Son véritable nom était Watebled
de Presles, Jean de Rely, Geoffroy de Picquigny, pour le moyen âge, de Berquin, de Yatable, des savants imprimeurs Pierre de AVinglc et de Tournes, sans parler des noms illustres cités plus haut, suffit à indiquer la part considérable ([ui revient aux Picards dans ce domaine d'études, bien fait pour tenter leur esprit novateur et critique '. Valable fit ses études à Paris, vers lol9, précisément à la même époque où ses futurs collègues Danès et Toussaint, où les autres précurseurs de la Réforme, Farel, Roussel et Pierre Caroli , fréquentaient aussi TUniversité. Ces rapprochements de dates, dont je crois avoir montré rimportance à propos de Calvin, ne sont pas à négliger'. D'un caractère méditatif et doux, respecté par sa science immense, il inspira de vives amitiés. Il avait les allures et la figure d'un moine. Il assista, à Meaux, à ce qu'on peut appeler les temps héroïques de la Réforme française, et fit partie du petit cénacle de Briçonnet. Plus tard il quitta, comme Roussel, ce groupe devenu dangereux. Il fut de ceux que les supplices de Berquin, de Pauvant et des autres firent rentrer en eux-mêmes ; ce qui ne Tempêcha pas d'être censuré par la suite bien souvent par la Sorbonne. Ses Notes sur /'A?icien Testa?nent, recueillies par 'ses disciples et publiées par Robert
1. L'historien de la Bible française au moyen âge, ^l. Samuel Berger, a rendu houimoge en ces termes à cette activité remarquable de la race picarde, en uiatiùre d'exégèse biblique (p. 559) : « Le jour où l'histoire de la Bible française sera assez avancée pour permettre à l'historien quelque généralisation, on trouvera sans doute qu'une large part d'honneur revient à la race picarde dans l'œuvre de la traduction de la Bible. » Voy. le même ouvrage, p. 266. Remarquons encore que Berlin Le Comte, l'un des successeurs immédiats de Valable, était originaire d'Étaples.
2. Nous avons dépouillé les anciens registres de TUniversité de Paris, conservés à la Sorbonne, pour la période comprise entre 1517 et 1,525. Tous les noms des personnages qui jouèrent un peu plus tard un rôle actif s'y retrouvent, parmi lesquels ceux que nous venons de citer. Il est curieux de rencontrer, groupés côte à côte, souvent sur un même feuillet, tous ces noms devenus plus tard célèbres. Les registres don nent l'indication de leurs grades et de leurs bénéfices.
Estienne en 1543 ', ont une valeur réelle, que l'exégèse moderne a hautement reconnue. Il se soucia peu de produire, se contentant d'initier à ses idées et à sa méthode un petit nombre de disciples, parmi lesquels le protestant Jean Mercier, son successeur. Ce n'était pas un simple commentateur ; il estimait, d'accord en cela avec les doctrines scientifiques qui ont prévalu depuis, que les connaissances les plus variées devaient concourir à Tinterprétation des textes et que l'exégèse n'était pas une étude de mots et de formules, mais une science vivante dont l'horizon devait être le plus large possible. Marguerite de iNavarre lui manifesta toujours une active bienveilhince. C'est peut-être à l'inlluence de cette princesse que Valable dut de recevoir en deux circonstances des marques signalées de la faveur de François I". Il avait obtenu en effet l'abbaye de Bellozane, au diocèse de Rouen, et s'était vu maintenir la qualité de boursier du collège du Cardinal-Lemoine, quoique, selon les statuts, le terme de sa bourse fût arrivé. François P' ordonna qu'il serait, selon les formes de l'arrêt du 16 janvier 1544, « entretenu et gardé en son estât, maintenu en sa charge, pour le bien public, utilité de l'Université, décoration et honneur du collège - ». Il mourut le 15 mars 1547, peu de temps après l'octroi de cette distinction. Chose digne de remarque, ce fut Amyot qui hérita de ses bénéfices ^,
Oronce Fine, un Dauphinois comme Guillaume Farel, était fils d'an médecin de Brian çon. Il fut d'abord, durant sa jeunesse, considéré comme suspect et passa