureusement pour le Collège, ne resta qu'un an. En même temps qu'il enseignait les mathématiques, le nouveau professeur se préparait en effet a concourir pour l'écol ■ de Saint-Cyr. il y fui admis le premier à la fin de l'année scolaire el en sortit deux ans après avec le même numéro. Cel officier, dont la carrière militaire a été des plus remarquables, est le général Pierron, ancien commandant en chef du '' corps.
Enfin, lu Constitution de 1848, en proclamant la liberté de L'enseignement réclamée depuis longtemps, atteignit dans leur prospérité beaucoup d'établissements universitaires. Le Collège de Ghinon fut de ce nombre. Le monopole de l'Etat en matière d'instruction secondaire avait déjà, sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, reçu de nombreuses atteintes, mais la décision il»1 l'Assemblée Constituante faisait disparaître les derniers vestiges des anciens privilèges de l'Université.
Ce nouveau régime fut organisé par la loi du 15 mars L850, qui. en sanctionnant la liberté de l'enseignement, exigeait en même temps, des villes possédant des collèges communaux, certaines garanties. Elle leur imposait l'obligation d'assurer l'existence de ces établissements durant 5 années, en garantissant, pendant ce laps de temps, le traitement du principal et des régents; elle les obligeait en outre à devenir propriétaires de tout le mobilier scolaire ; et elle leur accordait un délai de deux ans seulement pour se conformer à ces prescriptions.
La première des dispositions que nous venons d'énoncer ne prenait pas la Ville au dépourvu. Le Conseil municipal s'y était en effet conformé depuis quinze ans déjà, dès qu'il avait été question de l'imposer aux communes. Le 15 juin 1852, la Ville décida donc de renouveler pour la troisième fois l'engagement quinquennal qu'elle avait pris en 1837, et le Conseil vota pour cinq années une somme annuelle de 10.800 francs, permettant de faire face aux dépenses portées au budget du Collège.
D'après ce nouveau traité, tous les professeurs étaient chargés de l'enseignement de l'histoire afférent à leur classe ; le principal avait, comme parle passé, le bénéfice • le l'internat, mais il devait verser dans la caisse de la Ville :
80 fr. par interne (70 quand il y avait plusieurs frères) ;
80 — par externe secondaire ;
57 — par externe de 3e année du cours prim. supérieur ;
i7 — — — de Ie" et 2' année ;
30 — par externe assistant aux études.
Enfin, pour satisfaire è l'obligation imposée a la Ville de devenir propriétaire de l;i totalité du mobilier scolaire, le Conseil municipal vota, le -il octobre 1852, l'acquisition du mobilier que M. Rouel possédait au Collège el qui fut estimé 3.853 fr. 88 c, que la Ville devait payer en quatre annuités, réparties sur les budgets de \<>>> à 1859, avec intérôl à 5 pour cent .
C'est sous le principalat de M. Rouet, en 1848, que la tunique remplaça le frac, qui avail été jusqu'alors l'uniforme réglementaire des élèves. Elle était, ainsi que le pantalon, <mi drap bleu foncé avec passe-poils rougi elle se fermait au milieu de la poitrine par un rang de boutons dorés portant i«i nom de l'établissement (Col • le Chinon), et se trouvait maintenue par un ceinturon dont la plaque, en cuivre doré, portail au centre la lettre C. Le képi fut en même temps adopté comme coiffure; il était en drap bleu fonce, avec galons dorés.
Aussitôt que la loi d*e 1850 eut été promulguée, des maisons d'instruction secondaire, dirigées par des maîtres laïques, par des prêtres séculiers ou par des congréganistes, se fondèrenl de tous côtés h ne tardèrent pas ii faire une concurrence des plus sérieuses aux anciens collèges. C'esl à cela qu'il faut attribuer, en partie «lu moins, la diminution du nombre des élèves qui, déjà sensible lors «lu dépari de M. Rouet, au mois «l'août isr»2. ne lit que s'accentuer sous son successeur, M. Morel (1852-1854), et pendanl les premières années du principalat de M. < lhaveneau.
Cependant il est une autre cuise donl l'action fut peutêtre i il u s directe et plus décisive encore sur la décadence du Collège.
