‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 2 sur 21 · P'. ÉRECTION ET FOSÔATION DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

P'. ÉRECTION ET FOSÔATION DU COLLÈGE

L'élude jdcs leltres est irès-ancienne en Bretagne, et les guerres qui l'ont désolée aux XIV*, XV* et XVI* siècles sont loin d'avoir tourné exclusivement l'esprit des peuples vei's le métier des armes. Au XlV* siècle, dans la capitale de la Gornouailles, à Quimper, petite ville que sa position topographiqué et son peu d'importance n'appelaient pas à l'honneur d'être jamais le siège d'une université, on s'occupait au moins du trivium (grammaire, dialectique et rhétorique). Nous en trouwns la preuve

IIISTOinE DU COLLEGE

dans un acle du cartulaire de Quimper (I) où on lit que Gnillaumc, fds de maître Guidomar, autrefois recteur des écoles de grammaire de Quimper-Corentin, et Marguerite,' sa femme, fille de François Parelieminier, fondent un anniversaire pour leur père, et donnent à ce sujet au chapitre de^Téglise cathédrale, vingt sols de rente sur leur noaîson sise rue Guenniou (2) dans la cite, entre remplaceroent de la maison de maître Guillaume de Crocznall et celle de Pierre de Keraher (mercredi après l'Epiphanie de l'année 1348).

Maître Guidomar avait donc exercé dès les premières années du XIV® siècle, et en 1.348 il y avait déjà longtemps qu'il était mort. Il avait dû être remplacé par d'autres maîtres, par son fils peut-être, et cetie institution bienfaisante se perpétua très - probablement dans cete ville et dans ce diocèse qui trouvait dan^ son sein d'obscurs Mécènes et de zélés protecteurs des lettres En effet, « un ecclésiastique de Cornouailles, nommé « Guleran, qui s'était fixé à Paris, avait pris en pitié « les écoliers bas-bretons qui étaient souvent dans le plus « grand besoin. En 1317, il avait fondé cinq» bourses en « faveur des étudiants pauvres de l'évêché de Quimper. En « 1380, Nicolas de Guistry (3), chanoine de Quimper « et de Nantes, leur avait donné une maison dans la « rue du plâtre Saint-Jacques. Telle a été l'origine du

(1) Mss. No 5!. Blbliolhèquc impériale. Une copie en a élé faite par les soins de M. A. de Blois, el est conservée à la bibtiolhèque de Quimper. L'acle dont il s'agit porte le a» 83, folio xlu, verso. — / oiV pièces justificatives y no 1 .

(2) La nie Guenniou ou Finiou n'existe plus sous ce nom, elle porte aujourd'hui, au moins dans une partie de son ancien parcours, le nom de rue des Gentils hommes.

(3) Ou plutôt de Guiscrif,

DE^QUIMPF.R. i

« collège" de Çonioiiaîlles , que Louis XIV rc^uiiit au « collège du Plessis, parc3 que sa dotation ne permettait « plus de remplir les vues des fondateurs. » (I).

c< Au XV siècle, Bertrand de Rosmadec avait aussi doté la psalette de la cathédrale, en vue de donner rinstruclion à un plus grand nombre de jeunes gens de la cité. » (2).

Au XVI* siècle, la prébonde de scolastique ou écolàtre, qui existait depuis longtemps à Quimper, fut convertie, comme dans toutes les résidences épiscopales, en office sonii-ecclésiastique, soumis au contrôle de la ville, par Tordonnance d'Orléans (1560). L'article IX était ainsi conçu . :

« Une prébende ou revenu d'icelle demeurera destinée « pour rentretcnement* d'un précepteur qui sera tenu, « moyennant ce, instruire les jeunes enfants de la ville « gratuitement et sans salaire. Lequel précepteur sera élu « par rarchevéque ou évéque du lieu, appelés les cha- « noines de leur église, les maires, échevins, conseillers « ou capilouls delà ville, et destituable par ledit arche- « véque ou évêque de l'avis des susdits. »

TQulcfois cet enseignement était Lien incomplet et ne pouvait être donné qu'à un petit nombre de privilégiés. La jeunesse de la ville seule en profitait. Le vœu des peuples, les décrets du concile de Trente et l'ordonnanco de Blois (1579), devaient évidemment amener un nouvel état de. choses.

