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I— PENDANT LES VACANCES

Le premier événement important qui s'offre à l'attention de l'historien de ces notes, dès les premiers jours des vacances, fut la mort de Monsieur l'abbé Charles Dion curé de Nt-Prosper, arrivée le 8 juillet. M. Dion était un prètre selon le cœui de Dieu et qui n'avait jamais eu d'autre ambition que celle de remplir scrupuleusement ses devoirs, partout où la Providence l'avait placé; soit au Néminaire de Québec comme élève st ecclésiastique, soit comme prêtre, vicaire à Notre-Dame de Québec et à Bécancourt, soit comme curé dans cette der: uière paroisse et à Nt-Prosper, soit enfin comme directeur. supérieur et procureur du Séminaire de Nicolet. Aussiil ne comptait que des amis parmitous les membres du clergé et ce fut un deuil général quand on apprit la nouvelle de sa” mort. Mais celui qui écrit ces notes avait eu avec le défunt

des rapports d'intimité qui ajoutaient au chagrin qu'il éprou-

valt de cette mort depuis quelque temps prévue, mais qui arri-

vait encore à l’improviste. Il s'empressa donc de se rendre

a St-Prosper pour aider aux préparatifs des funérailles et

rendre à son bienfaiteur et à son ami les derniers et suprémes

devoirs.

Quelle ne fut pas sa surprise et sa consolation d'apprendre que le défunt avait fait ses dis positions testamentaires en aveur du Collège des Trois-Rivières, “voulant par là, ” avaut-

il dit, ‘honorer la mémoire de son regretté supérieur Mgr Cooke et correspondre en méme temps aux vues de Mgr Laflèche.

Les funérailles eurent lieu, au milieu d'un grand concours de prètres et de tous les paroissiens de St-Prosper qui pleuraient en la personne de leur digne curé, un père et un ami. Les messieurs du Collège s'y rendirent en nombre, pour témoigner leur reconnaissance à leur bienfaiteur et lui donner l'échange de leurs suffrages contre les biens qu'il venait de leur léguer.

Il est vrai que ee bon curé avait eu le cœur trop large et trop généreux pour pouvoir jamais thésauriser et laisser une riche succession à ses héritiers. Ainsi, il ne quittait guère en mourant que ses livres et son petit mobilier lequel n'était remarquable que par son humble simplicité. Tout de même ici, c'est du mérite de l'intention dont il faut tenir compte et de l'effet moral qu'un acte semblable devait produire !

On était justement à cette époque où les ennemis du Collège des Trois-Rivières faisaient de leur mieux pour contrecarrer les efforts et les démarches de Mgr Laflèche qui travaillait à amener la fusion des deux Collèges en un seul. Or. n'était-il pas admirable et vraiment édifiant de voir un saint prêtre, ancien supérieur du Séminaire de Nicolet, sacrifier généreusement les sympathies bien naturelles qu'il gardait pour une institution au service de laquelle il avait consacré dix années de sa vie, à la conviction qu'il avait acquise de la nécessité du Collège des Trois-Rivières et de l’encouragement qu'il fallait lui donner. Aussi son noble exemple a-t-il servi notre institution infiniment mieux encore que les quelques cents dollars qu'il lui a légués ! Qu'il en soit éternellement béni et remercié !

Par un singulier contraste, c'est encore un joyeux événement qui vient faire suite à cette cérémonie funèbre. Un mois plus tard, 9 août, c’est le retour de Rome de Mgr La flèche qui provoque l'accueil le plus chaleureux que la ville

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des Trois-Rivières ait jamais fait à son premier pasteur. La voix du canon, le carillon des cloches, la musique de fanfare, les arcs de triomphe, les drapeaux flottants sur les édifices, les décorations splendides, la foule immense et enthousiaste, les acclamations triomphales, les adresses magnifiques, les réponses de l’évèque plus magnifiques encore, rien ne manquait à cette brillante et solennelle démonstration.

Le steamer Srandinavian devait faire escale aux Trois- Rivières, pour permettre à l'illustre voyageur d'y descendre, Bien qu'il ne fût que six heures du matin quand il arriva en vue de la ville, déjà toute la population était sur pied avide de revoir et d'entendre son premier pasteur et de recevoir su bénédiction. Toute la journée, la ville fut en liesse et le soir elle disparaissait en quelque sorte sous les feux d'une brillante et splendide illumination.

Aussitôt que Mgr Laflèche fut un peu remis des fatigues de son voyage et des émotions de son arrivé», M. Richard s: hâta de l'aller trouver pour l'informer du départ définitif de M. Panneton et s'entendre avec lui sur la composition du personnel du Collège. Le plus difficile alors n'était pas précisément d'avoir des prêtres de Ia maison dont les fruits commençaient à mürir ; mais comme il ne fallait pas encore songer à garder un grand nombre de prêtres, il s'agissait de faire un choix prudent et sûr, capable d'assurer l'avenir de l'établissement, en y retenant des sujets pieux, capables, zélés, désintéressés, fidèles et dévoués, d'un caractère sympathique, susceptible de la vie de communauté. Sans doute, toutes ces qualités qui donnent l'idéal de l’homme de Collège, se rencontrent bien rarement dans un même sujet. C’est là ce qui explique les difficultés sérieuses quise rencontrent généralement dans la formation du personnel des maisons d'éducation.