A partir du Ier octobre 1852, en vertu d'un décret du 10 avril et d'un arrêté du 30 août de la même
année l!. les classes devaient se bifurquer au-delà de la i . de manière à former, depuis le commencement de la 3e jusqu'à la lin des études, un double enseignement parallèle et complet : l'un littéraire, comprenant les classes de troisième, seconde, rhétorique et logique lettres (cette dernière remplaçant l'ancienne classe de philosophie), conduisait les élèves au baccalauréat es lettres; l'autre scientifique, comprenant les classes de troisième, seconde, rhétorique et logique sciences, les préparait au baccalauréat es sciences. Le premier, qui correspondait, ou à peu près, à l'ancien enseignement secondaire de l'Université, fut seul en vigueur au Collège de Chinon. Le second, exigeant des cours spéciaux et un personnel enseignant dont la création eût imposé à la Ville de nouveaux sacrifices, ne fut jamais organisé.
Les élèves qui se destinaient aux professions pour lesquelles le baccalauréat es sciences était alors exigé — et elles étaient très nombreuses — furent donc désormais obligés de quitter rétablissement dès la fin de la 4e pour aller terminer leurs études dans des maisons possédant renseignement scientifique. Le Collège en ressentit un coup tel qu'au printemps de 1856 (2), au moment où la Ville songeait déjà à renouveler son engagement quinquennal de 1852, il n'y avait plus que 9 pensionnaires, dont i latinistes.
Malgré cette situation déplorable, le Conseil municipal n'hésita pas à maintenir le plein exercice dans cet établissement pour lequel il faisait cependant des sacrifices hors de proportion avec les résultats obtenus. Il avait sans doute confiance en l'avenir, et l'on doit aujourd'hui lui en
(1) Ces dates et une partie de celles des décrets et arrêtés rendus depuis cette époque, nous ont été communiquées par l'Inspection académique d'Indreet-Loire, sur la demande de M.Brocas, principal du collège. Nous adressons a cette occasion nos sincères remerciements a M. l'Inspecteur d'Académie ainsi qu'à M. le Principal. — Toutes les autres dates ont été relevées dans les divers documents que nous avons consultés, puis vérifiées et complétées, autan! qu'il nous a été possible de le faire, en compulsant le Bulletin des Lois.
(2) Le décret de 1852 recevait alors sa complète exécution, après une période transitoire qui avait pris fin à la rentrée précédente.
savoir gré. 11 chercha toutefois à mettre en pratique une combinaison <iui. i<»ut en limitant les engagements de la Ville, lui aurait permis d'exciter l'émulation du principal en améliorant sa situation à mesure que le nombre des pensionnaires se serait accru. Il proposait pour cela de donner une subvention annuelle de 6.500 francs à ce fonctionnaire, qui aurait perçu pour son compte la rétribution collégiale et se serait chargé de payer les proies seurs comme cela s'était fait autrefois; il s'engageait en outre ii augmenter cette subvention de i < m i francs par pensionnaire, au delà de 15 et jusqu'à 30. C était une «lainière habile d'intéresser le principal à la prospérité du Collège. Mais 1»' recteur ayant fait observer <i"»' cette pro position ne sérail acceptée par l'administration universi taire qu'autanl que la Ville garantirait en même temps le traitemenl des professeurs, le Conseil abandonna son projet cl vota le renouvellement de son engagement quinquennal aux mêmes conditions que par le pas
Le Collège commença à se relever pendant les der nières années du principalal de M. Chaveneau. il n'y avail pas eu de classe de logique depuis 1855 el pas de bacheliers depuis 1854, quand, en 1861, deux élèves de cette classe furenl reçus au baccalauréat es lettres. Il y en eut dès lors presque chaque année, el généralement plusieurs. La prospérité de l'établissement «levait en effet s'accentuer encore sous la direction de M. Dousset qui, en 18<;:>. succéda à M. Chaveneau, el se maintenir dans la suite avec des alternatives diverses " .
