VI-—LE PREMIER DE L'AN
[l avait été décrété par les autorités collégiales que l'on n'accorderait plus aux élèves la petite vacance du premier de l'an. Le souvenir des inconvénients des précédentes années était encore trop vivace dans l'âme de tous les anciens élèves pour qu'ils songeassent à exprimer un murmure ou une plainte. On vit donc, cette année, revivre toutes les scènes pitto resques que ce jour ramène au sein d’une communauté
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Souhaits de bonne année de chacun à tout le monde et de tout le monde à chacun, visite des élèves de chaque classe à leurs professeurs, réception du directeur à la salle des exercices et sa bénédiction comme père de la famille et comme prêtre. Le jour de l’an et le congé qui suivit furent donc passés au Collège au milieu des divertissements de toutes sortes que M. le directeur et ses dignes coopérateurs s'ingéniaient à varier le plus possible, afin de faire oublier aux jeunes élèves l'éloignement de la famille et les jouissances du foyer paternel.
Le trois janvier, Mgr Laflèche à qui cette décision des directeurs du Collège relativement au congé du jour de l'an avait été particulièrement agréable, vint veiller avec les élèves pour les entretenir de ses voyages, de ses missions, etc. ete. Nul besoin de dire que l’éminent conférencier sut intéresser au plus haut point, son jeune auditoire et qu’il contribua plus que tout autre à achever de dissiper le nuage de tristesse et de regrets, qui était passé sur l'horizon de quelques jeunes élèves.
Telle avait fini l’année 1870, telle commença l’année 1871. Le calme le plus profond, précurseur de quelque nouvelle tempête, marqua toute la durée des mois de janvier, de février et de mars. Ce fut pendant les loisirs de cette trève à nos luttes et à nos épreuves que les directeurs du Collège s'appliquèrent à étudier les programmes d'études dans lesquels il est fait une plus large part aux matières commerciales, et préparèrent les principales lignes de celui qu’ils se proposaient d'adopter pour l'institution. Quant aux rapports que nous avons dû avoir avec messieurs les directeurs des Collèges de Ste-Anne et de Terrebonne, au sujet de leurs programmes d'études, nous n'avons qu’à nous féliciter de la courtoisie et de la bienveillance que nous avons rencontré: chez eux, et c’est pour nous un devoir bien doux à remplir, de leur en témoigner de nouveau ici notre profonde gratitude. D'autant plus qu'ils n2 sauraient jamais êtr: ass:z remorciés ds sr vices qu'ils ont rendus à leur patrie, en inaugurant les pre-
VU
miers un système d'études si parfaitement approprié agx
besoins de notre société.
{ 1 Les examens du premier semestre furent faits vers | f »4)1 107 premier de janvier et ils donnèrent un résultat tout à ‘ | NO satisfaisant. Mais en dehors de la variété assez peu sens | us que les examens apportent à la règle, il faut se rendre au 4 [TUE mars pour rencontrer un incident digne de remarque. Ce
jour-là, Mer Laflèche daigna de nouveau faire la visite de nos classes et le lendemain soir il venait présider une grande
| | séance littéraire que nos académiciens donnaient en l'honneur [ de leur patron, N. Thomas d'Aquin.
| Outre Na Grandewr, étaient présents à cette séance, M 1 ! Noiseux curé de NSte-Geneviève, les messieurs de l'évêché, les 1. a Frères des Ecoles Chrétiennes, les membres de la corporation Ha à du Collège et plusieurs citoyens de cette ville.
La séance fut ouverte par une petite adresse de bienve-
Fine. nue à Sa Grandeur par M. J. Jacques, élève de Versification éc Puis vint le panégyrique de SN. Thomas d'Aquin par le prési- cÔ | dent de l'académie, M. Léopold KSt-Arnaud. Dansun style en ! pur, clair et naturel, ce jeune orateur fit ressortir les éminentes les vertüs et la science prodigieuse du Docteur Angélique. Après no
cet intéressant discours qui fut religieusement écouté, les
élèves chantèrent “ L'hymne à Pie IX," composition fort remarquable de Gounod. poi mc | É On a ensuite représenté la scène historique de Pierre abs LE l'Ermite préchant la croisade au concile de Clermont en pri- “D } sence du pape Urbain II Les discours de Pierre l'Ermite “ j par Olivier Savoie, de l’ambassadeur grec par Prosper Clou: “ tier et du pape Urbain IT par G. Brunelle, vice-président de gi
l'académie furent rendus avec le caractère particulier à chaque
personnage.
ù Cette scène si belle et si grande par ses souvenirs histo- si 2e : PE au | À riques fut couronnée par la % Grande marche des Croisés ” de il fe |} : FA Félix Clément. faci
Mer Laflèche daigna clore lui-même la séance par des
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jélcitations aux académiciens et par de chaleureux encouracements à imiter leur illustre Patron.
La fête de SN. Joseph eut, cette année, un caractère plus
iculièrement religieux. En eflet, Pie IX, venant par un
ret en date du 8 décembre 1870 de nommer S.'Joseph pa on de l'Eglise Universelle ; ce fut pour les élèves du Collège des xrois-Rivières un nouveau motif pour honorer leur Naint Protécteur par une solennité plus grande encore que de coutume: