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m'entretenir avec vous tous, de nos joies et de nos douleurs, de nos luttes et de nos triomphes, de nos jours de fête et de nos jours de deuil.
Il connaissait bien le cœur humain cet ancien poète qui chantait: Que fuit durum pali, memenisse dulce est ! Oui, c’est précisément parce que le Collège a connu les longs jours de l'épreuve et de la souffrance, qu'il lui est si doux aujourd’hui de se rappeler son passé glorieux! C’est parce que j'ai été le témoin constant de ses grandes tribulations, quand toutefois je n'étais pas le patient mème, que j'ai dû prendre sur moi la tâche de conserver tous ces souvenirs aujourd’hui si pleins de douceur, memenisse dulce est.
Cependant, bienveillants lecteurs, je vous avouerai en toute franchise que, quand j'ai commencé à recueillir les notes qui ont servi de base à ce travail, j'étais loin de soupçonner que je serais un jour l'historien du Collège. Plus tard, quand cédant aux instances des amis de l'institution qui me pres-
saient de mettre un peu d'ordre à ces notes, j'ai travaillé à leur donner une forme ; alors encore, je n’avais pas d'autre but que de laisser dans les archives de la maison, des matériaux que des mains plus habiles pourraient, à l'heure voulue,
aisément exploiter.
Mais, voici que ceux-là même qui m’'avaient poussé à écrire mes souvenirs du passé, me pressent maintenant de les livrer à la publicité et de les offrir à nos anciens élèves, à l'occasion des noces d'argent du Séminaire et de la première grande réunion de la famille trifluvienne. Il ne m’appartient pas absolument de juger s'ils ont eu tort ou raison de me donner de tels conseils, et de m'avoir persuadé que mon travail intéresserait tous ceux qui sont passés par le Collège des Trois-Rivières. Vous en jugerez vous-même, quand vous
m'aurez lu. Peut-être alors regretterez-vous avec moi, qu'une plume plus artistement taillée que la mienne n’est pas fait valoir cette mine si riche, des faits qui se rapportent à la fondation et à l'existence de la maison.
Peut-être aussi que votre extrème indulgence pour moi vous fera tenir compte des difficultés très grandes que comportait un tel travail; que vous fermerez les yeux sur les incorrections de mon style ; et que vous me pardonnerez bien d'autres défauts qui nécessairement ont dû se glisser dans un ouvrage aussi considérable, et que j'ai dû exécuter au milieu de mes occupations ordinaires déjà assez variées. J'ai donc l'espoir que vous tiendrez largement compte de ma bonne volonté, et du désir sincère que j'ai eu de vous faire plaisir en écrivant ces pages.
Il est cependant une chose dont je puis d’avance donner l'assurance à tous nos amis, c’est que je ne me suis pas épargné les plus minutieuses recherches quand il s'agissait de vérifier un fait, de rectifier une date, de donner un chiffre, ete. ete. ; et je puis me rendre le témoignage que si le style de mon livre n'a pas cette variété et cette originalité qui pourraient le rendre agréable, les faits que je rapporte ne pourront pas du moins être aisément contestés.
Quoiqu'il en soit, si, au cours de mon récit, il m'arrive de manquer d’exactitude, de justice ou de charité, dans mes appréciations des faits, des actes ou des personnes, je demande d'avance pardon à ceux que j'aurais pu involontairement blesser. Je proteste de mon entière bonne foi et de mon humble soumission au jugement que pourront porter mes supérleurs.
En étudiant l’histoire du Collège des Trois-Rivières, bien souvent, j'ai été frappé de l’action merveilleuse de la Provi-
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dence sur lui, et j'ai dû m'efforcer de fuire ressortir cette action. Cependant je dois vous avertir, amis lecteurs, que vous ne trouverez pas toujours dans mon livre le grand sérieux de l'histoire. Par-ci, par-là, j'ai introduit dans le récit des événements, quelques digressions, quelques incidents, des scènes collégiales plus ou moins pittoresques que plu-
sieurs peut-être regarderont comme un défaut; mais qui, à
mon uvis, ne font qu'apporter un peu de variété à la narration, et ne peuvent que rendre la lecture de mon livre plus agréable à tous nos anciens élèves.
Duigne maintenant N. Joseph bénir mon travail et le faire servir à la gloire de la Religion et de la Patrie, et à l'honneur du Collège des Trois-Rivières !
NÉMINAIRE DES TTroIs-RIVIÈRES, le ler juin 1885.