L'arrivée de M. Dousset avail coïncidé avec l'introduction de nouvelles réformes dans l'organisation des études. Un décret du 2 septembre 1863 avait déjà reporté la bifurcation au commencement de la classe de seconde, quand,
(1 M. Dousset prit sa retraite en 1873, après avoir dirigé le Collège pendant 10 ans. Aucun principal ne resta aussi longtemps en (onctions pendant le xix* siècle. — C'est avec intention que nous nous abstenons de aommi successeurs qui, presque tous, smit encore existants, u ne nous appartient vas d'apprécier leur gestion. Leur nom figure dans la liste générale des principaux qui termine ce travail.
le t décembre de l'année suivante, un nouveau décret supprima le double enseignement parallèle créé en 1852 et remplaça les classes de sciences correspondant à celles de lettres par un cours de mathématiques élémentaires pouvant comprendre deux années, dont la première i rcut. en vertu d'un arrêté du 24 mars 1865, le nom de classe de mathématiques préparatoires, tandis que la seconde conserva le nom de classe de mathématiques élémentaires. La classe de logique lettres avait déjà repris son ancien nom de classe de philosophie, par suite d'un décret du 29 juin 1863.
Les modifications introduites dans les études par le décret de décembre 1864 et l'arrêté de mars 1865 ne furent mises en pratique, au Collège de Ghinon, que longtemps après : à la rentrée de 1876. A cet effet, un professeur de physique et de chimie fut adjoint au professeur de mathématiques, et le Collège eut dès lors, presque tous les ans, des bacheliers es sciences, souvent même en plus grand nombre que les bacheliers es lettres. En 1875, une chaire de philosophie et d'histoire avait également été créée au Collège, ainsi qu'un cours d'agriculture qui, supprimé bientôt après, fut rétabli dans la suite.
La présence de ces nouveaux professeurs permit aussi de compléter l'organisation de l'enseignement secondaire spécial, créé par la loi du 21 juin 1865 et qui remplaçait alors au Collège l'enseignement primaire supérieur, et, bientôt, de préparer les élèves de ce cours à l'obtention du diplôme qui était le couronnement de ces études (*).
C'est de cette époque (1875) que paraît dater également l'attribution au collège de Chinon de bourses de l'État, réclamées depuis longtemps par la municipalité, et dont la création dans les collèges communaux avait été autorisée par une circulaire du 26 décembre 1868.
Le Collège eut souvent aussi, depuis lors, des boursiers du département, et le Conseil municipal continua d'accorder, comme par le passé et avec une générosité qu'on ne
1 Diplôme d'études pour renseignement secondaire spécial.
saurai! hop louer, des bourses communales aux enfants iif La ville.
Depuis longtemps Le Conseil supérieur de l'instruction publique s'occupail d'apporter de nouvelles modifications dans l'organisation de L'enseignement secondaire, quand parut, le 28 janvier 1890, un arrêté qui mettail en pratique les réformes projetées.
Cet arrêté créail dans les collèges, indépendamment Mrs classes élémentaires el des o classes supérieures des sciences », un double enseignemenl secondaire complel commençant dès la classe de 6 : l'un désigné sous le îKun d'enseignemenl secondaire classique, avail pour base l'étude des langues anciennes et correspondait à l'ancien enseignement secondaire : L'autre, désigné sous le nom d'enseignemenl secondaire moderne, avail pour lui se l'él iule île la langue française et des langues vivantes, a l'exclusion des langues anciennes, el remplaçai l'an cien enseignemenl spécial. Un décret <lu 5 juin 1891 complétai ces réformes en créanl un baccalauréal de l'enseignement secondaire moderne.
Enfin, depuis le 3J mai 1902, le programme des études a subi de nouvelles modifications. Les élèves des lyc et collèges sont divisés en quatre groupements princi
paux : la classe enfantine pour les tout jeunes enfants; la division préparatoire, comprenanl deux années d'études : la division élémentaire qui comprend Les classes de 8e et de 7e, dans lesquelles on n'étudie pas Le latin ; enfin l'enseignement secondaire qui se compose lui-même de deux cycles distincts, dans chacun desquels les connaissances enseignées formenl un ensemble complet.
Le premier cycle a deux divisions (A el B) comprenant chacune quatre classes : 6e,5 . i el 3e. Dans la division A. on étudie le latin à partir de la 6e, et le grec est facultatif à partir de la 4e. Dans la division B, on étudie le français et les langues vivantes dont l'enseignement commence aujourd'hui dès la seconde année de la division prépara-
toire. Kiifin les élèves des classes de i'etde 3esuivent lous des cours de inorale. A la fin de ces quatre années, les élèves peuvent obtenir un certificat d'études secondaires du premier degré, qui leur est délivré sur l'avis des professeurs et après examen des notes obtenues pendant ce premier cycle.
