‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 134 sur 217 · IX—CGRAND INCENDIE DU MOULIN DES AMÉRICAINS · texte numérisé non relu

IX—CGRAND INCENDIE DU MOULIN DES AMÉRICAINS

Le premier jour du mois d'avril, vers dix heures du soir, au moment où la communauté entrait dans ce calme et ce silence profond de la nuit, tout à coup, le son du tocsin et en même temps une lueur sinistre s'élevant du côté est de la ville, annonçait à tous les citoyens un épouvantable malheur. En un clin d'œil, les cris: “au feu, au feu” avaient mis toute la ville en émoi et l’on ne tarda pas à apprendre que l'incendie s'était déclaré dans une des bâtisses attenantes aux immenses scieries de la compagnie américaine, que déjà l'un des moulins était tout en feu et que l'élément destructeur, poussé par un fort vent du nord-est, menaçait toute la ville. Au premier signal, les trois compagnies de pompiers s'étaient rendues sur le théâtre du sinistre; mais les flammes et la fumée poussées violemment du côté où les pompiers pouvaient agir, rendaient leur action impuissante. Bientôt le leu se communiqua aux grandes piles de bois scié qi.i couvraient plus de vingt arpents en superficie, et il s'y propagea avec une effrayante rapidité. Alors les flammes acquirent une telle intensité et s’élevèrent à une si grande hauteur, qu'elles furent vues à plus de quinze lieues à la ronde. De cet immense brasier, montaient en tourbillonnant de véritables nuages de tisons ardents qui s’abattaient sur la ville en véritable pluie de feu, menaçant de tout détruire. Le feu fut porté à plus d’un mille de distance sur la rue St-Philippe et sur la rue Notre-Dame où des commencements d'incendie furent heureusement arrêtés. Chaque propriétaire dut veiller à la protection de sa maison. Mais ce fnt surtout au couvent

des Dames Ursulines que le danger fut plus considérable et

les commencements d'incendie plus souvent répétés. Ce ne fut que grâce à l'opportunité des secours, s’il a pu être sauvé.

Mr Richard, comme tous les professeurs du Collège, libres de la surveillance des élèves, était accouru au lieu du sinistre, pour se rendre compte par lui-même de ses effets destructeurs et pour porter secours aux malheureuses victimes de lincendie. Mais bientôt, craignant pour le Collège lui-même, il revint en toute hâte aposter des gardiens pour veiller sur cette pluie de feu qui tombait sur la maison et bien lui en prit de cette mesure de précaution, car ses sentinelles eurent plusieurs fois à éteindre des tisons qui auraient pu mettre le feu

Pendant six heures durant, cet immense brasier éclaira la ville et les environs et tint sous le coup d’alarmes continuelles tous les citoyens de la ville et la plupart des écoliers qui n'a

“aient pu fermer l'œil de Ja nuit. Ce ne fut que vers le matin que l’on cessa de craindre, au moins pour les édifices un peu éloignés. Jamais les témoins de cet épouvantable incendie n'oublieront les terreurs qu'il leur a causées durant toute cette longue nuit.

X—ARKRIVÉE DES ZOUAVES.

Six jours plus tard, un événement d’un autre genre derait causer en ville un émoi aussi considérable et mettre de nouveau sur pied toute la population. C'était l'arrivée de nos zouaves, de ces généreux défenseurs du trône pontifical, qui provoquait cet enthousiasme, ces transports et cet émoi. La plume est impuissante à redire la grandeur et la variété des émotions occasionnées par cette démonstration vraiment grandiose. Essayons cependant d’en noter les traits les plus saillants.

Dès neuf heures du matin, un grand nombre de citoyens s'étaient rendus sur les quais, attendant le départ du “Ste Anne ” et du ‘“ Doré” qui devaient les conduire à la station Doucet au devant des braves voyageurs. À dix heures. ces deux bateaux, décorés de drapeaux laissaient la ville, ayant à leur bord la fanfare du Collège et une compagnie de volon-

let Co ad éta

fon éta ins la | la alo har jou

fut

In Ceat

du :

