‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 2 sur 217 · I. Avant sa fondation · texte numérisé non relu

I. Avant sa fondation

La question de la fondation d'un collège aux Trois-Rivie res, qui s’est soulevée comme une tempête et qui a agité si vivement les esprits durant les années 1859 et 1860, n'était pas une question nouvelle, Dès 1803, nous dit-on, à l’époque de la fondation du Séminaire de Nicolet par Mgr Denaut, M. le grand vicaire Noiseux, alors curé des Trois-Rivières, mit tout en œuvre pour doter notre ville de cette institution.

Plus tard, en 1806. alors que Mgr Plessis dut racheter toutes les propriétés du Séminaire de Nicolet, lesquelles, par la mort subite de Mgr Denaut, venaient @e passer aux héritiers de ce dernier, Mr Noiseux crut l'occasion favorable pour recommencer son plaidoyer en faveur d’une institution classis que aux Trois-Rivières, mais sa voix est restée sans écho et ses représentations sans effet.

En 1825, lorsqu'il s’est agi de bâtir le nouveau Séminaire de Nicolet, M. Cadieux, tevenu curé des Trois-Rivières, après avoir été directeur au susdit Séminaire, crut devoir faire de nouvelles instances auprès des évèques de Québec pour les engager à renoncer à l'établissement et fondation de la maison de Nicolet, et à donner à la ville des Trois-Rivières une insti:

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tution qui lui appartenait à titre de chef-lieu du district, et comme étant lecentre commercial et industriel de tous les cantons environnants. Mr Cadieux, quoique dévoué au Néminaire de Nicolet, où, durant quelques années, il avait rempli la charwe de dire-teur, comprenait trop bien l'importance et les avantages d'une pareille institution, pour ne pas chercher à en faire bénéficier la ville que la Providence avait confiée à sa sollicitude pastorale. Cependant ses etforts ne furent pas plus heureux que ceux de son prédécesseur. Déjà le Séminaire de Nicolet avait commencé à porter ses fruits, et à donner des espérances telles que les évêques de Québec crurent devoir le prendre sous leur haute protection. Ils le favorisèrent donc avec un dévouement et un zèle qui n'a pas peu contribué à porter cette institution au premier rang des collèges classiques.

Cependant, en 1852, la ville des Trois-Rivières devenait siége épiscopal et acquérait, par là. un droit nouveau et incontestable à avoir son collège. Malheureusement la fondation des institutions nécessaires au soutien de l’évêque et à l’administration du diocèse, et, en particulier, la construction de la cathédrale avait grevé le diocèse d'une dette énorme. Bientot Mgr Cooke se vit dans des embarras financiers tels, qu'il dût renoncer indéfiniment à une idée qu'il caressait depuis son élévation sur le siége épiscopal des Trois-Rivicres : celle d'avoir son Néminaire pres de Jui.

Les choses paraissaient devoir en rester là pour longtemps encore, et personne ne songeait guere à la fondation d'un collège aux Trois-Rivières, quand, en 1858 et 1859, des éroles privées de latin données avec suceès par Mrs G, Talbot et J. 0. Bayard, appelèrent de nouvean l'attention du publie trifluvien, et lui révélèrent un besoin urgent et une véritable nécossité. En effet, on venait de constater qu'une foule d'enfants. aux dispositions les plus heureuses, étaient condamnés à vivre dans lignorance, parce que l'éloignement d’un collège elassique constituait pour eux un obstacle insurmontable, Dès lors. on comprit que la population de la ville, étant composée en grande partie de gens de commeree et de profession, devait nécessairement fournir de nombreux sujets pour la carrière

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de l'éducation ; et qu'il fallait, coûte que coûte, doter Île plus tot possible notre cité d'un collège classique.

Des hommes d'initiative et de honne-volonté se mirent à l'euvre, et, sans s’effrayer des difficultés, sans tenir compte des obstacles, sans se décourager des contretemps et des épreuves, ils travaillèrent à la réalisation d’un projet qui paraissait encore plus que chimérique. Ce sont ces mêmes hommes que nous verrons bientôt s'organiser en un corps civil, et demander un acte d'incorporation pour le “ Collège des Trois-Ri-

vieres.”

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