(1) Dict. Hist. et Géogr. de la prjo. dz ttretaqm^ par M. O^jéc. Tome 2. Art. Quimper, noie de M. A. de BJoii.

(2) Séances et travaux de l'Acadômiô des sciences moraïcs et p.oliliques, 4e série, tome 3, pajce 205. — Notice sur les anciens ëvéçkès de Bretagne, par M. du ClialcUieP.

8 HISTOIRE pu COLLÈGE ,

Le concile de Trente (session 23, <îh. 18) ordonne en toutes les cathédrales et églises métropolitaines rérection d'un collège. 11 enjoint aux prélats de pourvoira Tent^-etien tant des professeurs que des écoliers par l'union de bénéfices de quelque qualité et de quelque condition qu'ils soient.

Dans Tartiele 24 de Tordonnance de Blois, en ce qui concerne les collèges et les séminaires, le roi djt : » El « d'autant que l'institution des séminaires et collèges qui « ont été establis en d'aucuns éveschés de cesluy notre « royaume pour Tinstruction de la jeunesse, tant aux « bonnes et saintes lettres qu'au service divin, apporte K beaucoup de bien à l'église, et mesmes en plusieurs « provinces de cestuy notre royaume gra'ndemcnt déso- « lées par l'injure des temps et dépourvues de ministres « ecclésiastiques; admonestons et néanmoins enjoignons « aux archevesques et évesques d'en dresser et instituer « en leurs diocèses, et advîser la. forme qui sera la plus « propre §elon la condition et nécessité des lieux, et « pourvoira la fondation et dotation d'iceux par union « de bénéfices, assignation de pensions ou aultrement, « ainsi qu'ils verront être à faire...., etc.. »

Ces excellentes dispositions semblaient devoir être bientôt mises à exécution à Quimper : Charles du Lîscoët,. promu à cet évêché en 1683, était allé à Paris en 1^84, pour consulter sur quelques points forts graves le P. Alphonse C***, de la société de Jésus, son ancien professeur de théologie au collège de Clermont. Après un mAr examen, les questions qui lui étaient soumises par le nouvel évéque parurent tellement graves au R. P., qu'il l'engagea à'faire le voyage de Rome et à en référer au Pape.

A Rome, les affaires s'arrangèrent au gré de Charles du Liscoët, et Grégoire XIII le renvoya dans son évéché eu lui enjoignant d'y établir un collège de la société de Jésus.

De retour à Quimper, le prélat se mit en devoir d'obéir. Il était d'ailleurs secondé par un théologien que le P. Alphonse C*** lui avait donné pour raccompagner* Malheureusement les guerres de la Ligue vinrent entraver ce projet pour quelques années. La Bretagne fut une des provinces les plus désolées. « La mort du roi Henri « de Valois, troisième du nom et le dernier de ladicle « race des Valois, qui avait régné en France environ « trois cents ans, descouvrit toutes les affections d*un « chacun et sembla séparer le bon grain du mauvais, « les catholiques d'avec les hérétiques, athéistes et police tiques, et de tous costés il s'en fist deux partis. Il n'y «c eut donc vUie ni bourg où la division ne régnast, mais

« presque partout les catholiques, l'emportaient Quant

« h Quimper, elle ne fut pas exempte de se* divisions. «^ Presque tous les habitants tenaient pour les catholiques, « entre autres les ecclésiastiques et le corps du chapitre, « à la réserve du seigneur évesque Charles du Liscoet, « qui se montra fort douteux dans les commencements, « et peut-être sollicité par son frère aisné, le sieur de « Coëtnempren, président au présidial, qui était homme « du temps. Mais enfin ledit sieur évesque se détermina « tout-à-fait, et .son frère fit bonne mine, à quoi servait « bien lé voisinage du château de Concarneau, dans « lequel commandait le sieur de Lézonnet, beau-frère « desdicts sieurs évesque et de Coëtnempren.... » (I),

(t) Histoire de ce qui s'est passé en Bretagne pendant les guerres de la Ligue, etc., par M. Moruau, chanoine de Quimper, elc* Edité

Charles du Liscoët avait même été chassé de Quimpcr par les ligueurs ou du moins forcé de s'abseiUer, et le palais épîscopal servait de lieu de réunion aux bourgeois qui y donnaient de magnifiques déjeuners (I) au plus fort . de la guerre en 1594.

La capitulation d'Angers (1597) rendit la paix à la Bretagne, et Ton ne tarda pas, à Quimper, h reprendre le projet d'ériger un collège. Les choses traînèrent encore en longueur pendant quelques années. Le pays avait besoin de se remettre des émotions terribles qu'il venait d'éprouver, et il lui fallait du temps. Le désordre était partout dans les finances. Il n'y avait pas de dotation possible pour l'établissement que tous désiraient. D'ailleurs les jésuites avaient été chassés de France.

En attendant qu'on pût faire mieux, le sieur Millot, nommé scolastique en 1602, s'était adjoint quelques sousmailres. On lui avait môme construit une maison d'école, dans la rue Verdelet, sur le terrain d'une maison prébendale (2).

En 1609 un jésuite dont nous ignorons le nom, mais qui tenait à Charles du Liscoet par les li'ens de l'amitié et de la parenté, allait pour affaires dans le diocèse de Léon, son pays. Il passa par Quimper et alla voir Tévéque. Ce dernier, à la suite de cette entrevue, accorda aux jésuites - qui devaient parcourir le diocèse de Trégnîcr pour y exercer leur ministère, la permission de parcourir aussi celui de Cornouailles. Il fit plus : H demanda qu'on lui

par M. Le Bastard de Mosmeur, in-8o, St-Brieuc, L. Prudhommc, 1857, pages 58, 59.

(t) Id. ibid page 18G. «

(2) Dict. Hist. et Geogr. de In province de Bretagne^ par M. Ogéc, tonio 2, arlicio Quiraper, noie de M. *A de Blois.

DE QL IMPER. i l

envoyât un père de la compagnie, Tannée suivante, pour prêciier Tavent et le carême dans sa cathédrale.

Le R, P. Ignace Armand, ppovincîar de France, se prêta à ses désirs,, et -le R. P. Gérard prêcha à Saint-, Corcntin Tavent de 16^0 et le carême de 16! i. Ces deux stations furent suivies asàidument et fort goûtées. Par suite la question du collège fut remise au jour,^ et celte fois sérieusement agitée.

Aux fêtes de Pâques, le 29 mars 161 1, les députés du clergé, de la noblesse, de la justice et de la bourgeoisie se réunirent au palais épiscopal. L'assemblée était nombreuse et choisie (l) ; sur la proposition faite par le seigneur évêque qui la présidait, on vota par acclamation rétablissement d'un collège des pères jésuites, qui serait composé de cinq classes, dont quatre pour les humanités et une pour la philosophie. Le P. Gérard fut chargé de le demander à ses supérieurs au nom de la ville et du diocèse.

On n'iivait pas encore désigné de fonds pour l'érection el l'entretien du futur établissement quand, quelques mois après, le curé de Fouesnant (paroisse de Tarrondissement de Quîmper), François Frachot, prêtre du diocèse de Tréguier, résigna sa cure entre les mains de Tévêquc, pour l'unir au coUégCr Charles du Liscoët y consentit par acte di4 3 octobre ICll, mais inutilement : la cour de Rome s'y refusa (2).

