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VI—-UN PREMIER BAZAR EN FAVEUR DU COLLÈGE

Quelques jours plus tard, du 11 au 16 novembre, dans }1 nouvelle et magnifique salle de l'Hotel-de-ville, les dames haritables des Trois-Rivières, tenaient sous le patronage de Messire Baïllargeon, un grand bazar en faveur du Collèw

Rien n'avait été épargné pour rendre les soirées intéressantes, y attirer toutes les classes de la société et rendre pour tous, la charité agréable et facile. Il y avait de la musique, du chant, des tableaux vivants ete, ete. Chaque soir, c'était tout un programme nouveau. En outre, M. le curé avait fait appel à la bonne volonté de tous les citoyens. [Il avait rappelé aux riches que le plus sûr moyen de conserver leur foriune et de l’augmenter encore, était d’en faire une part en bonnes œuvres eten particulier dans ces fondations pieuses qui rendraient à la ville en avantages matériels et moraux de toutes sortes et sans cesse renouvelés, le peu qu'on aurait fait pour elles. Aux pauvres, 1l avait donné comme moyen infaillible d'attirer sur leur travail et leurs entreprises les bénédictions du Ciel, le sacrifice joyeux d’un: obole en faveur d'une œuvre dont bénéficieraient leurs enfants. Il avait fait appel à l’ar.ourpropre mème de toute la génération actuelle en Ini disant que c'était un privilège glorieux que d'être appelé à contribuer à la fondation d'un collège, d’une institution destinée à la formation intellectuelle et inorale de la jeunesse. Nos généreux ancêtres eussent été flattés et heureux de mettre la main à une aussi bonne œuvre, Nos arrieres-neveux nous béniront de leur avoir léœué un monument vraiment digne de la ville et d'avoir travaillé à fonder une institution où ils puiseront une éducation solide et chrétienne.

Mais on était alors à l’époque la plus critique de l'année, où l'argent se fait plus rare, où les affaires sont plus languissantes! Que vont faire les citoyens ? Vont-ils rester sourds à l'appel chaleureux de leur curé ? eux toujours si empressés de l'aider dans toutes ses entreprises et en particulier dans l'œuvre du Collège ? Non, non, ils montreront une fois de plus ce qu'ils savent déployer de dévouement pour une œuvre à laquelle ils s'intéressent tous au plus haut degré. Ils iront en foule porter leur anmône au bazar et ils Ia feront si large que les dames directrices de l’œuvre remettront à la fin, entre les mains de M. le euré la jolie somme de $750.00, toutes dépenses payées. Celles-ci malheureusement ne fnrent pas assez controlées et furent un peu trop considérables.

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La fin de la belle saison, dans la seconde quinzaine du mois de novembre força la corporation à suspendre les travaux de la nouvelle bâtisse jusqu'au printemps prochain. Le soubassement était alors presque terminé. Déjà l'on pouvait juger des proportions harmonieuses de l'édifice et de sa majesté sévère. Na facade tournée vers le sud-est se développait sur une longueur de 220 pieds, entre deux tourelles saillantes de dix pieds et un corps central aussi saillant de cinq pieds. Nu largeur commune était de 60 pieds; mais les saillies des tourelles donnaient aux extrémités une largeur de 80 pieds. La bâtisse, bien que tout à fait dépourvue d’ornements, avait dans l'harmonie seule de ses lignes beautoup de grâce et d'élégance. Le rez-de-chaussée construit avec des blocs de granit de 12 pouces de large, ayant ses angles en pierre taillé», ainsi que l'encadrement des ouvertures, avait une apparence de solidité remarquable, et telle qu'il convenait, pour y asseoir trois et quatre étages, ainsi que le demandait Le plan projeté. La partie de l'édifice déjà construite faisait ardemment désiré de voir le reste s'élever au plus tôt et était pour tous un encouragement à souscrire généreusement à la bonne œuvre.

Au commencement de décembre, Mgr Laflèche annonçait par une cireulaire à son elergé, son prochain départ pour Rome. Il y allait plaider, contradictoirement aux vues de Mgr Taschereau, les droits de Montréal à avoir une université catholique. (a)

(a) L'histoire religieuse du pays aura ici des pages intéressantes à raconter. Elle oubliera pas les grandes fêtes données à Montréal, à l'occasion du jubilé sacerdotal de Mgr Bourget, ni l'incident particulier du sermon du Rév. P. Braun, Ce sermon qui fut comme une épouvantable décharge de mitraille au milieu du camp catholique libéral, prit aussitôt les proportions d'un évènement de la plus grande importance et provoqua une levée géntrale de boucliers parmi tous les partisans du libéralisme que l'on vit attaquer brutalement dans la presse Le sermon d'un prêtre prononcé en présence méme de son év'que… le tout pour lémontrer qi n'y à pis de libéralism: en Canal! A cet incident vint bientôt s'ajouter la demande par les jésuites. à la Législature de Québec, le pouvoir de conférer les dégrés universitaires. fl n'en fulut pas davantage pour engager l'Université Laval à remuer ciel etterre, pour empécher la formation dune université catholique à Montréal. Mgr Taschereau partit immédiatement pout Rome afin de plaider la cause de Laval. Sur la demande très pressante des intéressés eten particulier du vieil évèque Bourget, Mgr Lafèche s'était déc'dé à faire, lui aussi, voyage de Rome. Le R. P, Braun et le curé de Notre-Dame de Grâce, M. Fabbi Maréchal devaient l'y accompagner.

vire 4h

TP

Avant son départ. le 15 décembre, il ordonna prêtres M

D. Fortin et Hercule Trottier. Il partit des Trois-Rivières lo

16, et bien qu'il eût été arrêté d'avance qu'il n’y aurait aucu-

ne démonstration à son départ, au moment où Na Cfrandeur

devait se rendre à l’église paroissiale des Trois-Rivières pour y dire les prières de l'itinéraire, une grande foule composés de l'élite des citoyens se pressait aux abords de l'évêché pom

présenter ses hommages à Sa Grandeur et lui souhaiter bon.

heur et succès dans son voyage. Mgr se rendit à l’église, à travers cette foule sympathique et silencieuse et, après les prières ordinaires, il se recommanda aux pi‘ux souvenirs des assistants et il les bénit avec une profonde émotion.

Ainsi l'année 1872 finissait dans les tristesses du départ du premier pasteur obligé de s'éloigner, pour un temps indé: fini de son cher troupeau et de braver les dangers et les incertitudes d'un long et pénible voyage

L'année 1873 commença avec un grand calme au sein de la communauté trifluvienne. Le premier janvier ne fut distingué des autres jours de lPannée que par l'échange des souhaits et peut-être par les inutiles désirs d’un certain nombr de jeunes écoliers de se retrouver ce jour-là au foyer paternel Le congé s: passa cependant au milieu des plus joyeux amnusoments. Les amateurs du patin en particulier, purent s’en donner à cœur-joie, le pont de glace venait justement de « faire devant la ville, {out exprès pour ce jour.

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