‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 16 sur 21 · I". ÉCOLE CEKTHAIE, 22 OCTOBRE 1796 A 1" AVRIL · texte numérisé non relu

I". ÉCOLE CEKTHAIE, 22 OCTOBRE 1796 A 1" AVRIL

La convention par la loi du 7 nivôse, an III, (25 fe'vrier 1795) avait décrété que dans tous les chefs -lieux de déparlements il y aurait une école centrale pour l'enseignement des sciences, des lettres et des arts. On prétendait y donner une instruction vraiment encyclopédique ; mais elle péchait par la base. L'organisation de celle de Quimper se fit assez lentement. Les premières nominations de professeurs n'eurent lieu que le 9 fructidor an IV (26 août 1796), etie 16 du même mois les citoyens Rochon (I) et Cormier étaient préposés pour recueillir,, dans les dépôts du Finistère, les instruments de physique, d'astronomie, d'histoire naturelle, pour la formation des cabinets de physique et d'histoire naturelle et du laboratoire de chimie. La bibliothèque était déjà toute formée (2) ; elle se com-

(1) M, Rochon, ci-devont l'abbé Bochon, dipecteup de l'observa-^ toire de Brest, est devenu plus tard membre de Tacadémie des sciepxes, oii ses découvertes et ses iuventions importantes pour Tastronomie lui assignaient une place distinguée, M. Cormier, de ftuimper, était ingénieur des ponts-et-chaussées.

(2) « On a placé vos livres dans l'ancienne congrégation des « Jésuites, bâtiment long, étroit, qui n'en contient pas lu moitié. » Cambryi, catalogue des objets échappés au vandalisme,

posait des livres enlevés aux difierents élablîsseraents du déparlement. On devait aussi avoir un jardin botanique, mais il ne fut jamais bien organisé, faute de fonds. Le traitement des professeurs était de 2,000 francs qui leur étaient payés moitié en valeur métallique, soit 1 ,000 francs, et moitié en valeur fixe, soit 103 frajacs. Us ne touchaient donc en réalité que 1,103 francs. Le bibliothécaire (I) avait 600 francs et le jardinier botaniste (2) 1,000 francs, payables de la même manière.

D'après la loi du 3 brumaire, au IV (25 octobre 1795), renseignement fut divisé en trois sections. La première renfermait les langues anciennes, le dessin et l'histoire naturelle ; on devait y ajouter plus tard les langues vivantes. Dans la seconde étaient les mathématiques, la physique et la chimie. Dans la troisième, les belles lettres,- l'histoire, la gammmaire générale et la législation.

Les différents professeurs furent :

Dessin :

Valentin (3) (nomination du 9 fructidor an IV).

Langues anciennes ; Le Coz (nomination du 12 fructidor an VIII).

Mautreff (nomination du 23 messidor an VIII).

Histoire naturelle :

Dubosq (nomination du 12 fructidor an IV).

Malhématiques :

Lancelin (nomination du 9 fructidor an IV).

(1) Le sieur Huraut.

(î) Le sieup Lauveup.

(3) Artisle estimé. Voir la Biographie bretonne^ et le voyage de Camhry dans le Finistère, page 148.

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Le Monze (nomination du 46 fructidor an W).

François-Auguste Lcdéan (4 messidor an IXj.

Physique et chimie :

Derrien (nomination du 6 ventôse an VI).

Jean -Bernard- Marie -Nicolas Dessaux (19 messidor an IX).

Histoire et belles- lettres :

Cambry (nomination du 9 fructidor an IV).

DaillauU Latouche (25 nivôse an VI).

Desjardins (histoire) (23 messidor an VIII).

Ilenriquez (belles-lettres) idem.

Grammaire générale:

Ollitrault (nomination du 12 fructidor an IV)*

Législation :

Ronjoux (1) (proposé le 12 fructidor an IV).

Braillard (23 messidor an VIII).

Yves Duval (nommé le 14 thermidor an IX).

Afin d'engager les élèves à suivre les cours, on \qs dispensa du service de la garde nationale (23 thermidor an VIII) (11 août 1800).

Enfin, pour qu'il y eût une certaine unité d'action, on arrêta, le 14 pluviôse an VI (2 février 1798), un règlement dont voici quelques articles :

Art. 1®'. Les professeurs assemblés constituent le conseil de Fécole et nomment entre eux une commission de trois membres chargés de l'exécution du règlement.

(1) Il était accusateur public ; mis en demeure d'opter ou pour sa chaire, qui demandait deux séances par décade, ou pour ses fonctions d'acctisateur, il préféra ces dernières.

Art. 3. Les jours et heures des différents cours seront réglés comme suit :

V" Section.

Langueis anciennes, depuis 8 heures !/2 jusqu'à 1 heures. Dessin, 10 heures à - midi.

Histoire naturelle, , 3 heures 1/2 à 5 heures.

