‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 3 sur 21 · SO " HISTOIRE DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

SO " HISTOIRE DU COLLÈGE

Paris de 1762 contre la société des Jésuites, le 17 juin, il porta plainte contre eux à rassemblée générale du clergé, «c Ils s'étaient, disait-il, en 16^0, tumultuairement « et par la faveur du peuple, introduits dans la ville de «c Quimper-Gorentin, et avaient disposé le môme peuple à «c demander avec importunité audit seigneur évéque son « consentement pour leur établissement dans ladite ville, « et il avait été obligé de l'accorder pour éviter quelque « désordre, à condition toutefois que cela ne porterait '« préjudice à aucun de ses droits, ni temporels, ni spiria tuels; » or il les accusé de les violer en entendant les confessions pendant le temps pascal, en infligeant des châtiments publics à plusieurs ecclésiastiques dans leur collège, etc. Il leur reproche d'avoir désigné pour bâtir leur église et leur collège un lieu qui comprend le tiers de la ville (exagération palpable), et d'avoir obtenu contre ses droits et dans leurs intérêts plusieurs arrêts du parlement de Rennes, arrêts d'autant plus injustes que la plupart des conseillers étant de leur congrégation, et ayant leurs enfants sous leur direction , sont plus disposés en leur faveur (1).

Nous ne savons pas quelle fut l'issue de ce procès, mais l'évéque ne pouvait plus rien contre le collège qui tenait déjà au pays par de fortes racines.

Pendant quatorze ans, les jésuites profitèrent de l'hospitalité si généreusement offerte par l'abbé de Landevennec dans sa maison prébendale. Hais en 1634, il y

(1) Collection des procès- verbaux des assemblées générales du clergé de France, depuis l'an 1560 jusqu'ô présent In folio, tome II, Paris, de Timprimerie de Guillaume Desprez, MDCCLXVIII, page 5U7 ù 509.

avait déjà un grand corps de logis babilabie dans les nouvelles constructions. Le 23 mars, sur la requête du procureur syndic, la. communauté décida à la majorité qu*on députerait aux Pères nobles gens Jean Lhonoré, Jacques du Stangier, Guillaume Bougeant et Guillaume Caillebote, avec le procureur syndic, pour les prier de déloger le plus tôt possible du lieu où ils étaient, d*autant pIusqu*on louait encore quelques appartements, outre ceux que prétait Jean Briant. Pour les stimuler, on ajoutait la promesse « de ne divertir plus leurs deniers pour quelque « cause ou prétexte que ce fût, jusqu'au parfait accom- « plissement de leur œuvre. » Nous verrons si la communauté tint parole (1).

Avant de terminer ce qui concerne l'érection et la fondation du coHége, nous devons citer une pièce assez curieuse que l'on trouve aux archives du département, pièce unique, revêtue de toutes les marques de l'authenticité, et où Ton semble contester au roi et à la ville le titre de fondateurs du collège, ou plutôt avoir complètement oublié leurs droits. Les prétentions qui y sont affichées ne sont nen moins que tyranniques. L'explication n'en serait-elle pas dans certaines (2) difficultés de paiement faites par la ville, et les jésuites, mécontents du. patronnage de la commune qui tenait difficilement ses promesses, n'aursfient-ils pas cherché mieux ailleurs, du

(1) Messire Mathieu Chauvin , qui obtint après Tabbô Briand la prébende de la rue du Pélican, réclama, en 1637, une indemnité pour la remise en état de cette maison. Par transactioa du 31 décembre, la ville fut obligée à payer en quatre termes la somme de 1280 livres. {Archives des Hospices, à Içk mairie) •

(2) 18 mai 1638, arrêt de la chambre des comptes de Bretagne qui défend aux habitants de Qulmper de rien divertir d«s deniers destinés à payer les frais du bâtiment du collège. *

consentement de la commune obérée? Ou bien faudrait-il croire que le dévouement de jésuites (1) pendant la peste de 1638,^ et notamment du P. Bernard, avait stimulé la générosité du seigneur qui réclame pour lui seul le litre de fondateur du collège?