— DD

és: Core taires sous les ordres du capitaine Bureau. Deux ou trois airs sn. ji être sauvé. de musique, exécutés avec entrain, augmentèrent encore l'en- SAP thousiasme général. Arrivé de l'autre côté, on se rendit immé- ©

lège, Hbrés diatement à la gare où de cordiales poignées de mains furent à

du sinistre, échangées avec ces bons zouaves que les volontaires saluaient 1

PATRAUIeNE par la décharge de leurs armes. Au retour des bateaux en

de l'incen- ville, ily avait une foule extraordinaire sur les quais, sur

ième, il re le boulevard et dans la rue du Platon. Un enthousiasme ka se $

er sut cou général régnait dans cette foule qui se pressait aux abords D Len prit de des vaisseaux. La fanfare faisait retentir l'air de ses joyeux eurent plu- pas redoublés, l'association militaire du Collège répondait aux ettre Le feu décharges de la compagnie des volontaires, toutes les cloches de la ville envoyaient au loin leurs joyeuses volées. Dans la foule, sur les balcons, aux fenêtres des maisons, les dames agieTs qui n'a taient leurs mouchoirs, de chaleureux vivats sortaient de Ù ers le matin toutes les poitrines.

ices un peu le incendie it toute cette

er éclaira la ‘ontinuelles

Ce fut au milieu de ces acclamations triomphales que les zouaves furent conduits à la cathédrale où des adresses leur furent présentées par le maire de la ville et les élèves du Collège. M. Ls. Garceau, un des zouaves, répondit à ces deux adresses avec beaucoup d'émotion. Les sympathies qui leur étaient manifestées, produisaient sur eux une impression profonde qu'il était facile de lire sur leurs figures. La cathédrale était parée comme en ses plus brillants jours de fête. Des inscriptions appropriées à la circonstance, ajoutaient encore à

re genre det mettre de rivée de nos

ntifical, qui et émoi. La variété des iment gran »s plus sail

de citoyens rt du ‘Ste

la beauté des lignes, à la majesté de l'édifice, à la richesse de la décoration. Un chant, composé pour la circonstance fut alors exécuté par le chœur des élèves avec un entrain et une harmonie parfaitement en rapport avec les émotions de ce jour.

Mais la partie la plus importante de cette démonstration fut sans contredit, l’allocution prononcéé à la cathédrale par

à la station M. l'administrateur du diocèse, le grand vicaire C. O. Caron. its ces Il nous est donné bien rurement d'entendre plus beau morle, ayant à ceau d'éloquence. Le tout fut couronné par le chant sublime

e, dyc ‘ .

e de volon:

du “ Te Deum ” qui, dans ces circonstances de grande allé-

gresse, semble être encore plus divin dans son inspiration, plus ravissant dans sa religieuse mélodie.

Dix jours après cette triomphale réception, le jour de Pâques même, Epiphane Dussault, l'un de ces vaillants soldats du pape, entrait dans un autre corps de milice qui, celui-là, reste toujours au service de l'Eglise. Il échangeait le costume du zouave contre l'habit ecclésiastique et retournait à son cher Collège des Trois-Rivières, en qualité de second régent.

XI=—MorT DE MGR COOKE.—NA BIOGRAPHIE.

Enfin le mois d'avril commencé dans les épouvantes d'un effroyable incendie, devait se terminer dans le deuil et les tristesses de la mort. L: samedi, 30 avril, à 5 heures du soir, le diocèse des Trois-Rivières perdait son premier pasteur ; la ville son guide et son père depuis trente-cinq ans, le Collège son fondateur et son bienfaiteur. Mgr Cooke, courbé sous le poids des années et épuisé par les innombrables travaux d'uu long et laborieux apostolat, voyant sa forte santé décliner rapidement avait, dès le mois d'avril de l’année précédente, remis l’administration du diocèse à son coadjuteur, Mgr d'Anthédon. Les amis de Na Grandeur avaient espéré que cette démarche, en lui enlevant tous les soucis de la direction pas torale, prolongerait sa précieuse existence et lui assurerait une heureuse vieillesse. Mais la Divine Providence, dans sa Nouveraine Nagesse, jugea l'heure du repos arrivé pour ce vaillant soldat, ce bon pasteur, ce prince estimé et honoré de l'Eglise du Canada.

La mort de Mgr Cooke fut un deuil général pour la ville, pour le diocèse, pour toute la province de Québec. Onen vit la preuve dans les démonstrations auxquelles ses funérailles donnèrent lieu. La foule immense, les décorations des rues, la musique funèbre, le chant lugubre, le deuil de la cathédrale, tout prenait une voix pour exprimer les regrets du troupeau fidèle, et pleurer la mort d’un père bien-aimé. Ce fut au milieu de cette pompe funèbre, comme il ne ft

nspiration,

le jour de üillants solmilice qui, échangeait et retourqualité de

Page 1