Le second cycle, qui dure trois ans, comprend la classe de seconde, la classe de première, et, pour la troisième année, les classes de philosophie ou de mathématiques. Il y a, pour chacune de ces trois années, quatre groupements de cours conduisant chacun au baccalauréat de l'enseignement secondaire, mais avec des mentions spéciales correspondant à chacun de ces groupements : greclatin, latin-langues vivantes, latin-sciences, scienceslangues vivantes. Les épreuves se passent en deux parties : lune à la fin de la classe de première, l'autre à la fin des classes de philosophie ou de mathématiques. Les diplômes, malgré les mentions différentes qu'ils portent, confèrent tous les mêmes droits.
Ces réformes furent aussitôt mises en vigueur au Collège de Chinon qui, aujourd'hui, est pourvu d'un personnel répondant à tous les besoins du nouvel enseignement. L'école enfantine, qui seule n'existait pas encore, a été ouverte le 27 octobre 1903.
Des modifications successives ont également été introduites, pendant le cours du xixe siècle, dans la durée des classes, des études et des récréations, dans le nombre des jours de congé, ainsi que clans l'époque et la durée des vacances W. On consacre aujourd'hui au repos
(1) En l'an XIII, la distribution des prix eut lieu, à Chinon, le 24 fructidor
11 septembre 1805), et en 1807, le 17 septembre; les vacances duraient alors
5 a i; semaines. En 1817, les prix furent donnés le 9 septembre et en 1831 le
1" septembre. Au milieu du xixe siècle la distribution avait lieu du 8 au 14
août et la rentrée du 2 au 8 octobre. Enfin, depuis une vingtaine d'années,
les prix sont décernés dans les premiers jours d'août, souvent même a la
lin de juillet, et la rentrée des classes a lieu au commencement d'octobre.
Pendant un certain nombre d'années, au milieu du xixe siècle, il y eut
se au Collège, pendant les vacances, plusieurs jours par semaine, le
malin de x heures à 11 heures. Tous les élèves pouvaient suivre ces cours en
isant inscrire d'avance.
?l aux exercices physiques plus de temps qu'on ne le faisait autrefois, el l'on est bien loin de partager les idées qu'émettaient, en 1791, les i édacteurs du Prospectus du Collège national de Chinon, lorsqu'ils conseillaient aux parents de laisser leurs enfants au Collège pendant le temps 'les vacances, sous prétexte que les écoliers perdaient dans la famille le goûl de l'étude el l'habitude de la discipline <4). On ne craignail pas alors les effets du sur ménage.
Parmi les élèves les plus distingués qu'ait produits le Collège pendant le xixe siècle, citons, pour ne parler que de ceux qui ne sont plus : Emile Ruelle qui fut recteur de l'Académie de Bordeaux : Etienne Archambault qui, pen daiii de longues années, fut censeur «les études au Collège de Tours; les docteurs Saturnin Thomas et Alexandre Gendron qui, après avoir été internes des hôpitaux de Paris, exercèrent, le premier à Tours, le second à Chinon; M. de Sazilly, sorti de l'école polytechnique dans le corps des ponts-et chaussées : 1»' docteur Joubert, député d'Indre et Loire pendant dix années consécutives (1876-85) ; le docteur Guignard qui fut maire d'Angers et député de Maine-et Loire; Gustave Trouvé, qui a laissé comme ingénieur électricien un nom bien connu : .
Les nombreuses améliorations introduites au Coll< depuis une trentaine d'années se sont traduites par un accroissement successif des dépenses que nécessite son entretien.
Nous avons vu ([n'en lsil.au moment où cel établissement venait d'être rattaché à l'Université, son budget s'élevait, pour les dépenses, à la somme de 6.000 francs. En 1837, lorsque la Ville signa son premier engagement
(1) Voir ce prospectus qui es( reproduil p. 114.
