VI-—LE BACCALAURÉAT ET LA DISTRIBUTION DES PRIX
Le concours du baccalauréat eut lieu le 30e jour de juin, le premier et le 2e jour de juillet. Le Collège des Trois-Rivières y fut représenté par cinq rhétoriciens, parmi lesquels se trouvaient MM. Edm. Grenier et Pierre McLeod. Nicolet eut également cinq candidats. Québec en comptait trentequatre, Ste-Anne onze, Nte-Thérèse huit ; en tout 63.
La correction des devoirs se fit à Québec dans les premiers jours des vacances. Il y eut en tout quinze bacheliers, dont treize du Séminaire de Québec, un de Nicolet et l’autre de Ste-Anne.
La moyenne générale du succès fut de 747 sur 138 points. Les moyennes particulières plaçaient Québec au premier rang avec le chiffre 83.4, Nte-Anne au second rang avec 18.0, Nicolet au troisième avec 77.7, Trois-Rivières au quatrième avec 69.5, Ste-Thérèse au cinquième avec 65.3.
Le Collège des Trois-Rivières n'avait guère à s'énorgueillir d'un tel résultat; cependant M. E. Grenier avait atteint un chiffre qui, d’après les nouveaux règlements de l'Université, lui donnait droit de reprendre la matière la plus faible de son examen. En effet, cet élève reprenait plus tard sa géographie, et il arrivait heureusement au nombre de points voulus pour le baccalauréat. D'un autre côté, Pierre McLeod avait obtenu des succès partiels qui le distinguaient entre tous ses concurrents. Ainsi sur un total de 54 points accordés pour les trois devoirs, il obtenait 49.5, c'est-à-dire qu'il remportait son inscription par ses trois devoirs seulement. Bien plus, sur l’ensemble de ces trois matières il était le plus fort de tout le conconrs. Maïs une grave maladie d'yeux dont il
avait eu beaucoup à souffrir tout le cours de l’année, l'avait empêché de s'appliquer à l'étude, et 1l était resté conséquemment très faible sur les matières de mémoire : de 1à son insuccès en histoire et en littérature. Enfin, si la moyenne du Collège des Trois-Rivières se trouvait si basse, cela était dû particulièrement à l'extrême faiblesse d’un seul élève qui avait été loin d’atteindre le chiffre de son inscription.
Les examens des autres classes se firent à peu près en même temps que ceux de la Rhétorique, et ils donnèrent un résultat très satisfaisant. En conséquence, le travail de l'année scolaire se trouva complété le samedi, 4 juillet. Comme d'habitude, on passa la journée du lendemain, dimanche, dans le recueillement de la retraite et le lundi, on mit la dernière main aux préparatifs de la séance de la distribution des prix.
Le mardi donc, 7 juillet, dans la salle du Collèce, au milieu du concours des amis de l'institution, avait lieu la séance publique qui, chaque année, termine les travaux scolaires. Na Grandeur Mgr Cooke présidait, ayant à sa droite Non Honneur le juge Poleite, et à sa gauche Mr le grand vicaire C. O. Caron. Les messieurs de l'évêché, plusieurs prêtres venus des différentes paroisses de ce diocèse et de l'étranger. quelques-uns des principaux citoyens de cette ville occupaient les premières places. Le reste de la salle était encombrée par les parents des élèves et par les amis de l'éducation.
Un joyeux air de musique exécuté avec entrain par les élèves, disposa agréablement tous les esprits.
MrOlivier Nault vint ensuite, au nom de ses confrères manifester la joie bien légitime qu'ils ressentaient tous de voir arriver l’époque de la distribution des prix, et il remercia l’auditoire des marques de sympathie qu'il leur donnait par sa présence. Le discours de Mr Nault parut très bien gouté.
Cinq élèves de Rhétorique, MM. Edm. Grenier, Ulric Barthe, Elie Lemire, Léon Boucher et Nap. Desaulniers, se sont ensuite disputé, dans une joute toute pacifique mais brillante, le prix d’élocution que le suffrage des auditeurs décerna à Mr L. Boucher.