Quoiqu il en soit, voici ce contrat :

a Devant nous, nottaires royaux et ducaux ont esté présents en personnes noble et puissant messire Toussaint de Perrîeu , chevalier de Tordre du roy , seigneur de BreiVillac, de Quergoat, Querioly, vicomte de Lesanais, et Plestin, baron de Coatconcy, etc., et les RR. PP. Frédéric Flouet, recteur du collège de la compagnie de Jésus, estably par le roy à Quimper-Corcntin, et Charles de Trévigné, procureur du mesme collège, lequel spigneur do Drefoillac, résidant audit lieu, paroisse de Pommeret, évesché et diocèse de-Saint-Brieuc... fonde et donne audit collège de Quimper-Corcntin la somme de deux mille livres tournois de rente bien venant, payable par demy année audit collège,... aux condition^, déclarations et obligations qui ensuyvent et non autrement. En premier : — Est accordé que ledit seigneur et dame de Brefcillac, sa compagne, auront seuls le titre de fondateurs de la maison, collège et église de ladite ville de QuimperCorentin, et leurs successeurs après eux. . . Et comme tels pourront faire mettre et apposer leurs armes et litière en pierre dedans et dehors, aux lieux les plus émincnts de Imr église, et sur la porte de la maison collégiale et au plus haut des deux principales vitres, et pour la sépulture de leurs corps, leur bailleront et laisseront place la plus honorable de l^église,

(1) Voir la vie du P. Julien Maunoir de la compagnie de Jésus, par le R. P. Boschet, Paris, iu-12, 1697, pages 62 et 63.

pour mettre tombeau eslevé^ annoryé de leun armes, et â CGSt effet feront faire les RR. PP. Jésuites, à leurs - frais, une voûte' de pierres de taille propre et commode ^ à y mettre grille de fer et y poser leurs corps, — Et seront ' lesdits seigneur et dame de Brefvîllac, dès le jour de la garantye du présent acte, associés et participants en toutes les prières, sacrifiées, mortifications et bonnes œuvres qui se font dans toute leur sainte compagnie.... Déclarent Icsdîts Flouet et de Trévigné que les RR. PP. de leur dite compagnie diront â perpétuité, à Vintention desdits seigneur et dame de Brefcillac..., vingt-quatre messes par chaque mois, lorsqu'il y aura seize prêtres audit collège* et les frères des chapelets, et aussi, quand ils auront un plus grand nombre de prestres audit coll<5ge, ils diront et célébreront a mesme raison un plus grand nombre de messes par chaque mois, perpétuellement, à l'intention desdits fondateurs... Et que, du jour de la célébration du présent contrat, les prestres de ladite compagnie, quelle que part qu'elle s'estende, diront pareillement, à l'inten* lion desdits mariés, à savoir chaque prestre trois messes, et chacun frère trois chapelets... Et jouiront lesdits fondateurs durant leur vie et celle de leurs successeurs de tous honneurs et privilèges par toutes les maisons de ladite compagnie dons à un fondateur.

« Est en pareil accordé que V église que feront faire et bastir lesdits RR. PP. audit collège sera dédiée en Vhonneur de N.-D. de Bon Secours , et ledit seigneur fondateur pour le jour de la solennité de la fondation choisit la feste de N.-D. de l'Annonciation, 25^ de mars, auquel toutes les messes qui seront célébrées en ladite église luy seront appliquées, et auquel et à ses successeurs

â4 IhSTOtnË DU COLLÈGE

sera présenté, ou à celuy qui sera de luy ou d*eux envoyé à cet effet, ^r k R. P. recteur du collège, as$islé du procureur $yndic de ladite ville et communauté de Quimper-Corentin^nn cierge de cire blanche par chacquun an audit jour, en reconnaissance de la présente fondation... Et faulte auxdits RR. PP. jésuites d*exécuter, accomplir, entretenir et continuer toutes et chacquunes des conditions, obligations et déclarations cy-devant spécifiées... sans nulle ni auchune modification, diminution et restriction, le présent contract sera nul et sans effet, tout ainsy que s*il Q^avait jamais été pensé ni proposé... Le premier paiement de ladite rente de 2,000 livres sera fait après la mort du fondateur et sur les premiers fruits qui proviendront . des terres dudit seigneur par luy délaissées i^ son décès, après lés rachapts payés. »

Cet acte fut fait et signé le 2 avril 1639, à la demeure du sieur Rouxîgay, notaire royal à Lamballe, sous sa signature, celles de Le Gros, notaire général, de Toussaint de Perrîen, seigneur de Brefvillac, de Frédéric Flouet, recteur du collège de Quimper-Corentin, et de Charles de Trévigné, jésuite, procureur du môme collège. — Il est clair que les clauses n'en furent pas exécutées, et on n'en trouve de traces nulle part. Quelle en fut la cause? Saris doute la ville ne voulut pas s'asteindre à cette sorte de vassalité que voulait lui imposer le seigneur de Brefvillac (1), et aima mieux continuer à payer la pension des jésuites.

(1) La famiUe de Perrien^ qui subsiste dans lo Morbihan et qui a eomptô parmi ses memitres un grand éclianson de France dans les années suivantes, avait des terres dans la haute Cornouaiiles. (A. de Blois.)

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