‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 132 sur 217 · VI.—JANVIER · texte numérisé non relu

VI.—JANVIER

Pour des raisons qui regardaient plus particulièrement les professeurs, les élèves trifluviens obtinrent, cette année encore, le privilège d'aller passer le jour du nouvel an au foyer paternel. Le congé s’ouvrit le vendredi midi et devait finir le lundi soir; mais les obstacles ou les inconvénients que nous avons déjà signalés et qui entravaient souvent le retour se répétèrent cette fois avec une telle force que près de la

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moitié des élèves manquait à l'heure marquée pour la rentrée Ce ne fat que sept ou huit jours plus tard que les classes entièrement recomposé:s purent se remettre sérieusement à l'ouvrage. M. Richard, en sa qualité de préfet, dut prendre de nouvelles et sérieuses résolutions pour l'avenir. Cependant les effets de ces, dérangeiments sur les examens du premier semestre, ne furent pas aussi désastreux qu'il l'avait craint d'abord. Voici la moyenne donnée pour chacune des classes : les deux divisions de la Philosophie très-bien ; la Rhétorique bien. les Belles-Lottres très-bien, la Versification, très-bien, la Méthode bien, la Syntaxe très-bien, les Eléments bien, les trois divisions du Cours commercial bien. Somme toute, l'examen se trouvait ‘ BON.”

La Providence qui protégeait toujours si visiblement le Collège des Trois-Rivières ne laissait pas de lui envoyer des épreuves assez fréquentes. Aïnsi le 7 janvier, un incendie dont on ne put découvrir la cause, consuma entièrement notre maison de la ferme, alors occupée par M. le Régistrateur L. (G Duval. Cette propriété valait plus d'un millier de piastres. Elle avait méme été assuréc pour $1,300.00 ; maïs une informulité dans le règlement de la police priva la corporation de son droit de recours contre la compagnie d'assurance, malgré les eflorts que fit pour cela M. T. E. Normand, membre de la corporation. Cet accident et la perte sèche qui s’en suivit pour le Collège, furent particulièrement sensibles à M. Baillargeon et à M. Richard et ils en éprouvèrent beaucoup de chagrin.

Les exercices du grand jubilé accordé à raison du Concile du Vatican eurent lieu aux Trois-Rivières, au commencement de janvier, du 9 au 18. Ils furent préchés par le Rev. P Braun de la Compagnie de Jésus, lequel fit de fort remarquables sermons sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat, sur les droits et sur les devoirs des deux sociétés.

Les élèves du Collège suivirent ces exercices avec beaucoup d'intérêt et avec grand profit pour leur instruction reli-

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VI]J-- ORDINATIONS DE MM. DuroxT & TESSIER.

L: mois de mars eut, à son tour, ses grands et petits événements. Ceux que doit consigner l'histoire du Collège sont les ordinations de MM. P. E. Dupont, Uld. Tessier et J, Cooke, faites à Nt-Hyacinthe, par Na Grandeur Monsvigneur Joseph Larocque qui, à cause de ses infirmités, n'avait pu se rendre au Concile, mais qui pouvait encore servir l'Eglise du Canada, en lui donnant de nouveaux prêtres. M. Dupont reeut successivement les trois ordres sacrés du sous-diaconat. du diaconat et de la prètrise. M. Tessier fut fait prêtre et M. Cooke sous-diacre d'abord, puis diacre.

L'ordination des d'ux prètres cut lieu le 20 mars, dans la petite chapelle du monastère du Précieux Sang. Le jour, le lieu, l'évêque célébrant, les lévites s'offrant à l'immolation ; que de circonstances mystérieuses s'unissaient ensemble, pour donner à cette cérémonie un cachet particulier d'imposante grandeur et de touchant souvenir. C'était le jour de la solennité de la fête de St-Joseph, ce glorieux patron de l'Eglise du Canada et de notre humble institution, avant même qu'il fut donné pour protecteur à l'Eglise universelle. C'était dans une humble: chapelle dédiée au Prérvieux Sang que ces deux nouveaux lévites allaient recevoir le pouvoir divin de changer le vin au Précieux Nang de Jésus-Christ. C'était un vénéruble prélat portant le nom de $. Joseph ; mais dont Îles vertus humbles et cachées rappelaient encore mieux celles de son Saint Patron. Enfin c'étaient deux enfants du Collège Nt- Joseph qui allaient être ordonnés par Joseph, en la solennité de St-Joseph ! !

L'évêque, assisté de M. le grand vicaire Moreau et de M, Richard, accomplit avec une angélique piété tous les rites de la Nainte Eglise, et l'assistance, composée de quelques personnes privilégiées et des saintes filles de la sœur Caouette, semblables dans leur blanc costume, à des anges prosternés en adoration au pied de l'autel, fut fort édifiée de toutes ces cérémonies de l’ordination des prêtres.

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