(2) L'esprit inventif de G. Trouve" se manifesta de bonne heure. Etant
au Collège, alors qu'il se préparait à concourir pour l'école des arts el métiers, il faillit incendier la maison en faisant fonctionner une sorte de petite machine a vapeur de son invention, qu'il avait la dans son pupitre en quittant l'étude.
quinquennal, le budget était de 8.100 francs; en 1852, lors de l'application de la nouvelle loi sur l'enseignement, il atteignait 11.800 francs. Il resta alors stationnaire pendant une vingtaine d'années, puisqu'en 1872 il dépassait à peine 12.000 francs : puis il progressa peu à peu jusqu'en 1890, époque à laquelle il atteignait déjà près de 16.000 fr. L'année suivante, à la suite d'un engagement décennal signé par la Ville, il montait à plus de 21.000 francs et progressait ensuite jusqu'à 23.000, en 1899. Enfin, il dépassait 33.000 en 1900 et pour cette année (1904) les recettes prévues atteignent 37.000 francs et les dépenses 35.000, dont 30.000 environ pour les honoraires du personnel enseignant.
L'accroissement successif des dépenses du Collège est dû surtout à l'augmentation du nombre des professeurs et du chiffre de leur traitement. Mais aujourd'hui, ces fonctionnaires ne sont plus rétribués selon la chaire qu'ils occupent. Ils sont, d'après leurs titres universitaires, divisés en trois ordres, puis, dans chacun de ces ordres, par leur degré d'ancienneté et parfois aussi au choix, subdivisés en six classes. C'est d'après ce classement que sont fixés leurs émoluments, beaucoup plus élevés qu'autrefois. Ainsi, tandis que les régents des classes inférieures avaient, il y a cinquante ans à peine, un traitement de 1.000 francs seulement, aujourd'hui les professeurs de 3e ordre et de (i classe ne touchent pas moins de 1.600 francs. La différence est plus sensible encore pour les professeurs d'un grade plus élevé ; ainsi, tandis que les régents les plus payés il y a cinquante ans ne recevaient que 1.300 francs, aujourd'hui les professeurs de 1er ordre et de lre classe touchent 3.700 francs; quelques-uns même, assimilés, à grade égal, à leurs collègues des lycées, reçoivent davantage.
Malgré le chiffre élevé qu'atteint actuellement le budget du Collège, cet établissement ne coûte pas à la Ville ce que l'on pourrait croire.
En 1875, l'Etat accordait en effet, déjà, une subvention
annuelle de 1.500 francs, qui, de 1881 a 1890, dépassa 3.000 francs. A partir de 1891, el pendanl une période de 10 années, il pril à sa charge à peu près l<i tiers de in dépense, déduction faite du produil de la rétribution col îfuiiiit'. soit c.c.do francs. Enfin, d'après le traité actuelle int'iit en vigueur, c'est-à-dire depuis 1901, il contribue pour les deux tiers environ dans les dépenses du Col (plus de 17.000 francs par an). C'est grâce a cette dotation que lebudgel s'équilibre depuis quelques années avec un excédent de recettes de plusieurs milliers de francs, qui permel de faire à l'immeuble les améliorations m saires '' .
Peul être même viendra-1 il un temps où l'Etal se chargera entièrement de l'administration des Collèges de plein exercice, comme il le fait pour les lycées, et où le personnel enseignant de ces deux catégories d'établisse ments sera mis sur un pied d'égalité complète. Les <•<>! lèges ne pourraient qu'y gagner. Ils présenteraient aux familles les plus sérieuses garanties el le principal y occuperait une situation plus indépendante. Mais il fau drait que, malgré ces avantages, le prix de la pension ne fut pas augmenté. Nous taisons, dans l'intérêl de notre
(1) Voici, du reste, un résumé du projet de budgel pour cette année 1904 :
RECETTES DÉPEN8E8
Subcention de l'Etal Subvention Bxe prévue au Traitements fixes el indem-,
traité; subvention varia- ^9 115) oités diverses - - - dul3i.i00f.
ble : bourses nationales \ concierge '
etc.
Subcention dû département Bourses départementales. . . <>oo
Subcention de la Ville Subvention fixe; subvention) de ,„„.,..„, . dislributionl
variable; entretien des ba-î deg is |j|(.
timents : etc.