Les leçons se donnent tous les jours excepté les quintidis et les décadis. .

2* Section.

Mathématiques, depuis 8 heures 1/2 jusqu'à 10 heures. Physique et Chimie, 2 heurôs à 3 heures 1/2.

Les leçons de mathématiques se donnent tous les jours exceptés les quintidis et les décadis ; les leçons de Physique, tous le^ jours impairs.

y Section.

Belles Lettres, depuis 8 heures 4/2 jusqu'à 10 heures. Grammaire générale, de 2 heures à 3 heures 1/2.

Les leçons du Nonidi seront une récapitulation de toutes celles de la décade.

Art. 5. Les professeurs <lans leurs leçons présenteront pour modèles aiix élèves les beaux traits de morale républicaine. Ceux qui paraîtraient s'écarter de ces principes y seront rappelés par les professeurs qui, en cas de récidive, feront passer leurs noms à l'administration centrale.

Art. 8. Les membres de la commission remplissent à leur tour, p3ndant une décade, les fonctions d'Inspecteur.

Art. 9. Les élèves viennent en classe avec la cocarde/ sans canne ni bâton, hors le cas d*infirmité.

Art. 16. Les jours de fêtes nationales, les élèves sont convoqués au son de la clpche, on en fait l'appel nominal

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et ils entourcnl leurs professeurs pour se rendre au Heu de la fête.

Art. 17. La distribution des prix se fera le 1" Vendémiaire de chaque année. L'école sera fermée pendant ce mois et le suivant, elle s'ouvre le f " frimaire.

Art. 18. La bibliothèque est ouverte tous les jours impairs de la décade, depuis 9 heures dn matin jusqu'à midi» et de 2 heures à 4 heures du soir.

Pour compléter ces dispositions, en 1801, les citoyens Dubosq, OlUtranlt et Le Déan établirent un pensionnat où des Instituteurs furent chargés des élèves qui 'n'étaient pas en état de suivre les cours. Ils introduisirent encore l'enseignement de l'anglais et des opérations de banque , innovations qui furent accueillies avec faveur. Enfin ils restreignirent les vacances à un mois : Fructidor.

Nous avons retrouvé le procès verbal d'une distribution xle prix qui eut lieu le 1 1 Germinal an VI (31 mars 1798). L'administration municipale avait voulu donner à la fête de la jeunesse tout l'éclat possible. Aussi dans sa délibération du 8 elle avait arrêté : 1" que la veille à 7 heures du soir, et le jour à heures du matin, le son de toutes les cloches annoncerait la solennité. A 9 heures du matin, elles sonneraient encore pour prévenir les citoyens de la réunion qui aurait lieu sur le champ de Mars.

2? Le cortège pour la cérémonie, composé de tous les corps constitués, des principaux agents du gouvernement, des instituteurs publics et de leui'S élèves, serait escorté par des piquets de troupes de la garnison et de la garde nationale sédentaire. Il se rendrait à dix heures à l'autel de la patrie. Des places distinguées y seraient réservées aux rfc-

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fenteurs de ia patrie inutiles daiû les combats, et h douzo pères et à autant de mères de familles respectables par leur âge et leurs vertus publiques et privées.

3* Des hymnes et des airs civiques seraient, à l'arrivée, chantés et exécutés par des amateurs, et les citoyens Uuraut et le Gall prononceraient des discours quMIs avaient été invités à composer pour la fête.

4® On recevrait alors les inscriptions civiques des jeunes citoyens iigés de 21 ans ; ceux qui en auraient seize s-ins^ criraient au rôle de la garde nationale. Il serait auparavant annoncé que ceux qui seraient dans le cas de se faire inscrire et ne se présenteraient pas n'auraient droit par la suite à aucun certificat de l'administration pour attester leur conduite politique et républicaine,

5® La cérémonie serait terminée par une dîstribuiion de prix aux élèves de l'école centrale qui se seraient je plus distingués par leur exactitude et leur progrès. Les élèves couronnés seraient ensuite promenés en triomphe dans la commune, au bruit des fanfares,

6" Dans l'après-midi on tirerait à la cible ; il y aurait des courses à pied.

Ce programme fut exactement suivi, sauf que le mauvais temps ne permit pas de célébrer la fête à l'autel de la patrie, élevé sur l'un des côtés de la place devant la maison commune ; on se rendit alors dans un édifice national très vaste ^ disposé à cette occasion : sons doute à St-Corentin.

Le soir, la journée fut terminée par un bal donné dans les salles du département aux élèves des différentes écoles, qu'on avait chargés d'inviter eux-mêmes de jeunes citoyens de leur âge.

Cette école tomba, très probablement comme les autres

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dans toute la France, par siUte des vices inhérents à son organisation. Un décret du 11 Germinal an Xr(l" avril 1803) érigea à la place une école secondaire.

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