L'évéque n'en poursuivit pas moins l'œuvre qu'on lui avait imposée et qu'il avait prise à cœur, autant par goût que par devoir.

Sur ses instances, le luiïdi 20 mars lpl3, les membres

(1) Fôir, pièces justificatives, no 2.

(2) roir, pièces justtfwativeSj no ^.

13 HISTOIRE DU COLLÉGG

de la communauté se réunirent dans la salle de N^-D. du Guéodet, sous la présidence du sénéchal de-Cornouailles, pour donner suite aux décisions de rassemblée du 29 mars 1611 et adresser des supplications à S. M. afin d'obtenir une résidence des R. R. P. P. jésuites, en attendant qu'on pût fonder un collège. Ils ^appuyaient sur ce que dans le diocèse et dans les pays circonvoisîns il n'y avait personne pour instruire la jeunesse. Ils votèrent dès ce momeat une somme de 1500 livres, prises sur la ferme de trente sols pour pipe de vin octroyée à la ville. Cette somme était destinée à l'entretien des Pères. On proposa enfin d'affecter à leur logement « l église et la maison de monsieur Saint' Antoine (1). >:

Le surlendemain, le 23 mars^ nouvelle assemblée des trois ordres, cette fois au palais épiscopal, sous la présidence de monseigneur l'évéque de Coruouailles, pardevant le sénéchal de Cornouailles, M. de Carné, gouverneur de la ville pour le roi, etc. On y approuva hautement le parti pris deux jours auparavant. Il semblait que toutes les iifficultés fussent levées, tbus les obstacles aplanis. Il ne restait que la démarche à faire près du roi.

Une nouvelle assemblée, le jeudi 18 avril de la mémo année, fut convoquée à son de campane, et tenue en la salle de N.-D. du Guéodet. Les bourgeois élurent comme député « Noble et vénérable personne Missire Jacques « Lhonoré , chanoine de Cornouailles et secrétaire de « monseigneur l'évéque dudit diocèse, originaire de ladite <c ville, pour aller de leur part supplier S. M. de leur per- « mettre et accQrder, suivant leurs précédente assemblées,

(1) Ancien hospice qui sert aujourd'hui de maison d'arrél.

DE QUIMPICR 43

« rérection et étabrissement d'un collège des Pères Jésuites « en la ville, et en attendant avoir le, moyen de le, fonder « et entretenir, leur permettre ladite résidence du nombre « d'iceux nécessaires h cet. effet, suivant les mémoires qui « lui seront délivrés, auquel Lhonoré ils ont donné tout « pouvoir requis et pertinent se louchant... » ' ^ Cette pétition est couverte de 140 a 150 signatures des plus honorables nobles prêtres et bourgeois du pays. On y remarque entre autres celles de Charles Lhonoré, conseiller au siège présidial ; François Candoze ; Capitaine, syndic en charge; Jean Morcau^ chanoine; Guillaume Lhonoré, avocat; TouUancoet; Jean Deneuf, avocat; J. Guelen; Furie; du Stangier; L. Cariou ; Le Bossu ; Bougeant ; Hamon ; Lestang ; Lespée ; Charmant ; Giraudeau ; Roserc'h ; Perrault ; Le Prédour ; Caillebote ; Le Guen ; Adrian Dantan ; Le Febvre, docteur en médecine ; Laurens (1) ; Guedon; Ouzenou, etc.

Le chanoine Jacques Lhonoré, alla-t-il à Paris, pour accomplir sa mission ? On ne sait, mais l'année suivante, en 16i4, Charles du Liscoët étant venu à mourir, les bourgeois ne s'en occupèrent pas moins de l'établissement du collège, en se réservant de prendre un parti définitif quand ils duraient obtenu du roi la continuation du devoir (assemblée du 5 açût 4614). Il y avait même déjà des fonds légués par des particuliers pour les bâtiments (S).

