‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 193 sur 217 · DE · texte numérisé non relu

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En conséquence, vu toutes ces considérations et plusieurs autres qu'il serait trop long d'énumérer, elle croit le moment venu de le mettre entièrement sons le cout:ôle et la direction de l'autorité diocésaine, et par conséquent de prier Votre Grandeur de vouloir bien l'accepter et lui donner telle organisation qu'elle jugera convenable, pour en faire un Séminaire diocésain conformément aux règles de l'Église, tout en continuant d'v donner l'enseignement collégial.

Et pour en faciliter la possession et la jouissance à la corporation canonique qu'il plaira à Votre Grandeur d'instituer à cet effet, la corporation actuelle s'offre de faire les démarches nécessaires auprès de la Législature pour faire amender sa charte d'incorporation de manière à remplacer le personnel actuel de la corporation du Collège des Trois-Rivières, par le personnel de la dite corporation canonique.

Enfin la dite corporation du Collère des Trois-Rivières croit devoir faire remarquer à Votre Grandeur que depuis la fondation de ce collège, lé Séminaire de Nicolet na pas pour cela cessé de prospérer, et que l'année dernière et ectte année ila vu le nombre de ses élèves s'élever jusqu'à trois cents, tandis qu'ici il atteignait celui de deux cents; ces faits dissipent les craintes que l'on avait entretenunes sur le dommage que ces établissements pouvaient se faire l'un à l'autre, à raison de leur proximité, et il semble prouvé aujourd'hui que deux Séminaires peuvent se soutenir avantageusement dans le diocèse.

Votre Requérante espère donc que Votre Grindeur accueillera favorablement sa demande. Et en attendant elle ne cessera de prier.

Les Trois-Rivières, le 15 novembre 1873.

(Signé) G. S. BADEAUX, Président J, ELIE PANNETON, Ptre., C. FL. BAILLARGEON, Ptre SÉVÈRE DUMOULIN, Secrétaire. T. E. NORMAND, H. G. MAILHIOT, L. S. RHEAULT. Ptre., LS RICHARD, Ptre

Cette pièce si grave et qui porte son commentaire en ellemème fut portée à Sa Grandeur Monseigneur Laflèche par le président et le secrétaire de la corporation, MN. Badeaux et Dumoulin.

Monseigneur qui, depuis quelques années, s’intéressait vivement à l'institution, regrettait cependant de la voir encore en partie contrôlée par une corporation laïque. Il songeait aux moyens de faire cesser cette anomalie, quand les membres de la corporation prévenant ses désirs vinrent lui offrir l'institution avec toutes ses propriétés. Na Grandeur ne pouvait être que très heureuse de cette détermination des autori-

tés du Collège ; mais avant de donner une réponse définitive,

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elle résolut de réunir le Conseil diocésain et de conférer avec ce dernier de ce qu'il y avait à faire.

Or, voici la réponse que Monseigneur des Trois-Rivières crut devoir faire à cette requête des membres de la corporation du Collège.

Evérhé des Trois-Rivières, 2 décembre 1873.

G. S. BADEAUX, Evr Médecin, Président de la C. C. T. R.

Ele., elc., etc.

Monsieur le Président, ! DE ed ; F Conformément 4 ce que je vous avais promis, j'ai soumis la requéle de votre corporation à mon Conseil et après les explications convenables et un examen altentif de son contenu, il a élé décidé unanimement

de faire droit à celle demande et l'accepter les offres généreuses qui l’'appuient.

En conséquence j'ai le plaisir de vous annoncer que je sus décidé à ériger le Collège des Trois-Rivières en Séminaire Diocésuin.

Je ne doute pas que l'adoption de cette mesure ne soit très avantageuse à celle jeune institution et ne contribue grandement à assurer son avenir et sa prospérité.

Dans cet espoir, je demeure bien cordialement,

Monsieur le Président,

Votre tout dévoué serviteur.

(Signé) + L. F. Ev.des Trois-Rivières.

III—-NOUVELLE CONSTITUTION LÉGALE DU COLLÈGE DES TRroIS-RIVIÈRES.

Après cette réponse de Monseigneur, il s'agissait pour la corporation de travailler à faire amender sa charte d’incorporation, conformément à la promesse qu’elle en avait faite à Sa Grandeur. Le Parlement de Québec entrait en session le 4 décembre ; il fallait profiter de cette première réun:on des

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Chambres pour faire passer le nouvel acte intéressant le Collège. Monsieur H. G. Maïlhiot était alors membre pour les Trois-Rivières et comme il faisait en même temps, partie de la corporation du Collège, c'était à lui qu'incombait la tâche de préparer et de faire passer la nouvelle charte. Aïnsi donc, d'après ses instructions, les membres de la corporation adressèrent, le 13 décembre, aux trois branches de la Législature une requête demandant les amendements qu'ils désiraient voir apportés à leur charte primitive. Et bientôt, grâce au crédit de M. Mailhiot, un acte préparé conformément aux amendements demandés passa par toutes les formalités de notre législation, jusqu’à sa sanction finale donnée par le Lieutenant-Gouverneur, le 28 janvier 1874.