Recettes procenant du Collège Dépenses du pensionnat
Produit de l'externai sur , àpayerpa
veillé, de l'externai sim-| 8.785 Bourses d'externat; indem l pie, etc. nités dues au principal. »
Matériel Entretien des bâtiments et du mobilier; bibliothèque; j matériel scientifique; frais i
Totai 37.786f. roTAl 35.665 f.
N. B. — Les recettes provenant du Collège étant a déduire des sommes a payer, celles-ci ne s'élèvent en réalité qu'à 27.000 Francs, dont les deux tiers environ sont tournis par l'Etat.
Collège, les vieux les plus ardents pour que ce régime y soil mis en pratique.
En attendant, et en raison de la sollicitude dont l'entourent tout à la fois l'Etat, l'administration académique el l'autorité municipale, le Collège de Ghinon ne peut que prospérer. Et, en effet, dans ces derniers temps, il a pris sous la direction vigilante et paternelle de M. le principal actuel, un développement qu'il n'avait pas eu depuis de longues années. Lors de l'arrivée de M. Brocas, à la fin de 1899, il y avait au Collège 60 élèves, dont 15 pensionnaires, tandis que l'on y compte actuellement plus de 120 élèves et de 50 pensionnaires. Des professeurs d'un mérite incontestable secondent de tout leur pouvoir le chef de l'administration et contribuent ainsi à favoriser la prospérité de la maison.
Aujourd'hui, le Collège, qui est toujours de plein exercice, dépend de l'Académie de Poitiers W. Il est administré par un Bureau qui, depuis l'arrêté du 20 janvier 1886, est composé de 8 membres dont 4 en font partie de droit. Ce sont l'inspecteur d'Académie (président), le souspréfet, le maire, le principal du Collège. Les quatre autres, nommés pour trois ans par le ministre de l'instruction publique, sur la présentation du recteur et après avis du préfet, comprennent deux membres du Conseil municipal et deux notables habitants de la ville.
Le prix de la pension est, pour les grands, de 600 francs;
(1) En vertu des dispositions du décret du 17 mars 1808, qui créait l'Université, le département d'Indre-et-Loire se trouvait être du ressort de l'Académie d'Orléans, dont il fit partie pendant 40 ans. Cependant une ordonnance du 15 février 1815, supprimant les Académies et créant des Universités régionales, avait rattaché l'Indre-et-Loire à l'Université d'Angers. Mais cette ordonnance avait bientôt été annulée par le décret du 30 mars suivant et par l'ordonnance du 15 août de la même année, de telle sorte que le Collège de Chinon continua de faire partie de l'Académie d'Orléans jusqu'en 1848. A cette époque seulement le département fut rattaché à l'Académie d'Angers par un arrêté du 7 septembre, devant produire son effet le 1" octobre suivant. Moins de deux ans après, le décret du 27 mai 1850, devant être mis à exécution le 1" septembre de la même année, créait une Académie par département et rattachait ainsi le Collège de Chinon à celle d'Indre-et-Loire. Enfin le décret du 22 août 1854 réorganisa de nouvelles Académies régionales el rattacha l'Indre-et-Loire à l'Académie de Poitiers, dont le Collège de Chinon n'a cessé de relever depuis lors.
celui de la demi pension de 350 francs; celui de l'external de L10 francs. Toutefois, ces prix subissenl une réduction sensible pour les élèves des classes moyennes el pour ceux des classes inférieures M.
L'uniforme actuel des élèves, exigé seulemenl des internes, est celui qui a été adopté pour les lycées et collèges de l'Université par la circulaire du :îI mai 18 [1 consiste, pour les grands, en une redingote, un gilei et un pantalon en drap bleu foncé, avec une casquette marine de même couleur. Pour les moyens el les petits, la redingote est remplacée par un veston. Cel uniforme, qui etiiii depuis longtemps en usage 'huis beaucoup d'établissements libres, esl certes de meilleur ^r<»iii que tous ceux qui L'avaienl précédé. La redingote, le veston el le gilet sont garnis de boutons dorés, au nom du Collègi
(1 Nous croyons devoir mettre en paraUèle le prix de la pension et de la demi-pension à différentes époques depuis que le Collège esl rattaché Ci ['Université.
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