En 1615 (2 avril), le sieur Guedon, procureur syndiC;, présenta à la ville un état de recettes et de dépenses des

(1) Scolastique.

Cl) Assemblée du 30 novembre 1614, U) procnrèur syndic remontre avoir mis arrêt entre les mains.de. M. du Rubien, pour les deniers dus au Sieur du Rusquec, au préjudice de la somme léguée par *** pour le bâtiment du collège.

'J4 inSTOJRC DU COLLÈGE

fonds destinés aux réparations des ponts et à la construction d'un collège, et proposa d'acheter pour cet effet une maison prébendale, à la nomination du sieur (l) de Lésireur h Morlaix. Le sieur Jacques Larchier et le sieur chanoine Plogastel furent chargés de négocier celte affaire avec lui et avec le chapitre. Il s'agissait de convertir en autres rentes de pareille somme, et sur d'autres héritages, la renie de cinq écus pour l'entretien d'une messe à perpétuité (22 avril 1615). *

Le scolastique cônsentjiit lui-même à l'élablissement du collège, et en attendant demandait h élrc maintenu dans . ses droits, jusqu'à l'établissement des Jésuites. On lit en effet dans le registre des délibérations de la ville (16 septembre 1615) (2).

« Messire Yves Laurens, scolastique de ceste ville, « remonslre estre trouble touchant le bénéfice affecte aux « fonctions de scholastique, et supplie que la ville prenne « le procès et ladeffense pour luy, et aussi qu'ils aient « a luy bailler un appointement pour ung segond maistre, « ne pouvant seul satisfaire, offrant de sa part d'entretenir « un troisiesme, en attendant le bastiment d'ung collège « en ceste ville, parcequ'il demeurera principal parmi a lesdits maistrcs, et pour subvenir au bastiment dudit « collège, fait des a présent offre de trois cents escus une « fois paies, ou trois pîppes de bled, lan de rente, et « demande qu'il soit faict defferise aux maistres partir « culiers de tenir eschole privée, ains hanter bonnes escho-

(1) Celle maison qui dépendait de la clmpellcnie de Saint-Gilles et était siluée rue des Vignes, fat donnée à lu communauté de ville en 1622.

(2) Archives départementales du Finistère.

DE QUIMPKR. io

a les publiques, si mieulx n'aiment lesdicts habitants luy « bailler son demissoire, o l'offre qu'il faîcl de remettre « ledict bénéfice entre les mains de l'ordinaire, pour estre « pourveu d'autre en sa place , auxquelles offres et re- « monstrances et deffenses requises lesdicts habitants « adhèrent , et pour prendre communication du trouble « allègue par l^it scholastique et adviser pour l'apoînte- « ment d'ung segond maistre, ont nomme et deppute M. le « Procureur du roy, etc. (1).

La même année, sur la demande des habitants, le R. P. Etienne Charlet, provincial des jésuites pour la province de France , envoya un Père prêcher l'avent de 1615 et le carême de 1616, à Quimper. L'aflluence ne fut pas moins grande qu'aux sermons du P. Gérard , en 1010 et. en 1611. On continua de s'occuper du col- ' lége, de nouvelles délibérations eurent lieu , et même sur la demande de François Eréac, bailli du seigneur évêque, le R. P. Charlet se rendit à Quimper. Le roi accorda le brevet demandé, le 20 octobre 1616 (2) ; mais l'affaire en resta 1J\.

14 semblait qu'une sorte de fatalité empêchât le succès.

(1) Lo sco»aslique resta en fonctions jusqu'au moment où les JésuUes furent inslaU6s. Dès le% temps les plus anciens, on voit une singulière coutume qiw les Jésuites semblent avoir supprimée. Tous les ans, à la fêle de Sainte-Catherine, le scolaslique aHait, avec ses élèves, chanter Thymme de cette sainte, à riiospice qui portait son nom. Au plus fort des guerres de la ligue il n'y eut pas dlnlerruplion, cl quand l'église de Sainte-Calherine eut été démolie, on célébra la cérémonie à la cathédrale. ApK'S les vêpres, un grand repas était servi dans la chambre du prieur aux anciens gouverneurs do rHopilal, au scolaslique, etc., et on donnait aux écoliers une collation de fruits. Les frais du repas en 1589, sont dj4 livres 10 sols, et ceux de la collation de 10 sols.

fFoir les comptes de l'hospice Sainte-Catherinç de 1387 à 1619, aux archives municipales J.

