VII—ANNONCE DE LA VENTE DU PLATON
Vers la mi-avril, une lette de M. E. Parent, sous-secrétaire d'Etat, informait les autorités collégiales que le ‘ Platon ” allait ètre mis en vente au mois de septembre suivant,et qu'elles eussent à prendre leurs mésures en conséquence. C'était bien là cette nouvelle tempête, présagée depuis longtemps, qui éclatait tout à coup sur l'institution, et qui lui venait d’un côté d'où elle ne l'atten doit nullement. Mais le bail passé entre le gouvernement et feu M. Turcotte venait d’expirer, les ennemis du Collège en profitaient pour lui susciter de nouveaux embarras.
La lettre de M. Parent fut comme un coup de foudre pour les membres de la corporation. Ceux-ci toutelois se montrèrent aussitôt à la hauteur de leur position et, dans une assemblée tenue le 20 avril, ils décidèrent unanimement ‘que “puisque le gouvernement d'Ottawa voulait vendre le Pla- “ton, la corporation du Collège devait immédiatement faire “les démarches nécessaires pour l'acheter, coûte que coûte ; ‘afin de ne pas compromettre l'existence de la maison. ”
Sans retard, Monsieur W. McDougall, membre des communes pour la ville Trois-Rivières, fut chargé de faire savoir au gouvernement les intentions des directeurs du Collège, et il fut mis en demeure d’user de toute son influence pour leur faciliter l’achat en bloc des terrains de l’Ordonnance aux Trois-Rivières. Que M. McDougall ait fait, dans cette cir-
constance, tous ses efforts pour servir les intérêts de ses élec. teurs catholiques des Trois-Rivières, si grandement engagés dans l'existence et la prospérité du Collège, c'est ce que plu: sieurs ont toujours révoqué en doute. Quoiqu'il en soit, le résultat de ses premières démarches communiquées à la cor poration dans uue assemblée tenu: le 3 mai, allait à faire croire que le gouvernement n’entrerait en pourparler avec la corporation qu'à la condition que celle-ci lui fasse des propositions d'achat en lui offrant le montant réel de la valeur de la propriété. En conséquence les membres de la corporation considérant que, eu égard à la valeur actuelle de la propriété aux Trois-Rivières, la somme de huit mille piastres représentait la valeur absolue du Platon, résolurent d'offrir cette somme et chargèrent M. McDougall d'agir, pour et au nom de la corporation pour transiger cette affaire et parfaire le marché, si le gouvernement azceptait ces propositions. L'af faire, conduite avec faiblesse, pour n: rien dire de plus, traina en langueur. Finalement, la corporation dut agir directe. ment auprès du chef bas-canadien, Kir G. E. Cartier. Elle le fit par une note en date du 21 juillet. Mais le 25 octobre sui- “ant, elle reçut de l'Honorable secrétaire d'Etat une réponse négative à ses propositions.
Les retards apportés au règlement de cette affaire, causèrent beaucoup d'ennuis aux membres de la corporation et aux directeurs du Collège, et n'eut été la forme confiance que l'on avait dans ix Providence, cette fois encore, l’on aurait été tenté de se décourager et d'abandonner la barque au jouit des tempêtes. Mais St. Joseph veillait toujours sur le Collège et les diflicultés nouvelles qu'il lui ménageait en cette circonstance allaient justement devenir une des principales raisons de hâter la construction du nouveau Néminaire sur lequel il voulait surtout munifester sa protection. Ni le gouvernement eut alors accédé à nos désirs, cette construction eut été ajournée indéfiniment ; peut-être, eussions-nous tra raillé à fixer définitivement l'institution sur le Platon et cela aurait été un grand malheur. Placée là, elle n'aurait certainement pas été dans un milieu convenable à son développe-