APPRÉCIATION GÉNÉRALE DE L'ANNÉE
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L'affaire capitale qui fut l’objet des constants efforts de tous les intéressés à l'œuvre du Collège, durant l'année qui venait de s'écouler, fut l'amélioration de la position financière par la pratique de la plus stricte économie. C’est ce but que visaient les directeurs et les professeurs quand ils consentirent à donner à la maison une plus grande somme de services, tout en réduisant le chiffre déjà si modique de leurs honoraires. C’est aussi la seule raison plausible qui puisse expliquer le départ de M. Héroux. Quelques graves motifs qu’eut d'ailleurs ce digne prêtre de quitter le Collège, il n’y a pas de doute qu'il devait y être fortement attaché, après y avoir travaillé aussi longtemps et ce dut être pour lui un sacrifice pénible que de briser les liens qui l'y retenaient. On a vu, il est vrai, qu’il avait rencontré des épreuves et des déboires dans l'administration des finances de la maison, et quelquefois aussi dans ses rapports avec ses confrères ; mais il avait trop de vertu pour ne pas oublier bien vite ces désagréments ou pour ne pas supporter ceux qu'il pourrait rencontrer encore en restant au Collège. Ce ne fut donc que pour économiser la pension et les honoraires d’un prêtre que M. Panneton avait consenti au départ de M. Héroux.
Mais ce fut un acte de mauvaise politique pour M. Panneton, car le surcroît de travail qu’il dut s'imposer pour suppléer au défaut de son collègue, acheva de ruiner sa santé; et quand arrivèrent les vacances, il fut obligé de prendre un
repos absolu et de remettre toute l'administration de la maison aux mains de son jeune confrère, M. Richard C'était une nouvelle épreuve que subissait le Collège des Trois-Rivières, et Ja plus grande peut-être qu'il ait jamais rencontrée dans tout le cours de son existence.
Cependant tant d'efforts et de sacrifices, faits pour améliorer les finances de la maison, méritaient d’être couronnés de succès. C’est en effet ce que constate le rapport officiel de la corporation au Surintendant de l'Instruction Publique, juillet
“ Nous ferons remarquer que, cette année, les finances de ‘ notre institution ont repris une meilleure tournure, grâce “aux nombreux sacrifices que se sont imposés tous les supé- ‘‘ rieurs et professeurs, ainsi que bon nombre de citoyens de ‘# Ja cité et de la banlieue des Trois-Rivières ”? (Signé) G. S. BADEAUX, M. D. Président de la C. C. T-R NEV. DUMOULIN, Secrétaire.
Ls. RICHARD, Ptre., Directeur.
L'achat de la ferme *“ Barnard ” était aussi un de ses actes importants qui devaient avant peu changer entièrement la position financière de l'institution. Nans doute que, tant que le prix d'achat n'aura pas été versé entre les mains des vendeurs, ce sera une nouvelle charge ajoutée à toutes celles qui pèsent déjà sur la maison ; mais au moins cette dernière dette est représentée par un équivalent qui devra nécessairement augmenter de valeur entre les mains de la corporation du Collège. Fn effet, l’on ne tarda pas à constater que cet achat avait été fait en temps opportun. Deux ans plus tard, et avant qu'il fût question de bâtir le Collège à cet endroit, la propriété avait déjà doublée de valeur, et l’on offrait Ia somme de $5000.00 pour les trente acres situés au nord-est de la rue des Champs.
“ Le Journal de l'Instruction Publique ” misen demeure d'apprécier le Collège des Trois-Rivières avait, quelques mois auparavant, loué celui-ci en termes flatteurs de ses succes obtenus au concours du baccalauréat.
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