(2) roir, pièces justificatives, n» 4.

id IIlbTOIRE DU COLLKGE

D'aîîleurs, le nouvel évoque, Guillaume Le Prestre, fils de Louis, seigneur de Lézonnel, faisait- une opposition énergique, parceque ses droits temporels et spirituels se trouvaient en cause et pouvaient souffrir du nouvel établissement. En outre, dans rassemblée du 14 mai 1619, le procureur de ville , noble homme Augustin Roserch, dit que le procureur du roi avait formellement annoncé qu'il ferait tout pour entraver l'érection du collège. On choisit alors Jean Briant, abbé de Landevennec, pour tenir tète aux mécontents. Il est à croire qu'il remplit son rôle avec le zèle et l'activité qu'il déployait dans l'administration de son monastère où il avait, dans les années précédentes, fait pénétrer la réforme qui a ravivé les études parmi les bénédictins de France; car en 1640, à l'occasion de la présence à Rennes du R. P. Ignace Armand, visiteur de la compagnie pour la province de France , les habitants de Opimper , réunis en assemblée générale, se décidèrent à faire en sorte d'en arriver à leurs fins.

De l'aveu des trois ordres, on choisît une commission composée de douze membres avec pleins pouvoirs. L'abbé de Landevennec, Jean Briant, archidiacre de Gornouailles, en eut naturellement la présidence. Un des douze, F. Eréac, fut député à Rennes. Il devait s'entendre avec le P. Visiteur et l'amener à Quimper.

Son arrivée fut saluée par des acclamations de joie. Ce fut une véritable ovation pour lui et pour les PP. Jacques Sirmond, recteur du collège de Clermont.'à Paris (1), Jacques Guernisac .pt deux frères qui l'accompagnaient.

(1) Jacques Sirmond est connu dans la science par une coUection des Conciles cl autres ouvrages d'une grande érudition, il était confesseur de Louis Xlll.

DE QlfiMPER. '17

Le 20 août 1620 , il indiqua dans une pièce signée de lui eldeTévêque de Cornouailles , Guillaume Le Prestre, l'état des choses nécessaires à l'établissement d'une résidence. Il se montra très-modéré dans ses demandes (1) et se contenta provisoirement de la maison qu'offrait Tabbë de Landevennec, à condition qu'on la mettrait le plus tôt possible en état. Pour commencer il viendrait dix religieux, plus tard leur nombre serait augmenté. La note où se trouvaient ces conditions fut acceptée dans une assemblée du clergé, des officiers du roi' et des bourgeois, 1;enue au palais épiscopal le 29 août 1620, sous la présidence de l'évéque. Il fut convenu qu'il y aurait d'abord trois classes d^humanités, que la communauté accorderait 300 livres pour les frais de livres, qu'elle fournirait l'ameublement et les ornements d'église, qu'on allouerait 2,000 livres annuelles pour l'entretien des dix religieux, et cette somme serait prise sur le devoir de trente sols par pipe de vin. Les P. P. s'engageaient de leur côté à fournir un plus grand nombre de régents, quand cela serait possible, pour faire uq collège complet, y compris les deux classes de philosophie. Ils furent autorisés à ne pas prendre de pensionnaires, et ne durent rien faire qui pût préjudicier aux droits du seigneur évéque et du chapitre. Le 31 août l'assemblée générale des trois états approuva la délibération prise deux jours auparavant au palais épiscopal. "Les noms de ceux qui faisaient partie de ces deux réunions méritent d'être conservés, car se sont les véritables fondateurs du collège (2).

