‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 17 sur 21 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Dès le 17 nivôse an XI (7 janvier 1803), une asscunblée extr.aordinaire de la commune avait été convoquée, et la citoyen Ki/iqc avait fait un long et magnifique discours ««7' l'importance des études et sur leurs heureux résultats, avec un plan pour la réorganisation de i'Écote. Les arlides, après quelques modifications, en furent adoptés à la séance du 21 pluviôse suivant (10 février). On y peut remarquer les paragraphes suivants :

Art. 1*'. — Une école secondaire communalesera établie dans l'ancien collège de Quimper; et attendu que par le relevé ci-joint des titres, contrats et délibérations, arrêts du Parlement ,et du conseil d'Etat, Lettres Patentes qui se trouvent déposées aux archives de la Préfecture, la propriélé de la ville sur ce local est incontestablement démontrée, le gouvernement... sera priq d'autoriser et de confirmer la concession qu'on en a fait à l'école secondaire.

Art. 2. — Le maire aura la surveillance générale de cette école, sous Tautorité du sous-préfet et du préfet.

Le retour aux idées religieuses çtait marqué par le passage suivant : « L'étude de la morale et de la Religion ne « sera pas l'objet d'un cours particulier mais de tous les « instants ; Tétude du catéchisme, la pratique de la reli-

« gion catholique auront leurs moments et leurs jours déjà « consacrés par l'oinnon et les lois. » (1)

L'École fut établie. La direction en fut confiée à un triumvirat composé de MM. Dubosq, professeur d'histoire naturelle; (MiUrauH, professeur dô grammaire générale, et Le DéaVj professeur de mathémqtiques à l'École centrale. (2) Ils s'adjoignirent pour la littérature MM. Goardon et Vwxcn, et pour le dessin Fa/enfi/i, plus tard M. Pcrrin; mais les bases de cet enseignement étaient trop étroites, et le^ résultats n'en devaient pas être satisfaisants. (3) Le 26 mai 1806, M. Viuoc, alors maire, revint à la charge. Jl voulait avoir une école secondaire communale dont les cours seraient autant que possible conformes à ceux des Lycées. Comme l'agriculture était moins avancée dans ce département que dansle reste de la France, il demandait qu'il y eût un cours spécial d'agriculture suivi par les élèves les plus avancés et spécialement par ceux qui se destinaient à l'état ecclésiastique, pour propager dans les campagnes les connaissances utiles qu'ils auraient acquises, — Ses intentions libérales eurent de la peine à être réalisées et pourtant la commune s'imposait des sacrifices. Elle vota 19000

(1) Le prospectus de 1801 portait: « La tolérance rdi^^icirsc étant u établie par les lois de la Itépublifine, on recevra les élèves sans « égards à la religion qu'ils professent, el on ne les généra en aucune « manière clans l'exercice de leurs cultes. •» — Le progrès fait dans Jes idées en deux ans est digne de remarque.

(2) Le nombre des élèves n'exigeant pas pour cette école tous les bâtiments du collège, la partie du nord de l'aile occidentale et le lor étage de la parlie du slid furent cédés ù Mgr l'Évoque pour y placer son séminaire. Cela ne fut rendu qu'eu 1832^ et donné le VI août 1837 aux Zikess.

(3) En 1806, il y avaft 45 pensionnaires, 38 demi pensionnaires el 126 externes ; total 209 élèves.

DE QllMPEn. iSl

livres, le 24 août 1807 (1), pour la réparation des charpentes et de la couverture de l'église.

L'année scolaire 1807-1 808 vit même «'accomplir un fait bien bizarre : à la rentrée des classes pas un élève ne se présenta : Les maitresse retirèrent, et le collège, qui n'avait jamais vu ses cours complètement interrompus, fut fermé pendant un an. Les causes de cet événement ne sont pas bien connues. En tons cas ce n'était parla faute des directeurs ni des professeurs, et l'empereur, par décret du 17 octobre 1807, avait érigé l'Ecole en Ecole-communale secondaire.

