IV—ARRIVÉE DES ZOUAVES
Le à novembre restera une date mémorable dans les fastes de l’église des Trois-Rivières. On sait que le deruier attentat contre le trône pontifical par le Piémont avait été consommé le 20 septembre. Au lendemain du jour où la France avait retiré ses derniers soldats de Rome, les Piémontais étaient venus mettre le siège devant cette malheureuse ville. Pie IX qui voulait épargner le sang de ses généreux défenseurs et de plus grands maux à son peuple, avait ordonné la capitulation après une résistance suffisante pour faire constater par l'Univers Catholique la violence avec laquelle on lui arrachait le dernier lambeau de son domaine pontifical. Mais l'assaut, le bombardement et la prise de Rome par les
soldats d'un roi soi-disant catholique seront à jamais la honte de notre siècle. Cet attentat sacrilège commis contre l'Eglis: et contre son immortel Pontife, au mépris de toutes les lois et de tons les droits, mettait le comble à tontes les infamies et à toutes les spoliations d2 Victor-Emmanuel. La révolution, assise avec Jui sur le trone d'Italie, s3 croyait assez forte pour braver les catholiques de l'univers entier, en leur volant leur capitale et en tentant d’asservir l'Eglise. Elle ne s: trompait pas absolument, puisque l’apathie où la connivence de tous les gouvernements la laisse régner en maîtress? et on tyran sur Rome et sur l'Italie depuis Bientôt trois lustres Cependant le Canada catholique: avait protesté contre cette invasion sacrilège par la voix du sang de ses zouaves qui avaient soutenus jusqu'au bout l'honneur des soldats du Christ et protégé de leurs nobles poitrines le trône éternel du Pontife-Roï. C'étaient ces glorieux vaincus dont le Canada était Le retour, et l'Eglise des Trois-Rivières pour sa part tenait à honneur de recevoir triomphalement ses quarante enfants qui arrivalent aujourd'hui de Rome. Il était vrai ment touchant de voir ces braves d’entre les braves, insensi-
bles en quelque sort: au bonheur de revoir leur patrie et leurs parents bien-aimés, indifférents en apparence à tous les témoignages de sympathie qu'ils rencontrent partout, n'éprouver qu'un regret, celui de n'être pas tombés glorieux au champ de l'honneur. On lisait sur toutes les figures, les pénibles
sacrifices de la capitulation, les poignants adieux au NSunt Vieillard du Vatican les ennuis de la captivité, les souffrances et les horreurs d'une traversée sans précédent par li violence et la duré: des tempêtes. Mais s'ils ne pouvaient se réjouir au milieu de l’allégress: générale, ils avaient du moins la consolation de voir que la cause pour la défense de laquelle ils avaient offert si génér'usement leur vie, était justement appréciée par leurs compatriotes. Ces démonstrations dont ils étaient l’objet en était un é:latant témoignage.
Arrivés vers 7 heures du matin sur un petit vaisseau spécialement nolisé pour les amener de Montréal, ils furent reçus aux acclamations d’une foule de cinq mille personnes,
is la honte tre l'Eglise tes les lois es infamies La révoluassez forte leur volant Elle ne s:
connivence tress2 et en rois lustres ‘ontre cette LoOUavEeS qui soidats du e éternel du it Je Canada Jour sa part ses quarante [Il était vralyves, insensiur patrie et ce à tous les out, n'éprouax au champ les pénibles ux au Nalnt les soultrandent par la pouvaient se nt du moins de laquelle t justement ions dont ils
tit vaisseal 1, ils furent > personnes.
et conduits en triomphe à la cathédrale où une adresse d: bienvenue leur fut présentée par le pro-maire de la cité, M. N. Danoncourt. Ce fat le sergont-major Prendergast qui répondit à cette adress: en remarciant cordialem nt les citoyens de leur sympathie ; mais aussitôt le souvenir et le nom vénéré de Pie IX vint se poser sur ses lèvres et l'émotion donnait à sa voix un accent d'irrésistible conviction quand il déclara ètre encore prêts, lui et ses compagnons, à voler au secours du Naint-Père si les circonstances l’exigeatent On entra à la cath‘drale, et Ià, après un chant de circonstance exécuté par le chœur des élèves, Mgr Laflèche adressa une courte mais bien éloquente allocution à ses chers zouaves, puis donna lui-mêim : la bénédiction solennelle du NS. Nacrement, qui finit par un Te Deum solennel comme les voûtes de la cathédrale n'en ont pas souvent entendu.
Au sortir de l’église, ceux des zouaves qui n'avaient pas leurs parents en ville furent invités à venir prendre le déjeuner au Collège. Ce qu'ils firent pour la plupart, et c’est là que uous avons pu recueillir de leurs propres bouches,le récit des situations plus ou moins critiques dans lesquelles chacun s'était trouvé durant les derniers événements d'Italie, et les impressions diverses qu'ils avaient éprouvées au cours de ces événements. Récits pleins de charmes respirant toujours le plus smcère Gévouement et l'amour le plus tendre pour Pie IX.