Le P. Armand laissa pour organiser les choses un des

(1) Foir, pièces jus actives, no 5.

(2) Foir, pièces justificatives^ «o 6.

48 IIISTOIRE DU COLLÈGE

pères qui Tavaient accompagné, le P. Guernizac, et nn des frères coadjuteurs. Tout fut bientôt disposé, et le jour de la fête de saint Luc, le 18 octobre 16S0, eut lieu rinauguration solennelle de ce collège dont il était question depuis trente -sept ans et dont rétablissement avait rencontré tant d*obslacles. Cette fête des étudçs fut célébrée dans la cathédrale, et le discours d* ouverture fut prononcé par le professeur de la première classe, au milieu d*une aflluence considérable (1).

Les lettres patentes du roi ne se firent pds attendre ; elles sont datées du camp devant Saint-Jean au mois de juin 16:21. Le roi Louis XIII consent à rétablissement d'un collège à Quimper, parce qu'il croit que cela est grandement utile pour le bien de la ville et des pays voisins. Il autorise le collège à accepter les fondations de biens, meubles et immeubles, à condition qu'on se conformera à l'édit du mois de septembre 1603 (2). Il permet aux habitants de donner aux jésuites tel lieu qui leur semblera le plus à propos en prenant maisons et jardins, pourvu qu'on indemnise -les propriétaires (3). Ces lettres furent présentées au parlement de Rennes le 18 juin de la même année, et enregistrées le 22.

Quelques mois après, le 5 septembre 1621 , l'assemblée générale de la communauté décida que des députés tirés de son sein s'occuperaient le plus tôt possible de l'achat.

(1) Plasieurs des détails qui précèdent sont tirés d'une pièce ma* manuscrite en latin d'environ trois pages, intitulée Historia et Brec^ tio rollegii, qui se trouve aux archives départementales du Finistère. Elle est sans nom d'auteur, mais c'est évidemment l'œuvre de Thistoriographe de la société. £lle s'arrête au 18 pctobre 1620.

(2) Foir, pièces justificatives, no 7, (3> Foir, pièces justificatives^ no 8.

* DE QUniPER. 19

du terrain et de la construction des bâtiments. Les jésuites se chargeant de faire 'exécuter le travail , ils devaient s'entendre avec les députés sur la somme annuelle qu'ils recevraient à ce sujet. Les fonds, comme ceux de leur pension, leur seraient payés de quartier en quartier par les mains des fermiers du devoir du sol pour pot de vin, enfin ils rendraient compte aux députés des deniers qu'ils auraient touchés, et il leur était interdit d'employer pour les frais de construction les dons et les gratifications qui pourraient leur être faîtes par ailleurs.

Tout semblait désormais marcher à souhait, le collège existait de fait, et dès la seconde année il prenait de l'accroissement ; les professeurs avaient su se faire aimer (1), et les jésuites obtenaient, sur leur demande, une augmentation de pension de 600 livres pour l'entretien de la seconde classe. •

Pourtant, à l'assemblée.du 4 octobre 1622, on constate que les Pères n'ont encore rien touché dé la somme qui leur était allouée et cela malgré les arrêtés antérieurs. Ce n'était que le commencement des embarras financiers qui devaient souvent jeter la désunion entre la ville et eux.

D'autres ennuis devaient encore leur être suscités. La fiiçon dont Guillaume Lepreste avait agi à leur égard quand ils s'établirent avait été très- malveillante. 11 ne tarda pas à se montrer tout-à-fait hostile. Après avoir, le 27 mars 1625, rendu contre ces pères une ordonnant de censure qui nous est connue comme étant au nombre des pièces visées dans le fameux arrêt du parlement de

(1) Le père Guernisac est prié de continuer le P» Clément pour régenler en cette ville, en la classe où il est (asscitiblée du 24 Juillet 1622.)

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