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CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME

Jamais peut-être année scolaire ne fut plus féconde en événements importants que celle qui venait de finir. Quatre œrandes questions surtout s'étaient agitévs autour d’une institution devenue désormais célèbre. Deux de ces questions avaient déjà trouvé une solution des plus heureuses. Les deux autres restaient en suspens, et l’une d'elles, le transfert du Séminaire de Nicolet aux Trois-Rivières, demeurait à l’ordre du jour et préoccupait plus que jamais l'attention du public. Qui pourra jainais dire l'impression de profond éton-

nement et d'agréable surprise à la fois, qu'éprouvèrent les amis du Collège des Trois-Rivières, quand ils apprirent que cette question si vitale et si décisive pour l'existence de la maison qui possédait leur affection, avait pour principal promoteur, Mgr d'Anthédon; ce ne fut qu'alors que l’on connût que telle avait été son idée, dès que la question du Collège des Trois-Rivières s'était soulevée.

L'avenir s’ouvrait donc avec des espérances jusqu'alors inconnues et d'autant mieux fondées que le projet de Mar d'Anthédon rencontrait un grand nombre d’adhésions parmi les membres du clergé.

La corporation du Collège fait sans doute allusion à ces faits, quand elle dit dans son rapport à l'Honorable Ministre de l’Instruction Publique alors Premier ministre de la Province de Québec: ‘“ Vous verrez sans doute avec satisfaction

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Les éloges flatteurs que Mgr Laflèche avait faits des travaux intellectuels des élèves, dans son allocution de la cloture de l'année, étaient peut-être un peu trop bienveillants; mais ils étaient rigoureusement mérités, et sous ce rapport, l’année scolaire 1868-69 avait été une bonne année. Hélas ! il est pénible d'avouer que, sous le rapport moral et disciplinaire, la communauté n'aurait pu recevoir un certificat aussi flatteur ! On avait de petites fredaines à lui reprocher, il s’y était produit quelques misères et glissé des abus regrettables. Tout cela, sans doute, aurait pu être prévenu et évité en grande partie, si le directeur n'eut pas été aussi longtemps malade et absent; puis ensuite, si ses autres occupations lui eussent donné plus de loisirs pour mieux soigner cette importante branche de l'administration.

Comme sa dévancière, l’année scolaire 1867-68 avait vu sortir du Collège, pour vingt raisons différentes, trente-quatre élèves plus ou moins avancés dans leurs études. Quatre s'étaient fait zouaves du Pape ; MM. Ep. Dusseault, Ed. Brunel, Nap. Hudon Beaulieu et Ernest Noël de Tilly. Trois avaient embrassé l’état ecclésiastique ; Ep. Nobert, EF. X. Cloutier et G. Pager ; un quatrième, après avoir essayé l’étude du notériat, devait plus tard se faire jésuite, c’était M. Olivier Nault. La médecine en avait attiré quatre autres ; M. Rheault, Ad. Lanouette F. X. Barilet Ph. Desilets. Enfin Thémis avait trouvé un disciple dans la personne de M. Alp. Camirand.

Quant aux autres, plusieurs voulurent vieillir encore de

quelques années avant de prendre leur parti, Le commerce et l'industrie a fini par fournir à plusieurs d’entre eux le pain quotidien.

Le nombre des anciens, avant l'ouverture des classes pour l'année courante, se trouvait done porté à 246.

Ces trente-quatre élèves sortis avaient été remplacés par 46 nouveaux, lesquels, ajoutés aux 79 anciens qui étaient revenus prendre leur place sur les bancs du Collège, avaient porté le nombre total des élèves pour l’année courante à 125.

Ils étaient ainsi partagés entre les diverses classes : en Philosophie 9, en Rhétorique 9, en Belles-Lettres 11, en Versification 10, en Méthode 11, en Syntaxe 16, en Eléments 17 au Cours commercial 42.

On comptait 19 pensionnaires, 83 externes en 73 quartpensionnaires. La ville fournissait un contingent de 63 élèves ; les différentes paroisses du diocèse en envoyaient 51, les onze autres appartenaient à des diocèses étrangers.

La fanfare avait été composée des éléments suivants : Ed Grenier, premier cornet, J. Bte Bouchard, premier cornet, C. Dufresne, 2e cornet, Eug. Marchand, 1er alto, Arthur Olivier. 2e alto, OI. Savoie, ler baryton, C. Biron, 2e baryton, R. Cooke, basse, C. Milot, contre-basse, L. St-Arnaud, grosse caisse.

La situation financière de la maison avait continué à s'améliorer, grâce à une administration économique et peutêtre aussi un peu à l’augmentation de l'octroi du gouvernement qui avait été porté cette année à $1000.00. Le bilan se résolvait donc dans les chiffres suivants : Recette $5400.00. dette active $875.00, total $6275.00. Dépense $5080.00, dette passive $1022.00, total $6102.00, donnant une balance à l’actit de $178.00.

On comprend aisément la satisfaction qu’en éprouva la corporation, quand ces chiffres furent soumis à son approbation. C'était la première fois qu'on avait le plaisir de cons tater un surplus de l'actif sur le passif. Sans compter que

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