Cet acte modifiant notre constitution première d’une manière radicale, il convient de le citer ici en entier dans st forme et teneur :

ACTE POUR AMENDER L'ACTE D'INCORPORATION DU COLLÈGE DES TROIS-RIVIÈRES. (23 Vior. chap. 133.)

Attendu que l'Acte d'incorporation du Collège des Trois-Rivières, (23 Vict. chap. 133) peut être modifié et amendé avantag usement pour répondre avee plus d'efficacité aux besoins que nécessitent les développements de cette institution, en rendre l'admiaistration plus régulière et plus facile, et pour assurer son avenir et sa prospérité, en la mettant sur le même pied que les autres collèges où séminaires de la province : Sa Majesté, par et de l'avis et du consentement de la Législature de Québec, décrète ce qui suit :

lo Le personel actuel de la dite corporation du Collège des Trois-Rivières sera, et est par lé présent remplacé par les personnes occupant ou devant occuper les charges etoffices suivants, et par leurs successeurs dans les dites charges et offices, savoir : l'évêque catholique romain du diocèse des Trois-Rivières, qui sera le président-né de la dite corporation, le grand-vicaire du dit évêque résidant aux Trois-Rivières, le curé on le prêtre desservant de la paroisse de l'Immaculée-Conception de la Ste Vierge des Trois-Rivières, le supérieur de la dite institution et le directeur du grand séminaire, ces deux derniers nommés par le dit évêque et exerçant les dites fonctions avec son approbation, le directeur du petit séminaire, le procureur et le préfet des études, ces trois derniers nommés par les autres membres de lu dite corporation, et exerçant égulement leurs dites fonctions avec l'approbation du dit évéque.

20 La dite corporation du Collè:e des Trois-Riviéres sera désormais désignée et connue sous le nom de “ le Séminaire de Saint-Joseph des Trois-Rivières,” ou # le Séminaire des Trois-Rivières,” et aura un sceau à lui propre.

30 La dite corporation, dent le quorum sera formé d'au moins cinq membres, aura

le pouvoir de faire et passer les règles, les règlements et statuts qu'elle jngera à propos

d'adopter, pour la bonne administration des affaires de la dite institution, et pour en

promouvoir les intérets ; mais les dites règles, règlements et statuts seront soumis à

l'approbation et sujets au veto du dit évêque.

40 La dite corporation pourra recevoir des legs, dons et fondations, et acquérir,

ml 14 : 4, tenir et posséder des biens meubles et immeubles de quelque nature que ce soit, pom # ‘ “ k ‘ F à ; :

15 tn HAT l'instruction de la jeunesse, l'usage et les fins de la dite corporation :; et elle pourra L'ART x 7 £ - reg F * é vendre ou autrement aliéner les dits biens et en acquérir d'autres, à quelque titre que

n°" ce soit pour les mêmes fins ; mais les ventes et aliénations ne pourront se faire que du

46 PRE Fr consentement du dit évéque. Néanmoins le revenu annuel des biens de la dite corpo-

| LEE Pas TL. ln HE ration, non compris le terrain strictement nécessaire à l'occupation et usage des pro.

| Us | LR de ko fesseurs et élèves du dit Collège où Séminaire, ne devra pas excéder la somme de | LR | Les " douze mille piastres.

| 7 à 50 Toutes les clauses et dispositions du susdit “ Acte d'incorporation dn Collège

|| hs | des Trois-Rivières,” (23 Vict. chap. 133) contraires ou incompatibles avec les dispo-

| |: sitions du présent acte, et notamment les sections 2 et 4, du dit acte, sont par le pré-

| sent abrogées et supprimées à l'effet de donner aux fins et dispositions du présent acte

leur plein et entier effet.

Cet acte sanctionné le 28 janvier 1874 ne devait venir en

1 il t ul force que soixante jours plus tard, c’est-à-dire, le 29 mars. | te AL Cette nouvelle constitution sans doute n'était pas encore par- EL HR : faite et il est probable que l’expérience lui fera trouver encore F1 quelques défauts ; mais elle corrigeait au moins les vices les || plus saillants de celle du 19 mai 1860. Elle rendait aux te membres de la Corporation la liberté d’administrer leurs biens | F. à leur guise, et puis, si elle délimitait encore les revenus an- 5 Fm nuels de l'institution, au moins elle fixait un montant qui ; ’ ns Ve put rencontrer, à quelque chose près, les besoins ordinaires U 1 HER d’une année. ; Au reste, non seulement elle modifiait notablement les dOMET conditions d'existence de la maison, mais elle en changeait 5

I * jusqu'au nom. Désormais ce ne sera plus le Collège des Trois-Rivières, mais le Séminaire des Trois-Rivières.

La corporation du Collège ayant accompli toutes les for-

1 | en L malités requises pour faire reconnaître légalement le Sémina- g || ”} : nt re diocésain que l’Evêque avait promis d’ériger, c'était main- p |} has ne tenant à Sa Grandeur de remplir l’engagement pris dans sa à | Fo lettre du 2 décembre et de donner l'institution canonique au C

Collège des Trois-Rivières.

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