Après mûre délibération et en vue de pourvoir aux besons les plus urgents, Mr Richard demanda à Monseigneur l'autorisation de garder au Collège MM. Nap. Caron, Em Guilbert, P. E. Dupont et Elp. Godin. Messieurs Uld. Tessier et J. Cooke restaient disponibles pour le ministère.

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Cependant Mr Caron avait été séricusement malade une bonne partie des vacances. Vers la mi-aout, il écrivait au directeur pour l'informer qu'il se sentait encor: bien trop faible pour s: risquer à l’enssignement de la classe de Belles. Lettres que Mr Richard désirait Iui donner. Force fut à celui: ci d'assigner à son jeune collègue une besogne moins fati. œuante, et dans l'exercice de laquelle 1 put refaire sa santé Il fut donc nommé sous-directeur avec le titre de préfet du religion. Mr Guilbert fut chargé de la préfecture des études, Mr Dupont restait professeur de Philosophie et Mr Godin professeur de Chimie, de Mathématiques, ete.

La nomination de Mr Guilbert à la direction des études et le départ de MM. Tessier et Cooke créaitent des vides 1mportants qu'il s'agissait de remplir. D'un autre côté, la sant: plus que précaire de quelques-uns des professeurs engagoat Mr Richard à se pourvoir, cette anné», de deux maîtres de salle, afin de parer à toutes les éventualités. Voyons don jusqu'à quel point, dans une telle urgence de sujets, la Providence vint ici en aide à ce pauvre directeur pour la com position de son personnel. Un ex-zouave, Mr Edouard Brun! et un élève finissant, Mr Edmond Grenier étant décidés d'embrasser l’état ecclésiastique. avaient spontanément offert leurs

services qui furent anssitôt agréés. Trois autres sujets du diocèse des Trois-Rivières, MM. Damase Fortin, Chs Ad. Bi rolet et Narcisse Grastonguay ayant étudié respectivement dans les Collèges de Montréal, de l’Assomption et de Ste-Anne Lapocatière avalent eux aussi demandé leur admission dans l'état clérical et étaient entrés en relation avec Mr Richard qui, de l'agrément de Monseigneur Laflèche, les appela tous

au Collèsce des Trois-Rivières. . 0 Ainsi, après les vacances quand les élèves vinrent repren: “ dre leurs travaux, ils se trouvèrent en présence de professeurs # nouveaux dans presque toutes les classes. Voici : 3 ue

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Monsieur l'abbé Nap. Caron Ptre, préfet de religion et prof de Physique.

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. Dupont Ptre, professeur de Philosophie intellectuelle.

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Elp. Godin, Dere, prof. de Mathématiques et de Chimie.

F. X. Cloutier Acol, prof. de Rhétorique (plus

tard, prof. de B.-L.)

Georges Pager Acol. prof. de B':lles-Lettres

(plus tard 2e régent.)

Herm. Baril Dere, prof. de Versification (malade et absent une partie de l'anné:.) Ed. Gremier Eccl, prof. de Méthode.

Chs. Ad. Barolet Ecel. prof. de Nyntaxe.

Narcisse Gastonguay Escl. prof. d'Eléments.

F. X. Ep. Dusseault, Escl. assistant-procureur. Damase Fortin Eccl.,, premier régent.

Edouard Brunel Ecel. second régent (prof de

Versification après M. Baril.)

Ls. Alp. Nolin Ecel, professeur d'anglais au Cours com.

F. X. Trudel Ecel, professeur de français au

Cours com.

Ep. Nobert, Acol, (malade et absent) plus tard professeur de français au Cours commercial.

Les nombreuses parenthèses ouvertes dans ce tableau, font voir combien prudentes avaient été les mesures prises par M.le directeur pour se ménager du secours, au vas de besoin. Elles peuvent aussi donner une idée des graves soucis et des nombreuses épreuves qu'il eut à subir par suite de la maladie de plusieurs professeurs.

Le départ définitif de M. Panneton avait aussi amené des déménagements à l’intérieur du Collège. M. Richard s'était

installé dans les appartements du supérieur. M. Guilbert avait pris la place de M. Richard. M. Nap. Caron occupa

pr ‘a Ja chambre voisine de celle de M. Guilbert à l'angle ouest de A la maison. M. Dupont eut la chambre de l'angle est, tandis

: que MM. Baril, Fortin et Nolin se partagèrent Ja chambre de l'angle nord. M. Godin s'était menagé une alcôve de quel: ques pieds à côté de sa classe, à l'extrémité de l’aile neuve. Les autres ecclésiastiques furent logés dans les dortoirs.

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