L'année tout entière se passa en tiraillements : la ville éprouvait le besoin de réorganiser son collège ; monseigneur de Crouseilhes intervint tui-raêrae près du grand-maitre ' de l'Université. L'école dut-étre réouverte le 7 novembre 1808 et les nomi^^hs furent faites le 2, cinq jours seulement d'avance. ni y eut conjointement deux directeurs : MM. OUUrauU et Gaslincl. Les professeurs furent MM. Le Bars, Le Gros, Poyet, Le Dour, Le Floch, Goardon, Guyot, Longrye. La plupart étaient d'ancipns professeurs du cojlcge. En 1809, l'école comptait 79 élèves. Elle était bien déchue de son ancienne splendeur. Il n'y avait pas de pensiénnat ; les élèves des campagnes étaient logés à bas prix .chez les pauvres habitants de la ville. Cette institution n'était d'ailleurs que provisoire, et cependant, pendant sa courte existence, il y eut des dissensions très vives provoquées par le caractère irascible et intraitable du professeur.de quatrième, M. Le Floc'h,

(l) Un décret impérial du 11 mai 1807 établit comme annexe de la cnre de Quimper l'Et^lise do rancicn collège, sni* la demande de Mgr TEvéquc. Ce décret est cncoro en vigueur aujourd'hui.

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qui ne voulait reconnaître en rien rautorîté des directeurs, et entendait être maître dans sa classe, 'comme si elle eût formé, un tout à plart. On ne put lui faîrei entendre raison ;il fut destitué (21 juillet 1810). Sa conduite dans toute cette affaire n'avait certes pas été académique, et le préfet d'alors, M. Bouvier-Dumolard, dit en' plein bureau d'administration, qu'après un entretien particulier, qu'il avait eu avec lui dans son cabinet, « il avait été obligé de le « faire sortir, de peur que la passion de l'homme ne vint « remplacerTimpassibîlité du magistrat. »

Malgré ces désordres, l'école subsista jusqu'à l'établissement du collège. On s'en occiTpait d'ailleurs activement; un arrêté du Préfet (20 juin 1809) (I) remettait les bâtiments à l'Université", et la ville abandonnait même la propriété de la bibliothèque de l'ancienne école centrale (31 août 1809) (2). Enfin le 5 juin 1^ M. de Calonne fut nommé principal du collège. D'après l'organisation prDjetée, les professeurs devaient être M. Le Coz^ curé de Carhaix; Le Bars^ avocat; Tilhj, ancien professeur d-e mathématiques ; Le Derre^ bhef de bureau à la préfecture et Goardon.

Les membres du bureau d'administration furent nommés par M. Germé, recteur de l'académie de RenneS'; le 2o octobre 1810 (3), ils furent installés solennellement dans une des salles de la' bibliothèque par M. Bouvier-Dumo-

(1) f^oir, pièces justificatives, no 23.

(2) Elle se composait de plus d» 20,000 volumes et est devenue le noyau de la bibliothèque publique de Quimper.

(3) Ce furent MM. Kerillis Calloch, maire; de Léclusc, membre du corps législatif; Flamant, magistrat de siirelé ; de Blois, ancien officier de marine ; Dubosq, docteur en médecine et DumouUn, curé de Saint-Corculin.'

lart, auditeur au conseil d'Etat et préfet du Finistère, avec le concours des fonctionnaires civils et militaires. C^était une fête pour toute la ville (1)* Pourtant le collège ne fut réellement organisé que Tannée suivante : M. de Caionne ne prit pas possession et les professeurs désignés ne se rendirent pas tous à leur poste.

(1) Lo Prùfct prononça un long discours dans lequel il blûmail la manière dont élaienl faFls Jadis les cours de philosophie : «« Dos , « deux années employées au cours si improprement appelé de phi- « losophie, Tune était perdue dans les raisonnements ininlelligibles « de la plus obscure métaphysique, la seconde était consacrée aux (« leçons do mathématiques élémentaires qui restaient sans fruit à « cause de leur iusunisuncc et du défaut de suite. »>

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