La Comédie de Molière ‘ Hr de Pourceaugnac” fut alors jouée et elle obtint beaucoup de succès, si l’on en peut juger par les applaudissements qui ont, maintes fois, salué les acteurs, et par l’hilarité qui n’a cessé de règner dans l’auditoire.
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Enfin le moment solennel de la distribution des récompenses est arrivé. Le Palmare proclame successivement tous les noms des heureux lauréats, entre lesquels se distinguent plus particulièrement en Philosophie senior, MM. OI. Nault et Ep. Nobert, en Philosophie junior, MM. G. ;Pager et K. X. Cloutier, en Rhétorique, MM. Edm. Grenier et P. McLeod, en Belles-Lettres, MM. Rich. Cooke et Eus. Beaudry, en Versification MM. Ismaël Noël de Tilly et Joseph Picher, en Méthode, MM. Joseph Trottier et Ls Desaulniers, en Syntaxe, MM. D. Houde et Oct. Pleau, en Elément MM. Joseph Genest, Joseph Jacques et Lucien Lassalle, au Cours Commercial, première division, MM. Nicolas Murphy et Louis Marcoux, seconde division, MM. John Murphy et Ed. Blondin.
Outre les prix ordinaires pour les matieres de classe, les supérieurs distribuèrent des prix extraordinaires pour l'instruction religieuse, l'instruction militaire, le plain-chant, la musique vocale et instrumentale,
Après la distribution des récompenses, les élèves finissant leur cours parurent sur le cutatre. et l’un d'eux, M. E. Nobert fit un touchant discours d'adieux aux directeurs, professeurs et élèves de la maison. Le bonheur de la vie d'écolier, la douleur de la séparation, l'incertitude et les dangers de l'avenir, tout cela était exprimé dans un langage très sympathique. Aussi l'émotion gagna-t-elle tous les cœurs !
Monsieur le grand vicaire Caron voulut bien adresser quelques mots à l'assemblée vers la fin de la séance. Il exprima son contentement de tout ce dont il venait d'être témoin, et dit aux parents qu'ils ne devaient pas regretter les sacrifices qu'ils faisaient pour l'instruction de leurs enfants ; var ils en étaient récompensés par l'éducation solide et franchement catholique que ces enfants recevaient en échange. Il remercia au nom de Mgr Cooke, au nom de la Patrie et de la Religion, les hommes dévoués de cette maison qui savaient former de semblables élèves.
M. le supérieur, J. E. Panneton remercia M. le grand vicaire de ses bonnes paroles. Il annonça que l’année sui-
fanñte, la corporation du Collège voulait donner un plus grand développement au cours commercial, et que, dans ce but, elle avait envoyé aux Etats-Unis, pour y étudier l'anglais, un professeur qui avait en outre pour mission de ramener avec lui, pour la rentrée des classes, deux autres professeurs d'origine anglaise. C’est là, ajouta-t-il, un fait que le public verra avec beaucoup de satisfaction et qui, nous l'espérons, ne pourra qu'accroîtte les sympathies nombreuses que possède déjà notre Collège.
Pour compléter le compte-rendu de cette jolie séance, il ne nous reste plus qu’à dire un mot de la part que nos musiciens ÿ ont prise pour la rendre plus solennelle. Dans une lettre qu'écrivait, vers le commencement des vacances, un des chantres à un de ses amis, je trouve justement des détails fort intéressants sur cette partie du programme: ‘‘ Aidés de ‘ Thomas et de Jos, (a) nos musiciens ont rempli très conve- ‘ nablement leur partie... Nous avons chanté ‘ La Lyonnaise ” ‘# (Du travail et du pain), le fameux “ Départ pour la Palestine’ ‘et un morceau de circonstance sur un air de Rolland ‘* Le Cor.”
Ce fut justement le chant de ce dernier morceau qui ter: mina la séance et avec elle la huitième année scolaire.
(a) C'étaient deux anciens élèves de la ville qui avaient fait partie du corps de musique du Collège depuis ses commencements.
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